‹ Médecine opératoire des voies urinairesChapitre 16 sur 274 · Tronc cœlia · texte numérisé non relu

Tronc cœlia

W" A ri . rénal,'

Fig. 50. — Aorte abdominale.

Elles ont été bien étudiées surtoul par Schmerber. (Thèse de Lyon, 1895.)

Ce soul :

1° L.'s artères ganglionnaires, lins rameaux à trajet descendant allanl aux ganglions situés devant l<is premières lombaires.

2° L artère consulaire inférieure, qui naît peu après l'origine delà

rénale : à 2 centimètres de l'aorte à gauche, à 3 centimètres à droite, et dont le tronc, verticalement ascendant, monte sur les piliers du diaphragme vers la surrénale : elle s'anastomose avec les autres artères surrénales et fournit des branches capsulo-adipeuses.

5° Les artères urétériques, au nombre de deux, une antérieure et une postérieure, qui descendent sur le bassinet, puis sur l'uretère parai -

Fig. 51. — Cercle artériel périrénal.

lèlement à son axe, et s'anastomosent avec les autres branches urétériques.

4° Les artères capsulo-adipeuses, étudiées déjà par Haller, Ilyrtl et de nouveau par Schmerber, qui en distingue sept groupes. Un seul, le groupe rénal, appartient à l'artère rénale, mais tout ce système anaslomotique doit être étudié dans son ensemble.

a) groupe rénal. — Il est constitué par la branche capsulo-adipeuse de la capsulaire inférieure et par des artères qui perforent le rein de

ANATOMIE CHIRURC.ICALE hll REIN ET DU BASSINET.

pari eu paît sans s'y capillariser pour gagner le réseau adipeux : ces rameaux sont surtoul nombreux dans tes reins lobules fœtaux.

b) groupe méseintérique. — Rameaux issus des deux mésentériques et gagnant la capsule adipeuse (Mitre les feuillets des mésocôlons.

Schéma <lrs modes dp division de l'artèr

i. bifurcation en pré et rétro-pyélique. Naissance variable de la poleire supérieure. — b. Bifurcation en pré-pyélique el artère du polo supérieur qui donno la rétro-pyélique. — c. L'artère donne la polaire supérieure <•! se bifurque <n pré et rétro-pyélique. — d. L'artère se bifurque on deux branches antérieures <-t, imo rétro-pyélique qui donne la polaire. — e. L'artère se trifurque en polaire, rétro-pyélique et pré-pyélique. /'. L'artère se trifurque en deux branches antérieures el une branche (|in donne la polaire, la rétro-pyélique h une branche antérieure. — g. Epanouissemenl <'n bouquel en une polaire, miic rétro-pyélique, trois branches antérieures.

c groupe spermatique. - Cesl un rameau volumineux qui contourne toute la convexité pour s'anastomoser avec la capsulaire moyenne, formanl ce qu'on appelle l'arc exo-rénal.

d groupe capsulaire. — (l'esl la capsulaire moyenne qui forme la partie supérieure de l'axe exo-rénal.

p) groupe lombaire. — Ce seul des rameaux venant des Mois premières lombaires el gagnant la partie postérieure de la capsule.

RAPPORTS nu BASSINET. 41

/' groupe aortique. — Rameaux inconstants venus directement de l'aorte.

(j) GROUPE DIAPHRAGMATIQUE INFÉRIEUR. — HaïUCaUX ISSUS de l'artère

de ce nom.

Par l'intermédiaire de ces anastomoses l'artère rénale communique donc avec les systèmes voisins : mais ces anastomoses sont loin d'être suffisantes pour* avoir un intérêt pratique et permettre la li^a- I lire de l'artère rénale.

Nous avons dit que l'artère rénale se divise ordinairement en trois brandies ; toutefois, il y a de nombreuses variations .

c'est pourquoi les auteurs no sont point d'accord. Ainsi, les classiques français déçu vent trois ou quatre branches, une derrière le bassinet et deux ou trois devant :

les classiques allemands décrivent seulement une branche dorsale et une branche ventrale.

Parmi les travaux

Fig. ."". — Injection du bassinel el des artères à la gélatine. On ;i conservé les plus grosses branches veineuses. récents, il tant Signa- j Artère du pôle supérieur.— 2. Veine rénale.— 3. Tronc antérieur 1er CeUX de GlanteiiaV <l(' ,;i,'tf',>e rénale. — i. Artère rétro-pyélique (en pointillé). — .... , , .'». Bassinet. — 6. Artère rénale, branche antérieure et inférieure.

