APOPLEXIE
Comme il est fort important de prévenir une maladie trèsgrave par elle-même, et de prévenir en même temps la paralysie consécutive, nous devons faire connaître les signes précurseurs de l'apoplexie : ce sont une certaine pesanteur du corps, l'obscurcissement de la vue, bourdonnement et dureté d'ouïe inaccoutumée, somnolence ou grande propension au sommeil, sommeil qui est interrompu par des rêves pénibles pendant la nuit; ronflement ; fréquents bâillements et fatigue après le moindre exercice; douleurs aiguës de la tête; vertiges, défaillances; grande irritabilité de caractère; affaiblissement brusque de la mémoire; oubli des mots et des choses ; vision obtuse ou double; difficulté d'avaler; engourdissements ou picotements des extrémités ; congestion du sang à la tête, avec battement des artères du cou; visage rouge, et pouls plein et vif, etc. Voyez « Congestion habituelle de la tête. »
Dans les cas d'apoplexie, la pratique ordinaire a recours à la saignée; il en résulte, en général, un rétablissement soudain, mais qui ne dure pas : le malade ne tarde pas à succomber. — Avis. Ouvrez les yeux du patient : si les pupilles sont étroites , ou si l'une d'elles est plus petite et l'autre dilatée, ne saignez pas ; si elles sont très-dilatées toutes deux , ou si l'une d'elles est dilatée et l'autre d'une dilatation ordinaire, le malade peut être saigné; mais un médecin homœopathe éclairé et expérimenté le rétablira toujours sans la saignée.
Si le pouls est lent et plein, le visage rouge ou pâle donnez opium; mettez-en quelques globules sur la langue du malade, et faisant dissoudre quelques autres globules
dans une bouteille d'eau, donnez-en un lavement; — si le pouls est très-faible, donnez lachesis de la même manière.
En général, choisissez un remède selon la nature de la cause, et particulièrement selon les symptômes qui précèdent l'attaque. Si elle est précédée par des nausées ou des envies de vomir, ou si le malade vomit lorsqu'il est revenu à lui, donnez tartarus emeticus, troisième trituration (la quantité que peut en tenir la pointe d'un canif, et que vous ferez dissoudre dans un verre d'eau), et administrez cette portion par cuillerée à dessert toutes les dix ou quinze minutes; s'il ne se déclare pas d'amélioration après une bonne demi-heure, donnez-la en lavement. — Du reste, choisissez selon les symptômes plus haut indiqués : aconitum, veratrum, pulsatilla, phosphoric. acid., nux vomica, arsenium, antimonium crudum, hyoscyamus, arnica, etc.
Les limites de cet ouvrage bornent là les détails au sujet de cette maladie ; mais on comprend qu'en pareil cas, il est indispensable de recevoir les soins d'un médecin homœopathe.