‹ Médecine opératoire des voies urinairesChapitre 136 sur 274 · I. - ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

I. - ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les recherches expérimentales et cliniques, que j'ai publiées avec mon maître Guyon, ont mis en lumière plusieurs points, qu'il est utile de connaître, lorsqu'on se propose d'opérer un malade atteint de rétention d'urine.

Vessie. — Dès le premier jour de la rétention, la vessie présente des phénomènes congestifs, dont témoignent au début les arborisations vasculaires, moins marquées au niveau du trigone, puis la rougeur diffuse, les ecchymoses, les hémorragies de la muqueuse et de toute la paroi de la vessie, dont la tranche de section est noirâtre dans les périodes avancées. Pendant ce temps, l'épithélium subit une desquamation remarquable; il desquame en larges plaques, laissant le sang sourdre dans la cavité vésicale et se mélanger à l'urine.

Lorsque la rétention se prolonge, les faisceaux de la couche musculaire, dissociés parla pression du liquide, s'écartent les uns des autres ; la muqueuse se trouve refoulée dans leur intervalle, et on a sous les yeux une véritable vessie à colonnes. Ces faits ont démontré pour la première fois le rôle direct delà rétention dans la formation des vessies à colonnes, chez les prostatiques.

Chez le chien, la rupture de la vessie survient de la cinquante-cinquième à la soixante-dixième heure.

Prostate. — Dans les rétentions prolongées, les ecchymoses sont nombreuses, toute la glande peut être noire par suite des hémorragies et présenter une remarquable diminution de consistance. Son volume est augmenté.

Uretères. — La distension des uretères par l'urine commence lorsque la vessie contient déjà 500 centimètres cubes de liquide (chien). Les phénomènes de congestion, d'hémorragie et de desquamation sont plus tardifs que dans la vessie.

Reins. — Suivant la période de la rétention, on observe du côté des reins de simples phénomènes congestifs ou des hémorragies parenchymateuses, avec des lésions épilhéliales importantes.

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