Y\ lai't, Gérard, BrÔdel, Cette pièce n'a pas été corrodée, mais disséquée simplement.

Zondek, Grégoire.

Nous-même avons repris récemment celle question avec Papin (') et dans nue statistique pins nombreuse que toutes celles des auteurs précédents (dissection complète de (m reins Ions figurés) nous sommes arrivés aux conclusions suivantes :

Dans le cas où il y a une seule artère rénale lies autres cas seront envisagés aux anomalies), elle fournit trois branches essentielles, <pii sont :

La prépyélique ou ventrale :

I. Auurran ei Papin. Anntomie du bassinet. Revue de Gynéeol. etde Chu-, abdom., 1008.

La rétro-pyélique ou dorsale; La polaire supérieure.

L'artère rénale se présentait ainsi sur 49 cas où elle était unique. 1° Bifurcation en pré-pyélique et rétro-pyélique : la polaire supérieure naît tantôt du tronc avant bifurcation, tantôt d'une quelconque

des deux branches : 23 cas.

2° Bifurcation en une branche supérieure et une inférieure, toutes deux prépyéliques, la supérieure donnant la rétro-pyélique :

7 cas.

5° Bifurcation en une branche polaire supérieure et une prépyélique, d'où se détache la rétropyélique : 2 cas.

4° Trifurcation en deux pré-pyéliques et une rétropyélique : 8 cas.

5° Trifurcation en prépyélique, rétro-pyélique et polaire supérieure : 6 cas.

6° Trifurcation en trois pré-pyéliques dont la supérieure donne la rétro-pyé-

étro-py bien développée descendait en arrière (oui le lony

du bassinet. lique et la polaire supé-

rieure : 2 cas.

7° Épanouissement en un bouquet de trois pré-pyéliques, une rétropyélique et une polaire supérieure : I cas.

Nous voyons (pie le mode de ramescence est des plus variables, mais ce qui importe c'est la division en système ventral, toujours plus important, el système dorsal, cl, de plus, l'individualisation dune branche polaire supérieure.

Les branches antérieures, issues par divisions successives de la ou des branches pré-pyéliques, s'étalent au-devanl i\[\ bassinet, tantôl devant, tantôl derrière la veine (nous reviendrons sur ce point en étudiant le pédicule dans son ensemble), el constituent un éventail dont le sommet répond au poinl de division du tronc artériel el donl la base occupe toute la hauteur du sinus du rein.

L'artère du pôle supérieur esl à peu près constante; deux lois seulement, au cours de nos recherches, nous ne l'avons pas vue s'individua-

liser avant l'entrée dans le rein, mais, comme nous l'avons dit, son origine est variable : il s'ensuit que son trajet est tantôt presque horizontal, tantôt fortement oblique. Sa terminaison se fait tantôt dans le hile, tantôt directement à la surface du pôle en avant, en arrière ou en dedans. Son volume est très variable : c'est surtout dans les reins à extrémité supérieure renflée et très volumineuse qu'on voit une grosse artère polaire pénétrant le rein à distance du bile. L'artère polaire peut aussi être double, un rameau provenant de chacune des deux branches pré et rétro-pyéliques.

L artère rétro -pyélique est des plus intéressantes au point de vue chirurgical et trop peu décrite dans les classiques. Sa constance n'a plus besoin d'être démontrée : la division du système artériel du rein en deux valves ventrale et dorsale par rapport au bassinet est aujourd'hui mise hors de doute. Mais l'artère rétropyélique peut présenter des variations d'origine, nous l'avons vu déjà, et des variations de trajet : en général, elle passe par-dessus le bassinet et court juste sous la lèvre postérieure du bile et cachée par la saillie de celte lèvre : elle peut pourtant être oblique et croiser la l'ace postérieure du bassinet, qu'on dit avasculaire, ce qui est vrai en général. Enfin, exceptionnellement, nous avons vu la rétro-pyélique passer par-dessous le bassinet ou bien encore une rélro-pyélique passer par-dessus le bassinet et fournil' à la moitié supérieure du rein, et un autre passer par-dessous pour fournir à la moitié inférieure. Le calibre de la rélropyélique est ordinairement plus petit que celui de la branche antérieure, parfois égal, jamais plus gros : au contraire, il arrive souvenl qu'il est deux ou trois fois moindre. L'artère rétro-pyéliquo, en cheminant dans le sinus, fournil par voie monopodique des branches de

