‹ Médecine pratiqueChapitre 57 sur 63 · Tome IL. k · texte numérisé non relu

Tome IL. k

Ces diathèses formant la cause prochaine des maladies, établissent aussi leur dernière différence, et doivent aussi diriger leur traitement.

La considération de ces diathèses peut seule conduire à distinguer utilement les maladies qu'on rencontre dans la pratique, et à en former des classes naturelles dans un système nosologique. En effet, sous ce rapport, on peut exactement diviser les maladies en deux classes principales , soit qu'elles proviennent d'une constitution générale du corps, soit qu'elles soient locales. On peut encore les subdiviser en genres, espèces et variétés, d'après leurs caractères plus ou moins généraux, et d'après les diverses modifications spéciales que présentent la forme et le nombre' des symptómes.

Quand on considére les maladies en prati-

cien, et qu'on les observe attentivement selon la diversité de la constitution générale de l'organisme dont elles proviennent , on est porté à établir les diathéses morbides suivantes et les genres de maladies qui en dépendent :

La diathèse inflammatoire, purulente , bilieuse , muqueuse, vermineuse, nerveuse, ca- - tarrhale , rhumatismale et arthritique , érysipélateuse, putride et scorbutique , hydropique, scrophuleuse , rachitique, calculeuse, et ca-

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PRATIQUE. 259 chectique, laquelle est de diverses espèces. Il y a aussi quelques diathéses spécifiques qu'on a autrefois regardées comme des acrimonies engendrées par un miasme spécifique. Telles sont les diathéses syphilitique , herpétique, cancéreuse et exanthématique contagieuse.

Peut-être aussi, existe-t-il une diathèse fé- &rile spéciale, qui dispose à éprouver plusieurs accés fébriles, comme dans les fiévres intermittentes et sub-continues (1).

Plusieurs de ces diathéses sont produites

d'une maniére lente, et par le concours de

(1) Cette doctrine des diathéses morbides qu'expose ici Hildenbrand a beaucoup de rapports avec la doctrine des élémens enseignée par l'école de Montpellier. Les auteurs ont beaucoup varié sur l'acception du mot diathése et sur le nombre de celles qu'ils ont admises. Drown ne reconnait que deux diathéses , l'une qu’il appelle. stAcnique , et l'autre asthénique : elles ont été l'objet de bien des divagations de la part de ses sectateurs. Joseph Frank, dans son ouvrage qui a pour titre: Praxeos medicæ universe precepta , Taurini 1821 , regarde la docirine des diathéses comme formant la base de toutes les diverses complications des maladies. Voici quelles sont les diathèses qu'il admet : diathése inflammatoire, rhumaiismaie

ou catarrhale, gastrique , arihritique , atonique , scorbutique , typhode , périodique . spaumodique , serophuleuse ;

cancéreuse , vénérienne. Ces difiérentes diathéses peuvent

plusieurs causes, comme les diathèses mu-

queuse , vermineuse, scrophuleuse, calculeuse,

etc.; d'autres, au contraire, se développent de suite, et viennent d'une seule cause , comme la diathése inflammatoire provenant d'une bles- . \ .

sure, et la diathése nerveuse produite par une affection de l'àme.

Quelques-unes de ces diathèses durent toujours, et tourmentent de temps en temps pendant toute la vie, comme les diathèses calcu-

leuse, arthritique, nerveuse. D'autres ne durent

qu'un certain temps, disparaissent, et reviennent ensuite de nouveau facilement, telles sont la diathèse catharrale et l'érysipélateuse. D'autres sont tellement fugaces, qu'elles ne reviennent plus jamais quand on en a été une fois atteint. Telles sont celles qui sont produites par les miasmes qui engendrent les fièvres exanthématiques.

Quant à l'origine de ces diathéses, on peut soutenir que la plupart naissent d'une lésion dans les fonctions physiologiques de labsorption et des sécrétions, et que suivant la

quelquefois exister ensemble et se combiner de diverses maniéres; de-là naissent de grandes différences dans le traitement des maladies. (Note du Traducteur.)

