‹ Médecine pratique (volume 2)Chapitre 96 sur 156 · DE L’APOPLEXIE · texte numérisé non relu

DE L’APOPLEXIE

1. C’est un très-profond sommeil et une privation entière de sentiment et de mouvement, à l’exception de la respiration que les malades ont difficile, et avec ronflement.

2. Il faut au plus tôt tirer douze onces de sang du bras , et ensuite huit onces des veines jugulaires; après cela, donner aussitôt un vomitif composé d’une once et demie , ou de deux onces d’infusion de safran des métaux.

On appliquera sur la nuque un grand vésicatoire.

Pendant ce temps-là , le malade doit être droit sur son séant dans son lit, et peu chargé de couvertures.

Il faut lui faire flairer de l’esprit volatil de sel ammoniac le plus rectifié.

3. L’opération du vomissement étant finie , on lui donnera trois ou quatre cuillerées du julep suivant :

Prenez eau de rue , quatre onces ; eau de bryone

Méthode complète

composée et eau épileptique de Langius , de chacune une once ; esprit de corne de cerf , vingt gouttes ; sucre candi , ce quil en faut pour un julep .

Ou bien on lui fera prendre , deux ou trois fois pendant l’accès , de demi-heure en demiheure , ou d’heure en heure , une cuillerée d esprit de lavande tout pur.

4. Il faut avoir soin de ne pas donner en cette occasion des cordiaux trop chauds et trop fréquemment , comme on a coutume de faire; car, de quelque vertu spécifique qu’ils semblent être doués , ils sont plus nuisibles qu’utiles , parce qu’ils agissent en fondant les humeurs , et par conséquent ils augmentent le mal. Le fardeau des couvertures trop pesantes produit le même effet.

5. L’accès étant fini, il faut , pour prévenir la rechute , donner les remèdes suivans :

Prenez pilules cochées majeures , deux scrupu les . Le malade les prendra six fois , de trois en trois jours , à quatre heures du matin > et il dormira par-dessus.

Prenez des conserves de fleurs de sauge et de romarin , de chacune une once ; conserve d écorce d orange , six gros ; noix muscade confite , et gingembre confit , de chacun demi-once ; thériaque vieille , deux gros ; poudre de diambra et de dia moschi , de chacune un gros ; sirop de citrons con fits , ce quil en faut pour former un opiat , dont le malade avalera la grosseur dune châtaigne matin et soir , et il boira par-dessus deux cuillerées d eau épileptique de Langius .

Prenez ambre gris , demi-gros ; huiles distillées de graine danis , de canelle et de noix muscade , de chacune deux gouttes ; huile de girofle , une goutte ; sucre dissous dans beau de fleurs d orange %

quatre onces : formez de cela des tablettes. Le malade en prendra une à sa volonté .

6. Il doit s’abstenir de toute boisson forte , et vivre de décoctions d’orge et d’avoine , et de bouillons de poulet ; et quelquefois , sur-tout pendant qu’il se purgera , manger du poulet , de l’agneau , et d’autres choses semblables qui sont d’un bon suc, et de facile digestion.

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