Fig. 55. — Vue d'arrière liant. Type d'hémi

•étro-pyélique coupée] en ssinel ramifié.

division qui constituenl en arrière du bassinet un éventail artériel analogue à celui dos branches antérieures. Quant à l'artère polaire supérieure, ses branches se divisent bientôt en deux systèmes qui se rattachent, l'un au plan artériel antérieur, l'autre au plan postérieur.

Les branches de division de l'artère vont alors pénétrer dans l'épaisseur du parenchyme. Le sinus du rein est une poche aplatie d'avant en arrière dont les pai'ois présentent deux sortes de saillies séparées par des sillons : les unes onl la forme de cônes plus ou moins réguliers, ce sont les papilles ou sommet des pyramides de Malpighi ; les au Ires sonl des bourrelets irréguliers saillant entre les papilles, ce seul les colonnes de lierlin. C'est dans les sillons qui séparent les colonnes de Berlin des papilles, que pénètrent les rameaux artériels.! ne branche, en arrivant à ce niveau, a subi de trois à cinq divisions.

Les a ri ères peuvent revêtir Mois types principaux, d'après Seliinerber : I " L'artère est destinée à une seule pyramide : elle arrive au sommet d'une papille et se bifurque pour pénétrer dans le sillon qui entoure la papille : c'est un type infantile, rare chez l'adulte (type lobaire) ;

2" L'artère est destinée à deux pyramides : elle arrive au niveau

(lune colonne de Berlin et se bifurque pour pénétrer dans les sillons

qui séparent la colonne de Bertin des deux pyramides voisines. C'esl le

type bi loba ire;

."" L'artère, an lieu de se bifurquer avanl (rentrer dans le pareil-

Fig. 56. — Injection du bassinet, des artères el des gros troncs veineux. liein gauche vu par devant.

On voit nettement la veine devant, les artères, celles-ci an nombre de r>. nn<- polaire supérieure, une rétro-pyélique et. une antérieure étalée en éventail. Devant les ramifications du bassinet (dans le sinus), artères et veines s'entrecroisent de telle façon qu'il est difficile de schématiser leur disposition.

chyme, chemine quelque temps au centre de la colonne de Berlin et s'y divise pour fournir aux deux pyramides voisines. C'est le type interlobaire.

Les artères cheminent alors le long des pyramides, en se creusant une sorte de cannelure, et s'incurvent vers la base des pyramides. Il existe ainsi autour de chaque pyramide quatre ou cinq de ces artères. C'est à tort qu'on tes appelle interlobaires , elles sont en réalité intralobaires puisqu'elles cheminenl entre la moelle et l'écorce de chaque lobe.

D'après les classiques, ces artères s'envoient des anastomoses tout autour de la pyramide, puis elles s'inclinent les unes vers les autres et forment au niveau de la base de chaque pyramide une sorte de grillage dont chaque maille entoure la base d'une pyramide de Ferrein.

C'est ce qu'on appelle la voûte artérielle sus-pyramidale.

Or, depuis longtemps, llvitl a démontré que les artères du rein ne s'anastomosent ni à la base, ni autour de la pyramide. Hyrtl se fondait sur des pièces obtenues par corrosion ; Bérard cl Destot confirment le fait par la radiographie, et depuis, les travaux de Max Brôdel, de Gérard, de Zondek, de Dieulafé, de Grégoire et nos propres recherches avec Papin permettent d'affirmer la terminalité des artères du rein.

La description qui répond l\ la réalité des faits est donc la suivante : Les artères cheminenl à peu près parallèlement au plan médian du rein. Les rameaux destinés U l'écorce ne peuvent provenir que d une de

in

Injection des artères du rein à la

Corrosion de la moitié du rein

niasse de llvrll.

