‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 81 sur 156 · DE LA FIÈVRE STATIONNAIRE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE STATIONNAIRE

Des années 1684 168 5.

1. La chaleur et le froid se succèdent alternativement ; on sent des douleurs à la tête et dans les membres; le pouls n’est pas fort différent de celui des personnes qui sgnt en santé. Il y a quelque-

fois de la toux , et une douleur au cou et au gosier ; la fièvre redouble le soir , et le malade est agité et altéré ; sa langue est tantôt humide , et alors elle est entièrement couverte d’une pellicule blanche et raboteuse ; tantôt elle est sèche , et alors le milieu se trouve d’une couleur brune , et il est environné de tous côtés d’un bord blanchâtre. Quand on garde continuellement le lit , cela attire le coma ou la frénésie ; le régime chaud cause des taches de pourpre, des éruptions milliaires plus rouges que les boutons de la rougeole, un pouls déréglé, des soubresauts des tendons, et enfin la mort. Il survient , au commencement des sueurs qui ne sont que symptomatiques ; et, si on les excite par des remèdes , celles qui viennent de la tète sont gluantes, et la matière morbifique se porte à la tète , ou se jette sur les membres.

2. On saignera du bras à la quantité de dix onces de sang , et on réitérera la saignée , supposé que le malade respire difficilement, qu’il ressente en toussant une douleur de tête lancinante , et qu’il ait les autres signes de la fausse péripneumonie. Dans ce cas-là il faut réitérer la saignée et la purgation jusqu’à ce que le malade soit guéri.

3. Le soir on appliquera un vésicatoire , et le lendemain on donnera une douce purgation , qui sera réitérée de deux en deux jours jusqu’à trois fois; le jour de la purgation on donnera à l’heure du sommeil la potion calmante que voici.

Prenez eau de primevère Y trois onces ; sirop dia~ code une once ; suc de limon nouvellement exprimé , deux cuillerées : mêlez tout cela ensemble.

4- Lesaphthes et le hoquet qui surviennent après la guérison de la fièvre , se dissipent d’eux-mêmes.

Si néanmoins ils durent long- temps , on en vient facilement à bout par le moyen d’une once de quinquina réduit en forme d’electuaire ou de pilules , avec suffisante quantité de sirop de coquelicot , buvant par-dessus chaque prise un verre de lait écrémé. Ce remède réussira certainement, pourvu qu’on ne le rende pas inutile en faisant tenir continuellement le malade au lit.

5. Les jours qu’on ne purgera pas, on ordonnera les remèdes suivans.

Prenez des conserves d alléluia et de cynorrho don , de chacune une once ; conserve d épine-vinette , demi-once ; crème de tartre , un gros ; sirop de limon , ce qu'il en faut pour former un électuaire , dont le malade prendra trois fois par jour la grosseur dune noix muscade , buvant par-dessus six cuillerées du sirop suivant .

Prenez des eaux de pourpier , de laitue et de primevère , de chacune trois onces ; sirop de limon , une once et demie ; sirop violât , une once : mêlez tout cela ensemble .

Ou bien prenez eau de fontaine , une livre ; eau rose , suc de limon et sucre fin , de chacun quatre onces . Faites bouillir tout cela ensemble à petit feu jusqu à ce que la liqueur ait écume . Le malade en avalera trois onces toutes les fois quil voudra.

On ordonnera aussi le gargarisme suivant.

Prenez suc de pommes sauvages , demi-livre ; sirop de framboises , une • once : mêlez cela en, sent* ble.

6. Si la fièvre cause des envies de vomir , en soi le que le malade ne puisse garder la potion pu rgative , on lui donnera deux scrupules de pilules cochées majeures , et le soir un narcotique: par exemple , un grain et dem ide laudanum de

Londres , avec égale quantité de mastic ; ou bien dix-huit gouttes de laudanum liquide dans une once d’eau de eanelle orgée.

7. La boisson du malade sera de la petite-bière, ou bien de la décoction blanche , qui se prépare en faisant bouillir dans deux livres d’eau commune une once de corne de cerf brûlée , et édulcorant ensuite la liqueur avec suffisante quantité de sucre fin.

8. Après la seconde purgation, on permettra au malade de manger du poulet pour sa nourriture; et après la dernière, pourvu que la fièvre soit diminuée, on lui donnera le matin, l’après-dînée , et le soir , trois ou quatre cuillerées de vi n de Canarie.

9. Dans le transport et dans le coma , rien . n’est si bon que de raser la tète du malade, sans

y appliquer d’emplâtre; il suffit de la tenir chaude avec un bonnet.

10. Il arrive quelquefois dans les femmes vaporeuses , que la fièvre subsiste après la saignée et les purgations. Dans ce cas-là , pourvu qu’il 11’y ait aucun signe de péripneumonie, on doit donner un narcotique tous les soirs , et des remèdes hystériques deux ou trois fois par jour.

1.1. Pour ce qui est des enfans attaqués de la fièvre stationnaire, on leur appliquera deux sangsues derrière les oreilles, et ensuite un emplâtrevésicatoire sur la nuque du cou.

On les purgera avec la bière où aura infusé la rhubarbe.

12. Si après la purgation la fièvre parait devenir intermittente, on emploiera le julep avec le quinquina, dont nous avons donné la description dans le Chapitre de la fièvre intermittente, en parlant de celle des enfans.

Méthode complète

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