‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 120 sur 156 · DE LA VÉROLE · texte numérisé non relu

DE LA VÉROLE

i. Lorsque le virus , ou par une longue gonorrhée , ou pour avoir usé mal à propos des astrin-

gens, a infecté la masse du sang, le malade a la vérole.

2. Il paraît des bubons aux aines, des douleurs se font sentir à la tète, dans les membres, et entre les articulations, sur tout pendant la nuit, lorsque les malades sont échauffés dans leur lit : ils ont eu différentes parties du corps des croûtes furfureuses qui deviennent jaunes. Plus il se fait d’éruption sur la surface du corps du malade, moins les douleurs qu’il souffre sont cruelles.

3. Il survient des exostoses à la tête , aux bras et aux jambes , des inflammations aux os, et des caries , des ulcères rongeans en différentes parties ,

, qui , pour l’ordinaire , attaquent d’abord le gosier, et qui, se communiquant insensiblement par le palais aux cartilages du nez , les rongent et les consument , en sorte que le nez n’ayant plus d’appui , paraît tout écrasé.

4- Ces ulcères , devenant de jour en jour plus malinset plus rebelles, les membres tombent, pour ainsi dire , par pièces, et enfin le malade périt insensiblement.

Prenez axonge de porc , deux onces ; mercure cru , une once : mêlezdes pour un onguent que Von partagera en trois doses , de chacune desquelles le malade se frottera lui-même les bras , les jambes et les cuisses trois soirs de suite.

5. Si trois jours après la dernière friction, il ny a encore aucun signe de salivation , il faut alors donner au malade huit grains de turbit minéral, incorporés dans de la conserve de roses rouges ; ou bien , aux sujets délicats un scrupule de mercure doux ; et si la salivation déjà commencée se ralentit avant que les symptômes soient dissipés , il la faut exciter de nouveau par la même dose de mercure doux.

Méthode complète

6. Il faut faire en sorte de régler tellement le flux de bouche , que le malade , dans l’espace d’un jour et d’une nuit, évacue environ quatre livres de salive.

7. Si l’évacuation passe cette mesure , que l’inflammation de la bouche soit excessive , et que d’autres accidens surviennent , il faut réprimer , par des purgatifs , la salivation trop abondanie , et la réduire à son juste degré.

8. Quand les symptômes seront calmés, il faudra aussi tôt changer le malade de linge et de draps , et lui donner ceux qu’il avait auparavant.

9. Si la diarrhée survient ( ce qui arrive souvent avant que la salivation soit bien déclarée ) , il faut l’arrêter par l'usage du laudanum liquide , en réglant tellement la dose de ce remède, qu’il produise son effet.

10. Quand la bouche s’ulcère , il faut la laver avec l’eau rose , ou avec un mélange d’eau et de lait, ou avec la décoction suivante.

Prenez racine de guimauve et orge mondée , de chacune une once ; semence de coings , demi-once : laites houûlir dans suffisante quantité deau que vous réduirez à deux livres , pour un gargarisme dont le malade usera souvent .

11. le régime de vivre doit être le même que celui que l’on prescrit pour la purgation , si ce n’est que dans les premiers jours on doit boire de la petite-biere tiede , ou du petit-lait , et user de décoction d’avoine ou d’orge.

12. Tout cela étant fait avec exactitude ( quoique les symptômes soient dissipés, et que la maladie semble être absolument détruite ) , de peur néanmoins d’une rechute , il faut faire prendre au malade , une fois la semaine , un scrupule de mercure doux , et réitérer cela cinq ou six fois.

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