On voit les branches artérielles situées à la périphérie de chac pyramides (qui apparaissent plus foncées) se recourber h vers les autres.

tne des

leurs laces, celle qui regarde la surface du reiu. La face appliquée sur la pyramide ne fournit aucun vaisseau. Les rameaux corticaux naissent des artères interlobaires à peu près perpendiculairement comme les aiguilles du sapin. C'est seulement près du plan médian du rein qu'ils se continuent directement avec les artères interlobaires. Dans l'écorce, les artères courent perpendiculairement à la surface du rein, en direction radiée : aussi les appelle-t-on artères radiées.

Nous serons bref sur les divisions ultimes qui n'intéressent plus

Fig. 38.

Bassinel en jaune, artères en rouge, veines en bleu. Injection à la gélatine. Le rein a été coupé en deux valves : la postérieure, bien plus petit»' (environ le tiers du rein), représente à peu près le territoire de la rélro-pyélique qui a été entraînée avec elle, la naissance de cette artère servant de charnière.

l'opérateur : on sait que des artères radiées partent latéralement les artérioles afférentes des glomérules; du glomérule se détache l'artère elîérente.

Les artères du labyrinthe el celles de la substance médullaire provieuiienl des artères efférentes des glomérules; en outre, un certain nombre des artérioles qui descendent dans la médullaire (arteriœ recta?) proviennent directe menl des branches de l'écorce avant le glomérule; ce sonl les arteriœ rectse ver;»', par opposition aux branches issues du glomérule el appelées arterise rectse spurisB.

Tel est, grossièrement résumé, le mode de terminaison des artères rénales.

Mais il est un point très intéressant pour le chirurgien : c'est l'existence de territoires artériels dans le rein. Il n'y a pas d'anastomoses entre les artères du rein: par conséquent, si l'on injecte une branche déterminée de cette artère, on remplira seulement le territoire propre de cette branche et non les territoires voisins :

c'est ce qui arrive en effet.

Depuis longtemps Hyrtl avait décrit ce qu'il appelle la division naturelle du rein.

Si on fait une préparation par corrosion des artères du rein, on voit qu'on peut ouvrir cette préparation en w2 valves comme une bu iiie : de ces 2 valves, Tune est antérieure au bassinet et l'autre postérieure . La ligne d'ouverture répond au bord convexe et lâcha rnière à peu près au bile, au point

oîi l'artère rétro-pyélique se sépare du système artériel antérieur (figure 38).

La ligne de démarcation entre ces "2 systèmes artériels ne répond pas au bord convexe exactement, mais est un peu en arrière cl en dedans de lui. C'est une ligne festonnée, ligne de 'partage <ln sauf/, on ligne exsangue de Hyrtl, ligne d'incision de choix pour la néphrotomie.

On voit (pic la valve postérieure est plus petite, à la fois moins large cl moins haute (fig. 40).

D'après Brôdel, ordinairement il y a en avant du bassinel les 5/4 des

Fig. 50. — Les artères du rem. Pièce injectée el corrodée. Rein droit vu d'arrière.

Les systèmes antérieur et postérieur très nets naissent ici par bifurcati l'artère rétro-pyèlique est volumineuse et les dru et postérieur ont presque un égal développement.

-teines antérieur

kb ANATOMIE CHIRURGICALE DC HEIN ET DU BASSINET.

branches artérielles et 1 i seulement en arrière : mais le rapport [>eut

être :

4/5 devant, J 5 derrière.

âSkt

<ff>

'ig. 10. — Partage des territoires art< antérieur cl postérieur.

. iw

'oui* bien mettre en évidence chacun des deux territoires, nous avons

ANOMALIES DES ARTÈRES DU REIN. k<)

injecté séparément chacun des deux territoires antérieur et postérieur avec des couleurs qui diffusent, par exemple l'éosine ou le bleu de méthylène : on obtient ainsi une véritable imprégnation de chaque territoire, bien visible sur une série de coupes horizontales (fîg. 40).

Si l'on considère une de ces coupes passant par la partie moyenne du rein, vers le lieu ordinaire de la néphrotomie, on voit alors ceci : les pyramides sont rangées en deux colonnes antérieure et postérieure : la branche pré-pyélique fournit à toute la pyramide antérieure et à une partie de la pyramide postérieure ; la branche rétro-pyélique fournit au reste de la pyramide postérieure, de sorte que, comme le dit justement Brôdel, le plan de division entre les artères rénales répond à peu près à l'axe du rang postérieur des calices.

