SUR L AFFECTION HYSTÉRIQUE
un jour ce que j’aurais fait en huit. Ainsi je perdrais mon temps et ma peine , je n’avancerais rien et ce serait toujours à recommencer.
Je ne doute point aussi que la coutume où I on est de purger durant l’usage des eaux minérales ferrugineuses , ne diminue beaucoup leur efficacité. Je sais que des malades que l’on purgeait , non-seulement de temps en temps , mais encore tous les jours pendant î’usage des martiaux, n’ont pas laissé de guérir ; mais cet heureux succès est moins une preuve de la sagesse du Médecin, que de la grande vertu du mars , lequel opère bien plus promptement la guérison , quand on ne purge point (i);
99. Au reste , les purgatifs si souvent réitérés Mauvais me paraissent inutiles , ou pour mieux dire, per- ^6^ VwS nicieux dans plusieurs autres maladies qui n’ont maladies» rien de commun avec les vapeurs. A la vérité , on ne saurait nier qu’ils ne nettoient les premières voies , et ne débarrassent le sang d’une partie des humeurs nuisibles qui y séjournent ; mais il estcertain , d’un autre côté , que leur fréquent usage fait beaucoup de tort aux personnes faibles , et sur-tout aux enfans; car ils attirent sur les viscères des débordemens d’humeurs qui , séjournant dans ces parties , y excitent des fermentations contre nature , d’011 s’ensuivent des tumeurs dans l’abdomen , lesquelles vont toujours en augmentant à mesure qu’on purge plus souvent le malade*
(1) L’Auteur a raison de condamner en général les purgatifs pendant l’usage des eaux ferrugineuses. Mais il petit y avoir des cas qui demandent qu’on purge de temps eu temps ; ainsi cela doit s’entendre avec restriction. Tour aider l’action des eaux , et prévenir tout mauvais effet , il est à propos d’aller à cheval , ou de faire quelqu’autre exercice dans djss temps convenables. Souvent aussi on peut joindre à l’usage des eaux quelques correctifs * ou alliraus appropriés à l’état jnalades ? et on s’en trouvera bien.
Dissertation
Enfin , il arrive que les parties affectées ayant perdu leur ressort , et étant privées de leur chaleur naturelle qui se trouve , pour ainsi dire , étouffée sous le poids des humeurs , tombent facilement en pourriture.
D autres fois l’économie dés viscères étant entièrement détruite parles causes susdites , il se forme dans les glandes du mésentère des tumeurs scrofuleuses , et autres semblables , qui conduisent le malade au tombeau.
Ces raisons m’ont persuadé que le parti le plus sûr dans les enfans, était de travailler à fortifier le sang et les viscères , après avoir employé très-modérément les évacuations universelles. Le vin d’Espagne seul ou infusé avec les herbes fortifiantes , donné matin et soir pendant un temps suffisant, à la dose de quelques cuillerées, plus ou moins suivant l’âge , est capable de remplir cette indication.
Et , comme les remèdes topiques agissent aisément sur les corps tendres des enfans , et communiquent par conséquent leur vertu à la masse du sang , il sera à propos dans les tumeurs du ventre , soit qu’elles viennent d’un levain scrofuleux , ou d’un véritable rachitis , d’employer des linimens propres a fortifier le sang et les viscères, et à détruire les mauvaises impressions quo la maladie a faites sur eux. Par exemple ,
Prenez des fe.illes d absinthe commune , de petite centaurée , de marrube blanc , de germandrée , divette , de scordium , de calamenthe com > une , de matricaire , de saxifrage des prés , de millepertuis , de verge d'or , de serpolet , de menthe , de sauge , de rue , de chardon bénit , de pouliot , d aurône , de camomille , de tanésie , de muguet , toutes nouvelles , et coupées menu 3 de chacune une pois
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gnée ; du sain- doux , quatre livres ; du suif de mouton , et du vin clairet , de chacun deux livres.
Faites macérer tout cela ensemble dans un vaisseau de terre , sur les cendres chaudes pendant douze heures. Ensuite faites bouillir jusqu à la consomption de T humidité , et coulez cette matière : vous aurez un onguent dont on frottera le ventre , les hjpocondres et les aisselles matin et soir pendant trente ou quarante jours de suite .
ioo. Quant au rachitis , ii faut remarquer que Purgatiw dans les tumeurs du ventre qui survenaient autre- pas dans levé fois aux enfans après de longues fièvres intermit- rilabl®i/achî’ tentes , et qui ressemblaient beaucoup au véritable rachitis , il paraissait nécessaire de purger souvent , parce qu’avant que le quinquina fut en usage , ces sortes de lièvres duraient long-temps , et qu’ai nsi elles laissaient un sédiment qu’on ne pouvait évacuer que par des purgatifs réitérés.
Mais dans le véritable rachitis , il n’est besoin de purger qu’une fois , ou tout au plus deux , avant cpie de mettre le malade à l’usage des altérans.