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diversité de ces lésions, leur nature et leur caractére sont différens. On peut croire que quelquefois elles naissent d'une lésion des sécrétions artérielles, à laquelle se joint une lésion du systéme absorbant, comme les diathèses muqueuse, rhumatismale, scorbutique, hydropique ; d'autre | fois, d'une lésion des sécrétions des glandes et des viscéres, des intestins, du foie, des reins, comme les diathèses vermineuse, bilieuse, calculeuse. Comme la derniére ne s'opére pas seulement dans les reins , on pourrait l'appeler tartareuse.

Les diathéses fébrile et nerveuse, si toutefois elles existent d'une manière spéciale, tirent leur origine d'une disposition morbide du sysième nerveux, et n'ont pas toujours besoin d'une cause matérielle pour se développer.

Plus les fonctions des systèmes sécrétoire et nerveux sont obscures dans l'état de santé, moins les pathologistes peuvent connaitre l'ori- "ine des diathéses morbides qui en proviennent; et tant que ces ténèbres ne seront pas dissipées, on n'aura pas une théorie assurée, et un traitement rationnel de ces maladies. C'est pourquoi les médecins prudens combattent la diathèse et le caractère morbide dominant, par des méthodes empiriques , fondées cependant sur le raisonnement,

Telle est la plus certaine et presque l'unique Médecine , comme nous l'avons prouvé ailleurs. C'est ce que nous démontrons aussi. publique-

ment au lit des malades. Aucun médecin ne.

pourra nier l'utilité pratique de cette doctrine sur les diathéses morbide bien les systèmes fondés Sur le raisonnement seul sont hypothétiques et imparfaits, et combien les faux vaisonnemens théoriques trompent souvent dans la pratique.

On peut tirer aussi les corollaires les plus

, Sil considére com-

utiles de cette doctrine : par elle, plusieurs choses obscures, dans l'observation et le traitement des maladies, deviennent cloires.

Par-là, on voit clairement qu'une thérapeutique solide ne peut pas étre fondée seulement sur l'éloignement des causes excitantes ; car, quoiqu'on parvienne à les éloigner, la diathése morbide peut encore rester profondément enracinée,

Par-là , on voit aussi que c'est en vain qu'on découvre la cause excitante d'une maladie, et qu'on s'effarce de la combattre (telle est, par exemple, la suppression de la transpiration dans la diathése rhumatismale); et qu'on ne peut pas établir un traitement assuré et suffisant, si on ne le dirige que contre la seule

eause excitante. Car les diverses diathèses

morbides dépendent du concours de plusieurs

puissances nuisibles, si l'on en excepte les miasmes contagieux.

Parlà , on voit pareillement combien le régime diététique doit puissamment influer sur la guérison et le soulagement des maladies qui naissent d'une diathése générale; car les puissances nuisibles, qui produisent la diathése morbide, viennent en grande partie du mauvais régime de vie.

Par-là, enfin, on comprend aussi pourquoi certaines maladies, qui proviennent d'une diathèse générale du corps, sont si sujettes aux récidives. En effet, elles ne sont pas parfaitement guéries, tant que la diathèse n'est pas entièrement déracinée : elles reprennent seulement leur ancienne opportunité; et, sion ne parvient pas à la détruire radicalement, elle se montre encore et cause de nouveaux maux.

Telles sont les premiéres ébauches de cette doctrine sur les diathéses morbides. Que les médecins les plus éclairés cherchent à cultiver et à éclaircir un sujet si important dans la pratique. Pour moi, jene cesserai pas d'y travailler sans relàche, autant que mes forces me le permettront,

* Eos

Ces

264 méproixe Ce n'est que par- Jà que les méthodes de traitement hypothétiques et imaginaires seront ancanties, et seront utilement remplacées par un empirisme éclairé, fondé sur le raison-

nement.

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