On a essayé d'aller plus loin et de subdiviser systématiquement chacun de ces deux territoires ; c'est ce qu'ont fait notamment Bérard et Destot, Gérard et Castiaux; mais ceci nous entraînerait un peu loin et nous renvoyons simplement le lecteur aux travaux de ces auteurs.

Anomalies des artères du rein.

C'est là un chapitre très intéressant et très riche des anomalies artérielles. Nous n'en retiendrons que ce qui peut être utile au chirurgien.

On peut distinguer :

1° Anomalies de nombre:

2° Anomalies d'origine;

5° Anomalies de direction et de rapports;

4° Anomalies de pénétration dans la substance rénale,

5° Anomalies de distribution.

Nous négligeons une autre catégorie admise par Macalister et Rousseau (Th. de Paris, 1894), les anomalies de division, que nous avons suffisamment décrites et qui ne sont en réalité que des variations.

1° Anomalies de nombre. — Le seul cas de diminution de nombre, d'ailleurs très rare, consiste dans la naissance des deux artères rénales par un seul tronc au-devant de l'aorte.

Bien plus fréquentes sont les anomalies par excès.

Sur les 65 cas que nous avons étudiés, nous avons trouvé 11 fois 2 artères et 3 fois 5 artères, soit 25,5 p. 100, chiffre un peu moins élevé que celui donné par Gérard.

Le cas le plus fréquent est celui d'une artère supplémentaire pour le pôle inférieur du rein : elle est tantôt et le plus souvent pré-pyélique, tantôt rétro-pyélique; ce n'est point ici le lieu de discuter sur les couséquences qu'elle peut avoir au point de vue de la pathogénie des hydrouéphroses.

Vient ensuite l'artère supplémentaire du pôle supérieur; il ne faut

Albarran. — Méd. opér. Voies urin. 4

pas confondre l'artère supplémentaire du pôle supérieur, assez rare, avec une branche polaire prématurément bifurquée et pénétrant dans le rein hors du hile. Cette disposition est très fréquente, comme nous le verrons tout à l'heure.

Les autres anomalies de nombre sont des raretés ; toutefois, nous

Fig. 41. — Anomalie rare des artères du rein.

Trois artères de chaque côté : à gauche, l'artère inférieure donne la spermatique et la supérieure surcroise la moyenne; adroite, l'artère inférieure horizontale passe au-devant des deux autres, obliquement descendantes.

avons rapporté un beau cas d'artère triple de chaque coté avec deux reins normaux (fig. H ).

On peu! trouver jusqu'à 4 artères.

Mais nous u'envisageons ici (pie les reins normaux et non les reins ectopiques ou les reins doubles, qui tous présentent des artères anormales.

2° Anomalies d'origine. — Les artères rénales, bien (pie naissant de I aorte, peuvent avoir une origine anormale, qu'elle soit reportée en avant ou en arrière, ou qu'elle soil déplacée dans le sens de la hauteur.

Les origines extra-aortiques (iliaque primitive, iliaque interne, etc.), ne se voient que dans les reins dystopiques.

3° Anomalies de direction et de rapport. — Nous avons déjà signalé l'obliquité variable des artères; nous reviendrons plus loin sur les iap-

LES VEINES DU REIN

ports avec les veines. On a vu l'artère rénale passer derrière le bassinet, et l'artère rénale droite cheminer devant la veine cave.

4° Anomalies de pénétration. — Des branches de l'artère rénale ou des artères^anormales peuvent pénétrer dans le rein en dehors du hile; le cas le plus fréquent est celui de la polaire supérieure pénétrant le rein au-dessus du hile à 2, 5 centimètres ou plus. On peut voir une disposition analogue au pôle inférieur; enfin, nous avons vu des ra-

Fig. 4*2. — Anomalie des vaisseaux du rein.

Disposition intéressante des veines et des artères. — Deux artères de chaque côté : à droite, une grosse veine ; à gauche, deux veines avec un plexus qui les réunit en passant derrière l'aorte : à gauche, le bassinet est bifurqué au-dessous du hile.

meaux pénétrer le rein par sa face antérieure ou par sa face postérieure.

5° Anomalies de distribution. — L'artère rénale peut donner deux capsulaires (inférieure et moyenne), rarement trois, la diaphragmatique inférieure, une ou plusieurs lombaires; enfin môme une branche hépatique à droite, ou pancréatique à gauche.

