‹ Médecine pratiqueChapitre 9 sur 115 · Mais je ne pense pas qu’il soit fort utile · texte numérisé non relu

Mais je ne pense pas qu’il soit fort utile

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de publier des observations particulières ; car servations parsi l’observateur se contente de nous apprendre que telle maladie a cédé une ou plusieurs fois à tel remède , de quoi cela me servira-t-il , si outre cette quantité presque immense de remèdes dont nous sommes accablés depuis long-

(i) Il serait fort à souhaiter que nous eussions une méthode curative aussi sûre et aussi universelle que notre Auteur Fa décrite. On pourrait peut-être l’avoir , si les Médecins y travaillaient sérieusement , et de concert. Pour qu’elle soit propre à notre Nation , il faut connaître et marquer exactement la nature de notre climat , l’air que nous y respirons , les vents qui y régnent le plus fréquemment , notre manière de vivre , les maladies auxquelles nous sommes le plus sujets , les remèdes qui conviennent le mieux à notre, tempérament , la situation , le terroir , les eaux des difféiens lieux , et autres choses semblables. Sur ces principes, on pourrait établir pour la plupart des maladies une méthode curative générale , dont on ne serait obligé de s’écarter que par occasion , suivant que les circonstances particulières le demanderaient.

En lisant dans cette vue les écrits des Médecins d’une autre Nation , il faut toujours se souvenir qu’ils sont étrangers , qu’ils décrivent les maladies de la manière qu’ils les voient , et qu’ils les traitent relativement au lieu où ils exercent , en sorte que nous ne pouvons suivre avec sûreté les règles qu’ils donnent, sinon autant qu’elles se trçUYÇXQUt CQfï^ÇspQïldl’e avec nos observations propres.

xxxij P R É F A C E

temps , on en propose un nouveau dont je iFaie point entendu parler ? Que si je rejette tous les autres pour m’attacher à celui-ci, ne faudra t-il pas que j’éprouve sa vertu par une infinité d’expériences, et que j’examine une infinité de circonstances, tant par rapport au malade, que par rapport à la méthode meme, avant que de pouvoir tirer quelque fruit d’une observation détachée ? Si l’observateur a trouvé que sonremèdelui réussissait toujours , pourquoi s’amuse-t-il à rapporter des faits particuliers, si ce n’est parce qu’il se défie de lui-mème , ou qu’il aime mieux tromper le public sur quelques points, que sur tous en même temps (i)?

(i) Il semble que l’Auteur en cet endroit n’a pas fait assez d’attention aux avantages que peuvent procurer des observations exactes et fidèles qui sont le principal fondement de la Pathologie et de la Thérapeutique. L’expérience qui forme l’essentiel de l’art , n’est que le résultat de quantité de pareilles observations faites par soi-méme , ou par d’autres , et la Médecine leur est beaucoup plus redevable de son avancement , qu’à toutes les découvertes physiques' et à toutes les hypothèses ingénieusement inventées : car il arrive journellement dans le cours des maladies plusieurs choses qui , étant soigneusement observées , contribuent beaucoup à nous diriger en semblables cas , quoiqu’on ne puisse peutêtre en rendre raison d’une manière satisfaisante.

Mais , pour rendre ces observations vraiment utiles , j’avoue qu’elles doivent être écrites avec beaucoup plus d’exactitude qu’on ne fait ordinairement , et qu’il ne faut omettre depuis le commencement de la maladie jusqu’à la fin , aucune circonstance tant soit peu importante , soit par rapport au cours de la maladie , soit par rapport à la méthode curative qu’on a employée , ayant soin de spécifier les remèdes qu’on a donnés chaque jour , et les effets qu’ils ont eus , et d’exposer dans un grand détail le régime , etc. Entre les observations que nous ont laissées les Anciens et les Modernes , il y en a beaucoup qui sont si défectueuses , qu’elles ne méritent pas le nom d’observations , mais qu’elles doivent plutôt être ap-

