CHAPITRE IL
De la Fièvre rouge,
I. La fièvre rouge ^ autrement fièvre écarlate , SymptAmes de arrive dans toutes les saisons , mais le plus
De la Fièvre rouge.
souvent à la fin de l’été. Elle attaque des familles
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entières , mais principalement les enians. Les malades ont d’abord un frisson et un tremblement, comme dans les autres fièvres , et ne sont pourtant pas extrêmement mal. Après cela , toute la peau se trouve couverte de petites taches rouges qui sont en plus grand nombre , d’un rouge plus vif, plus larges et moins uniformes que celles de la rougeole. Ces taches durent deux ou trois jours ; après quoi elles se dissipent , et laissent sur la peau des espèces d’écailles farineuses qui reviennent et disparaissent deux ou trois fois.
Manière de la ^ Comme cctte maladie me semble n’étre
^raiteç. I , r J ‘ cc T
autre chose qu une, mediocre eiiervescence du ^ang , produite par la chaleur de l’été , ou par quelqu’autre cause , je n’y fais rien du tout, et j’abandonne à la Nature le soin de dépurer le sang , et d’évacuer la matière morbifique par les pores de la peau. C’est pourquoi je n’emploie ni saignée , ni lavemens ; car je crois que ces remèdes , en faisant une révulsion , mêlent davantage avec le sang les particules nuisibles , et empêchent leur séparation : d’un autre côté , je ne donne point de cordiaux , parce qu’ils échaufferaient et agiteraient trop le sang qui n’a besoin que d’un mouvement doux , pour être en état de séparer la matière morbifique ; d’ailleurs les cordiaux pourraient augmenter la fièvre.
Il me suffit donc que le malade s’abstienne entièrement de viande et de toute sorte de liqueurs spiritueusea , qu’il ne sorte point , et ne garde pas le Ut continuellement. Quand toutes les écailles de la peau sont tombées et que les symptômes
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ont cessé , je purge doucement le malade suivant son âge et ses forces.
Par cette méthode simple et naturelle , cette maladie qui n’en mérite guère que le nom , se passe sans peine et sans danger. Au contraire, si on fatigue trop le malade , soit en l’obligeant de ne pas sortir du lit , soit en l’accablant de cordiaux et d’autres remèdes hors de saison , la maladie ne manque pas d’augmenter , et le malade périt assez souvent par la faute du Médecin qui a voulu faire trop de remèdes.