Mais l'anomalie la plus fréquente, c'est l'artère spermatique fournie par la rénale.

Les veines du rein.

Le système veineux du rein n'est point calqué sur le système artériel.

A la limite qui sépare la moelle de l'écorce courent de larges veines parallèles à la surface du rein : veines arciformes ou arcades veineuses.

Contrairement aux artères, ces veines rénales sont anastomosées les unes avec les autres et il existe bien réellement une voûte veineuse suspyramidale.

[.es arcades veineuses se déversent dans des troncs plus volumineux

qui suivent les artères interlo baires et arrivent ainsi au niveau du sinus.

Si Ton en croit la plupart des auteurs, ces veines se divisent en deux systèmes analogues aux deux systèmes artériels : l'un anlé rieur et l'autre postérieur. Et Disse ajoute même :

la division naturelle du rein exiete également pour les veines, ce qui est complètement inexact, comme nous le verrons tout à Fheure.

Les veines arciformes reçoivent des affluents des deux cotés : les plus nombreuses et les plus grosses viennenl de la substance corticale, les plus faibles de la portion médullaire.

Les veines qui viennenl de la surface corticale son! les veines inlerlobulaires et les veines corticales profondes.

Les veines in 1er lobu hures recueil lenl le sang des capillaires de reçoive

et descendent vers les veines arcil'ormes, en suivant une direction radiée.

Os veinules naissenl sous la capsule de i ou 5 veines horizontales

sous-corticales qui convergent en forme d'étoile. C'est l'étoile veineuse

de \ erlieveil

Kig. £3. — Injection dos veines du rein el du bassinet avec la masse de Kejsek. Corrosion avec H Cl.

Il est difficile de voir sur ce dessin la disposition exacte îles veines : mais soi' la pièce même on trouve un certain nombre d'anastomoses suspyramidale-. On voit seulement ici l'importance du réseau veineux du rein qu'on coupe nécessairement et largement quelle (pie soit l'incision de la néplirotomie.

LES VEINES DU REIN. 53

Les veines in ter tabulaires, en cheminant vers la voûte veineuse suspyramidale, reçoivent de petits affluents venant du réseau capillaire du labyrinthe.

Henle a montré que le sang veineux de la zone corticale ne s'écoule

r. sus.-hép.

Diaphi

Saph. inl

Fig. 44. — Veine cave inférieure (d'après Bonamy et Beau).

pas seulement par les veines inter tabulaires, mais aussi par des veines profondes qui débouchent directement dans les veines arciformes; elles recueillent le sang de la partie profonde de la zone corticale, tandis que le san^ de la moitié supérieure remonte en sens inverse pour se jeter dans les veines horizontales qui sont l'origine des veines interlobulaires. Quant aux veines de la moelle, ce sont les venulœ rectœ, petits troncs

ascendants qui cheminent parallèlement aux arteriœ rectœ et gagnent la concavité de la voûte veineuse.

Telle est, schématiquement, la disposition des veines dans le rein : nous voyons déjà qu'elles s'anastomosent largement à la base des pyramides. Revenons maintenant aux veines collectrices des veines interlobulaires.

La disposition des veines dans le sinus est bien moins connue et bien plus compliquée que celle des artères. Nous avons fait déjà à ce sujet quelques recherches avec Papin, injections et corrosions que nous continuerons et qui nous permettent de confirmer dans ses lignes principales la description donnée par Hauch qui s'éloigne notablement de la description classique.

Reprenons, pour plus de clarté, la description en sens inverse, c'està-dire en partant de la veine cave.

Les veines rénales naissent de la veine cave inférieure au niveau de la deuxième lombaire, la droite un peu plus bas en général.

Elles se dirigent comme les artères en bas et en dehors.

Leur calibre est volumineux. Charpy dit 7 à 10 millimètres. Mais il nous a semblé, sur les pièces injectées et surtout sur le vivant, que ces chiffres sont un peu trop faibles. Sappey dit que la veine rénale gauche est un peu plus volumineuse que la droite.

Habituellement, la veine rénale se divise avant de pénétrer dans le hile en deux branches, une supérieure ou crâniale, une inférieure ou caudale : la supérieure étant habituellement la plus grosse.