DE L’AUTEUR. xxxiij

Le plus médiocre praticien n’ignore pas combien il est aisé décrire de gros volumes d’observations particulières , et combien , au contraire , il est difficile d’établir, pour quelque maladie que ce soit, une méthode sûre et immanquable de guérison. Si un seul Médecin dans chaque siècle avait fait cela pour une seule maladie , il y aurait bien des années que l’art de guérir, qui est la vraie Médecine, serait arrivé à sa plus haute perfection , du moins autant cpie le permet ^la faiblesse humaine. Mais tel est notre malheur, que depuis long-temps nous avons abandonné les sages leçons d’Hipprocrate et l’ancienne méthode de traiter les maladies, qui est fondée sur la connaissance des causes prochaines et manifestes. De là vient que la Médecine , sur le pied qu’elle s’exerce aujourd’hui ç est plutôt un art de discourir, que de guérir , n’étant appuyée que sur de vains systèmes.

Mais pour qu’on ne s’imagine pas que cette Oû we sauaccusation est sans fondement, cj'u’il me soit permis de faire une petite digression , afin de gnées. montrer que les causes éloignées dont la recherche fait l’unique occupaticn de ces hommes curieux qui, par de vaines spéculations, se flattent de pouvoir les découvrir , sont entièrement incompréhensibles et impénétrables , • et qûe les causes prochaines et conjointes ou immédiates étant les seules que nous pouvons connaître, sont aussi les seules qui peuvent nous fournir des indications curatives.

pelées des morceaux d’ ohseivations , et qui ordinairement servent de peu ou de rien du tout pour guider le Médçcin praticien dans' la véritable méthode curative.

Raisons qui le prouvent.

PRÉFACE

i8. îl faut donc observer que si les humeurs se trouvent retenues dans le corps plus longtemps qu’il ne convient , la nature ne pouvant les atténuer, ni les évacuer; ou bien, si par telle ou telle constitution de l’air elles contractent un état morbifique; eu,, enfin, si elles viennent à être infectées de quelque virus contagieux qui les corrompe, elles ne manquent pas alors de s’altérer essentiellement, d’acquérir une qualité qui se manifeste par des symptômes propres et particuliers ( i ) : et quoique ces symptômes, lorsqu’on n’y est pas bien attentif, semblent venir ou de la nature de la partie que riiumeur occupe, ou de la nature" de l’humeur même avant qu’elle eut subi cette altération , ils sont néanmoins réellement les effets du vice essentiel que l’humeur a contracté depuis peu; en sorte que toute maladie spécifiaue est une affection qui provient d’une exaltation ou altération spécifique de quelqu’une des liqueurs du corps animé.

Cn peut comprendre sous ce genre la plupart des maladies qui gardent un type constant et uniforme. En effet, la nature en les produisant et en les terminant, ne suit pas moins une méthode fixe, que lorsqu’elle produit des plantes ou des animaux ; et comme chaque plante et chaque animal ont des qualités propres et particulières , il en est de même de chaque humeur qui a subi une altération essentielle. On voit

(i) Ou, pour parler plus clairement, les liumeurs , par quelqu’une des causes susdites , subissent une altération qui produit une maladie accompagnée de symptômes particuliers, lesquels proviennent de cette altération , et sont conformes à la nature de la maladie qui en résulte.

DE L’AUTEUR

tous les jours un exemple bien sensible de cette vérité dans différentes excroissances qui surviennent aux arbres et aux arbrisseaux sous la forme de mousse , de gui, de champignon , et d’autres choses semblables, soit par la corruption et la dépravation du suc nourricier , soit par d’autres causes. Or , toutes ces excroissances sont des plantes essentiellement différentes de celles qui les produisent.

19. Maintenant, quiconque examinera sérieusement et avec une grande attention les phénomènes qui accompagnent la fièvre quarte, par exemple, savoir cju’elle attaque presque toujours à l’entrée de l’automne, qu’elle garde immanquablement un ordre et un type certains, que ses accès reviennent de quatre en quatre jours avec autant de régularité qu’on en voit dans les mouvemens d’une horloge ou d’une pendule, à moins que quelque cause extérieure ne trouble cet ordre ; qu’elle commence par un frisson assez considérable, suivi d’une chaleur proportionnée , laquelle se termine par une sueur abondante; qu’enfin , dans quelque sujet que se rencontre celte fièvre , on peut rarement la guérir avant l’équinoxe du printemps : quiconque, dis-je, examinera tout cela attentivement, trouvera d’aussi fortes raisons pour croire que cette maladie est un être spécifique, que pour croire c[u’une plante est une substance qui naît, qui fleurit, et qui périt toujours de la même manière, et qui , dans tout le reste 3 éprouve ce qui est conforme à sa nature.

