‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 112 sur 156 · DE LA COLIQUE HYSTERIQUE · texte numérisé non relu

DE LA COLIQUE HYSTERIQUE

i. Vjest une espèce, ou plutôt un symptôme considérable de l’affection hystérique , et un des plus fréquens de cette maladie , auquel se joint une douleur très-violente vers la fossette du cœur, et l’excrétion d’une humeur verdâtre par le vomissement.

2. De peur qu’un amas de mauvaises humeurs n’empêche l’effet du remède calmant, il faut que la malade boive promptement beaucoup de petitlait, et qu’elle le rejette par le vomissement; après quoi on lui donnera vingt-cinq gouttes de laudanum liquide, dans une once d’eau de canelle forte, ou d’eau épidémique, ou de quelque autre véhicule.

3. Dans l’usage du narcotique , il faut observer de le réitérer jusqu’à ce que tous les symptômes soient calmés, mettant néanmoins un intervalle raisonnable entre les doses, afin de pouvoir juger de l’effet qu’a produit la première avant que d’endonner une seconde.

4. Si la malade est d’un tempérament sanguin , ou si elle est fort vigoureuse, et qu elle n’ait pas été souvent attaquée de fa colique hystérique ,

en ce cas-là il faut lui tirer du sang au bras , avant que de lui donner le vomitif qui a été prescrit.

5. Le clou hystérique se guérit par la même méthode ; mais si la colique hystérique dure longtemps, et attaque la malade par accès, elle doit, dans l’intervalle des accès, ou hors des accès, user des remèdes qui suivent

Prenez zè do aire réduite en poudre subtile , un gros ; et avec suffisante quantité de sirop d écorce de citron confite , formez un bol , qui sera pris matin et soir pendant trente jours . La malade boira par-dessus Vinfusion suivante .

Prenez zédoaire coupée menu , une demi-once; vin de Canarie , quatre onces. Faites infuser à froid pendant douze heures , coulez la liqueur et la gardez pour ï usage.

6. Ou bien on usera du baume du Pérou , comme pour la colique de Poitou.

q. Ce que l?on propose ici pour la. colique hystérique , peut aussi convenir pour la colique hypocondriaque; etilfaut soigneusement observer que la nature de ces deux maladies semble demander que l’on tente pour les guérir diverses sortes de remèdes, jusqu’à ce qu’on trouve celui qui est véritablement propre à les détruire. Le Mars est un des plus utiles.

8. La colique hystérique se convertit très-souvent en ictère, tant dans les hommes hypocondriaques que dans les femmes hystériques. Cet ictère se guérit de lui-même ; mais lorsqu’il dure trop longtemps il faut donner l’apozème qui suit.

Prenez racine de gaiance et de curcuma , de chacune une once ; grande chèlidoine et sommités de petite centaurée , de chacune une poignée. Faites bouillir tout cela dans partie égale de vin du Rhin et dé eau de fontaine que vous réduirez à deux livres:

coulez la liqueur , et y dissolvez deux onces de sirop des cinq racines , pour un apozème que le malade prendra chaudement , à la quantité d'une demi-livre matin et soir , jusquà sa guérison .

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