Pendant tout le temps qu’on se servira du liniment que nous avons proposé, on donnera intérieurement au malade du vin d’Espagne , tel que nous avons dit ; ou si cela se peut , on lui donnera pour toute boisson , de la bière , que l’on aura enfermée dans un vaisseau avec une suffisante quantité des herbes susdites , ou du moins d’une partie ; enfin , on évitera soigneusement les purgatifs ; car je sais un grand nombre d’enfans qui ont péri par des purgatifs souvent réitérés , lesquels on croyait apparemment nécessaires à cause de la grosseur du ventre (i) : mais cela soit dit en passant.
(i) Le rachitis n’est attire chose qu’une distribution inégale des sucs nourri»
Dissertation
Réponse à I O I . Si on objecte que la limaille d’acier peut contre^ nu^re au ™ a la de en séjournant dans les intestins, iHaiiie a’acier. à moins qu’on ne purge de temps en temps ; je réponds en premier lieu , que je n’ai jamais rien
çiers , d’où il arrive que certaines parties maigrissent faute de nourriture, tandis que d’autres augmentent de volume par trop de nourriture, et que l’épine du dos et les autres os se courbent et deviennent tortus.
C’est une nouvelle maladie qui a commencé en Angleterre vers le milieu, du siècle précédent, et s’est ensuite répandue dans le reste de l’Europe. iVoici les signes principaux par où elle se manifeste.
Elle paraît environ le neuvième mois de l’enfant , ou plus tard. Différentes parties du corps deviennent peu à peu disproportionnées ; la peau devient lâche et le ventre flasque, les muscles diminuent, les articulations des mains , des jambes, des genoux et des pieds grossissent ; les os , trop faibles pour soutenir le corps , se courbent comme aussi l’épine du dos ; d’où il arrive que l’enfant marche avec peine , et souvent perd l’usage de ses jambes ; Ses artères carotides s,e gonflent; la tête devient grosse, et n’est plus ferme à cause de la foiblesse des muscles qui la soutiennent; l’enfant a plus de conception que n’en ont ordinairement les enfans à cet âge ; Sa poitrine est étroite ; le sternum s’élève en pointe , et les extrémités des côtes sont noueuses La maladie augmentant, il s’y joint une fièvre lente, une toux , une difficulté de respirer , et d’autres s’ymptômes. Il faut néanmoins se souvenir qu’il y a différentes espèces de rachitis , qu’il dure plus ou moins long-temps , qu’il est pins ou moins violent , et ne produit pas 3es mêmes symptômes dans tous les sujets.
En ouvrant les corps de ceux qui sont morts de cette maladie, on a trouvé dans quelques-uns le foie plus gros qu’il n’est dans l’état naturel , et même squirrheux et adhérent au diaphragme , les glandes du mesentère durcies , et le pancréas obstrué : dans d'autres le poumon* adhérent à la plèvre et au dos, et livide ou en suppuration : dans les autres le péricarde plein d'eau. Plusieurs Anatomistes curieux, comme Glisson , Bonnet et Heister , assurent que le sommet de !$ moelle de l'épine est ordinairement dur et engorgé, l’espace entre la duremère et la pie mère plein d’eau , le cerveau fort gros, les veines jugu* jjaires moins grosses que les artères carotides.
Il paraît de là que la cause prochaine de cette maladie est une compression ou une obstruction de la moelle de l’épine , qui empêche le suc nerveux d'v couler librement; en conséquence de quoi les parties dont les nerfs viennent de cette moëlle, ne peuvent recevoir de nourriture , tandis que les autres dont les nerfs ne sont pas obstrués, en reçoivent trop. C’est par cette raison que la tête devient grosse , et que le visage est frais et vermeil.
Les os se courbent , et leurs épiphyses grossissent , parce que les muscles et les ligamens qui les joignent ensemble , sont nourris inégalement , et que les extrémités des os qui , dans les enfans sont molles et cartilagineuses , ne résistent que faiblement au suc nourricier qui y aborde et qui les distend Les os Continuent à grossir, et les muscles, au contraire , diminuant et se raccourcissant faute de nourriture, il arrive que les os ne peuvent plus s’étendre et
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trouvé de semblable dans aucun sujet : en second lieu , qu’il y a beaucoup plus d’apparence que
sont obligés de se» courber , et cela d’autant plus aisément qu’ils sont plus flexibles à cet âge.
La cause médiate de cette maladie est l’épaississement ou la viscosité des sucs qui . comprimant ou obstruant la moelle de l’épine , empêche le fluide nerveux d’y pénétrer, et de se distribuer aux nerfs qui en naissent.
Les causes éloignées sont tout ce qui empêche la digestion , et produit un chyle épais et visqueux qui n’est nullement propre pour la nutrition.
Mais la principale cause de la maladie est un air froid , grossier, et rempli d’exhalaisons hétérogènes , lequel en affaiblissant le ressort de la peau , diminue la transpiration, et en relâchant les poumons empêche que le sang ne s’y travaille comme il faut. De là vient que le rachitis est si commun dans les Jieux marécageux et maritimes.