Il n’est pas aisé de concevoir comment la fièvre quarte pourrait provenir d’une combinaison de principes ou qualités manifestes , taudis qu’une plante, de faveu de tout le

Autre preuve tirée de la lièvre quarte.

sxxvj PRÉFACE

monde, est nne substance réellement distincte de toute autre. Je conviens néanmoins qu’au lieu que les espèces des animaux et des plantes subsistent chacune par elles-mêmes, à l’exception d’un très-petit nombre, les espèces des maladies dépendent au contraire des humeurs qui' les produisent.

ifs Maladies ^o. Mais quoiqu’il semble certain , par ce guéries, quoi- qui a ctc uit , quc les causes de la plupart des qu'on ne puis- soiit entièrement incompréhensibles et

SS découvrir . i* i i -i » • i

leurs causes inexplicables , il ne sen suit pas pour cela doiguees. qu’oii lie puisse guérir les maladies. Ce que nous disons de leurs causes regarde seulement les causes éloignées. Eu effet , il est aisé de voir que ces spéculatifs curieux qui s’amusent à rechercher de pareilles causes, et qui veulent , bon gré, malgré, et en dépit de la nature, les découvrir et les expliquer , tentent l’impossible , en meme temps qu’ils méprisent les causes prochaines , conjointes et immédiates , les seuiec néanmoins qu’il soit nécessaire de connaître , et que l’on peut connaître en effet sans le secours de ces vaines spéculations, puisqu’elles se présentent clairement à l’esprit, ou qu’elles ont été découvertes il y a déjà long-temps , soit par le témoignage des sens , soit par des observations anatomiques.

Il est absolument impossible qu’un Médecin connaisse les causes morbifiques qui n’ont aucun rapport avec les sens; mais aussi cela n’est-il pas nécessaire. Il lui suffit de savoir quelle est la cause immédiate de la maladie , quels en sont les effets et les symptômes, pour être en état de distinguer exactement cette maladie d’avec une autre qui lui ressemble. Dans la pleurésie, par exemple, on aurait beau se

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tourmenter pendant long-temps , on ne viendrait jamais about de découvrir en quoi consiste précisément cette altération vicieuse du sang, laquelle est la premiere source du mal. Mais celui qui connaîtra bien la cause immédiate qui la produit, et saura la distinguer exactement de toute autre maladie, réussira sûrement à la guérir, quand meme il ne s’amusera pas à une vaine et inutile recherche des causes éloignées. Tout cela soit dit en passant.

21. Quelqu’un pourrait demanderYmaiiitenantsi, outre une bonne Histoire des maladies, et une méthode sûre pour les traiter, deux choses qui manquent à la Médecine, il n’en faut pas encore une troisième , qui est de trouver des remèdes spécifiques. Je réponds que je le pense ainsi: car , quoique la méthode me paraisse extrêmement convenable dans le traitement des maladies aiguës, parce que, la Nature employant toujours quelque évacuation pour les guérir , toute méthode qui aidera la Naiiire dans une telle évacuation, contribuera nécessairement à la guérison : néanmoins il serait à souhaiter qu’on pût guérir plus promnlement les malades au moyen des spécifiques , s’il est possible d’en trouver; et ce qui est encore plus important, qu’on pût éviter les malheurs qui arrivent , lorsque la Nature , nonobstant les puissans secours que lui donne un habile Médecin , s’égare , malgré elle , en s’efforçant d’évacuer la cause de la maladie (i).

(i) Le défaut de spécifiques dans la Médecine est un mal dont on se plaint depuis long-temps , sans qu'on ait pris assez de soin pour y remédier. Le peu de spécifiques que nous avons , seraient beaucoup plus sûrs , si l’on avait

Spécilî'|iie*

maiiquent à 1% Médecine.

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PRÉFACE

n manqüe ^2, Pour ce qui regarde la guérison des maladies chroniques, quoique je ne doute nulleles maladies ou’on nc puissG , par la méthode seule ,

chroniques. ■*' i j.