Mais avant sa bifurcation la veine rénale reçoit des branches collatérales :

1° La veine capsulaire inférieure;

2° La veine urétérique qui monte le long de l'uretère;

3° Les veines capsulo-adipeuses ;

4° La veine spermatique ou utero- ovarienne gauche se jette dans la veine rénale gauche;

5° Souvent aussi la veine capsulaire moyenne se jette à gauche dans la veine rénale.

Les veines capsulo-adipeuses, bien décrites par Tuffier et Lejars, sont calquées sur le système artériel et l'on peut distinguer autant de groupes :

1° Groupe rénal : branches qui traversent le parenchyme rénal sans s'y diviser el gagnenl la capsule adipeuse; wJ" Groupe mésentérique : rameaux des veines coliques anastomosés

avec les veinules de la capsule adipeuse;

3° Groupe spermatique : c'esl l'arc veineux exo-rénal < j u i en haut se

Continue avec la capsulaire:

LES VEINES DU REIN

4° Groupe capsulaire : rameaux venus des capsulaires inférieure et moyenne, dont l'un complète l'arc exo-rénal ;

b° Groupe lombaire : rameaux anastomosés avec les lombaires et la lombaire ascendante, origine de l'azygos. A gauche, c'est le tronc rénoazygo-lombaire de Lejars. Ces veines communiquent par des branches perforantes avec le réseau veineux sous-cutané lombaire.

11 faut signaler encore les réseaux veineux qui entourent le douzième nerf intercostal et les abdomino-génitaux.

Veine capsulaire inf.

Veine rénale

Veine cave inf

Veines spermal . .

Arc. veineux pcrinéal

Veines de la capsule adipeuse

Fiff. 45.

Anastomoses des veines du rein avec les réseaux veineux voisins. Étoiles de Verheyen (imité de Tuffier et Lejars).

Les deux branches terminales de la veine rénale se divisent chacune en rameaux de deuxième, puis de troisième ordre qui s'étalent en éventail sur la face antérieure du bassinet et courent dans les espaces qui séparent les calices de la rangée antérieure (voir fig. 46).

Entre ces rameaux il y a ordinairement de petites anastomoses transversales (Itauch, Gérard et Castiaux).

Chacune des veines qui cheminent entre les calices se divise à peu près dans le plan médian en trois branches, une ascendante, une descendante et une postérieure.

Les branches ascendante et descendante s'anastomosenl el la série de ces anastomoses forme des arcades dont l'ensemble constitue la veine

médiane qui court (Mitre la rangée des calices ventraux et celle des ealices dorsaux :

Le rameau postérieur passe entre les deux calices voisins de la rangée postérieure et se bifurque en rameaux ascendant et descendant qui constituent une nouvelle série d'arcades derrière la rangée postérieure des calices.

Les rameaux extrêmes de l'éventail veineux antérieur passent pardessus et par-dessous le bassinet pour gagner la série des arcades dorsales.

Ce système veineux dorsal est, en outre, drainé par une velue dorsale ou rétro-pyélique, mais, qui n'est pas constante, car Haueh ne la

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Sys<~'»;t- f,eitirtt.u-r

Fig. 4(3. — Schéma des veines du rein.

Le système veineux antérieur est très développé, le postérieur très grêle. Les deux systèmes s'unissent au niveau de la série d'arcades qui forment la veine médiane.

Le bassinet est vu par son bord externe, le système veineux déployé en avant et en arrière autoui de la veine médiane comme charnière.

trouve que dans 5 cas sur '29 et, d'ailleurs, qui est toujours bien plus petite que la veine antérieure. Elle peut pourtant, nous l'avons vu plusieurs fois, être dès gênante dans la pyélotomie.

C'est au niveau des arcades veineuses qui circonscrivent les calices • pic viennent déboucheries veines interlobulaires, issues du parenchyme rénal, dans les sillons qui séparent les papilles des colonnes de Bertin. Le système veineux du rein est entièrement avalvulé.

Les anomalies des veines du rein sont nombreuses, mais bien moins intéressantes que celles des artères : si une veine est gênante, on peut la couper entre deux ligatures, les anastomoses sonl suffisantes pour qu'il n'en résulte aucun accident. Au contraire, et nous avons maintes fois vérifié le fail sur l'animal, on ni' peut lier une branche artérielle du rein, njiiis déterminer Ni nécrose de tout le territoire de cette artère.

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