Je ne fais pas difficulté d’avancer que la mauvaise coutume qu'ont quelques femmes de porter les enfans sur leurs bras , contribue beaucoup à faire séjourner les fluides dans la moelle de l’épine , et non-seulement tient l’épins du dos dans une situation courbée, mais encore rend les pieds tortus, et de cette manière occasionne le rachitis. L’épine du dos peut aussi devenir tortue par une chute ou un coup.
Les maladies qui attaquent les enfans, préparent le chemin au rachitis, sur-tout celles qui causent une stagnation des fluide dans la moelle de l’épine , et qui par conséquent empêchent le libre cours du liquide nerveux.
Si cette maladie dure au délà de la cinquième année de l’enfant , elle devient très-difficile à guérir, et de même après qu’elle est guérie le corps reste ordinairement faible et défiguré pendant quelques années. Mais si on ne la guérit pas de bonne heures et lorsque le corps du malade souffre encore des altérations considérables , elle est absolument incurable. Elle est aussi très-difficile à guérir quand elle est héréditaire , ou qu’elle survient peu de moi après la naissance. Enfin elle est dangereuse lorsqu’il s'v joint une phthysie , avec fièvre hectique , ou une hydropisie , ou un asthme , ou une diarrhée. Mais lorsque le rachitis vient de quelque mauvaise qualité de l’air , ou d’un mauvais régime , ou qu’il est suivi de la petite-vérole , de la gale , ou de quelque autre maladie cutanée , sans que les os soient beaucoup courbés , ni le mouvement fort lésé , la guérison n’est pas difficile.
Les indications curatives consistent à dissoudre la viscosité des sucs , à dissiper les obstructions , et à faciliter la circulation des fluides par tout le corps.
Il faut commencer par nettoyer lc% premières voies , afin d’emporter ce qui entretient la maladie. Pour cela on emploiera les doux purgatifs, et même les émétiques , si ou les juge nécessaires et que le malade puisse les soutcnii. Mais ces remèdes ne doivent pas être donnés aux malades qui sont fort épuisés , ou qui ont les viscères en mauvais état ou le mésentère fort obstrué. Dans ce cas-là les apéritifs et les savonneux , surtout les aels neutres , sont préférables et très-efficaces. On peut donner
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la limaille s'évacue entièrement avec les mus* cosiîés et lés différentes humeurs excrémentielles , dans lesquelles elle se trouve mêlée , que par les purgatifs, qui sont bien plutôt capables de fixer davantage les particules ferrugineuses dans les tuniques des viscères , au moyen des froncemens et des contractions qu’ils causent aux fibres en les agaçant et les irritant.
Remèdes Lys- 102. Durant l’usage du Mars , que l’on emploie
tenques doï- -, c . n c , 1 . 41
vent être joints a dessein de fortifier le sang et les esprits , il est
aux mamaux. ^ propos de donner de temps en temps , et comme en passant, quelques remèdes hystériques, et de la manière et sous la forme qui conviendra le
aussi de temps en temps des résolutifs doux , et ils réussissent mieux ici que les mercuriaux. •' - - ,
Pour dissiper les obstructions de la moelle de l’épine , et procurer une libre circulation du fluide nerveux , les frictions sur l’épine du dos , les bras, les jambes et les pieds, avec des linges chauds et la famée d’encens mâle, de succin , de mastic, etc. , sont recommandées par différens Auteurs. Mais je sais par expérience que plusieurs malades ont été merveilleusement soulagés, et enfin guéris , en se baignant fréquemment dans un bain préparé avec les herbes aromatiques , comme marjolaine , lavande, thym, romarin , camomille ; mélisse , etc. , bouillies dans l’eau commune ; et en se frottant ensuite l’épine du dos et les extrémités avec un liniment nervin, tel, par exemple , que le suivant.
Prenez paisse humaine et huile de macis , de chacune demi-once ; baume du Pérou , un gros ; huiles distilléesde clous de girofle , de lavande et de rue , de chacune trente gouttes. Mêlez tout ensemble.
Il faut avoir grand soin de joindre aux remèdes un régime convenable , qui consiste à retrancher à l’enfant tout aliment venteux , visqueux , et d’une disgestion difficile ; à lui donner souvent du bouillon de veau et de ponletr où l’ou ait fait bouillir des racines apéritives , et des écrevisses. Sa boisson doit être quelque liqueur légère ; et pendant qu’il tette , ou lui donnera de bon lait un peu clair , sans négliger l’exercice. Si le ventre èst resserré, en pourra donuer un laxatif ou un lavement. Mais si le rachitis est causé ou entretenu par quelque maladie de la nourrice , on lui donuera les mêmes remèdes qu’à l’enfant , mais en plus grande dose.
Enfin il est bon d’appliquer sur l’epine courbée et sur les membres tortus des bandages convenables , pourvu qu’on ait soin de ne pas nuire en voulant faire du bien, et de ne pas causenune maladie pire que celle qu’on veut guérir. Hoffmann , oper. torn. 3 , p. 487 ; etc. Voyez aussi fiotre Juteur , sect. 1 , chap , 5 , num. 49 , 5o , 5 1.