€11 soin d’observer et de marquer exactement leurs effets dans toutes les différentes circonstances où 011 les a employés* Par ce moyen , nous aurions des règles pour savoir quand €t comment il faut les donner , et quelles précautions il faut prendre pour les rendre plus utiles. Souvent les meilleurs remèdes ne réussissent pas , et cela uniqement faute d’être administrés avec la sagesse necessaire r car , suppose qu ils n’aient souffert aucune altération pour avoir été gardés , ou pour avoir été mal préparés , il est evident qu ils doivent toujours produire des effets semblables dans des circonstances qui sont à peu près les mêmes ; s^il en arrive autrement , ce n’est pas la faute des remèdes , mais cela vient de ce qu’on les donne mal à propos , sans distinguer exactement les cas où ils conviennent.

Il est certain qu’un véritable spécifique est d un si grand prix , que celui qui , par de soigneuses recherches en découvrirait un seul dans toute sa vie , serait amplement récompensé de ses peines. Pour y procéder avec quelque espérance de succès, il serait bon, i.o d’avoir une idée nette de ce qu’on entend par un spécifique que l’on peut définir ; « un î> remède qui , par une vertu singulière dont il est doué , 5> guérit ou soulage infailliblement une maladie particulière ,

étant donné , autant qu’il est possible , dans les mêmes cir» * constances ; » ?.« d’établir des règles pour diriger méthodiquement le Médecin dans ses recherches , et dans la manière de faire des expériences convenables , sans risquer sa réputation , et nuire au malade. C’est dans cette vue qu’il faut étudier la Philosophie naturelle et expérimentale , la Mécanique , l’Anatomie , la Botanique , la Chimie , etc. L’on peut aussi tirer de grands secours de l’Anatomie et de la Médecine comparée : 3.o il faudrait marquer soigneusement et fidèlement le bon et le mauvais succès d’un spécifique dans les différens cas où on l’emploie , sans omettre la moindre particularité ; en sorte qu’on puisse avoir une idée juste de l’efficacité ou de l’inefficacité de ce remède, et que par conséquent les Médecins soient encouragés à y avoir recours dans les cas pareils , ou sachent qu’il doit être rejeté. Une partie de cette note est prise de Baglivi: Voyez cet Auteur, Frax^ Med. p» 2.24 ? etc.

DE L’AUTEUR

y mieux réussir qu’on ne s’imaginerait d’abord, cependant il n’est que trop vrai que , dans quelques-unes , meme des plus considérables , la méthode est insuffisante. Ce qui vient principalement de ce que la Nature n’a pas de moyens aussi efficaces dans les maladies chroniques, que clans les aiguës, pour évacuer la matière morbificpie , et pour c|ue nous puissions , en l’aidant et en la dirigeant , venir à bout de la maladie.

Un vrai Médecin est celui qui guérit radicalement une maladie chronique, en détruisant, par un remède paticulier, l’espèce de la maladie ; et non pas celui qui ne fait autre chose qu’introduire une nouvelle cpiaîité en place de la première, ce cjui peut s’exécuter sans détruire l’espèce. Par exemple , on peut échauffer ou rafffaîchir un goutteux , sans que la goutte soit guérie, ni meme diminuée. Une méthocie qui introduit simplement des qualités différentes , ne guérit pas plus immédiatement les maladies spécifiques, que l’épée n’éteint le feu. En effet, qu’est-ce c^ue la chaleur, le froid , l’humide ou le sec , ou quelque autre des secondes qualités qui dépendent de ces premières , peaveni faire pour la guérison d’une maladie dont l’essence ne consiste dans aucune de ces qualités?

2 3. Si quelqu’un objecte que nous connaissons déjà depuis long-temps un assez grand nombre de remèdes spécifiques , je répondrai que si on examine les choses avec attention , on sera persuadé du contraire , puisque nous n’avons de vrai spécifique que le quinquina: car il y a une différence infinie entre les médicamens spécifiquement propres à remplir une indication curative, laquelle étant remplie.

Î1 y a moins de spécifiques qu’oa ne croit.

xl PRÉFACE

le mal se trouve guéri, et les méflicamens qui guérissent spécifiquement et immédiatement telle ou telle maladie , sans avoir aucun égard à telle ou telle intention curative.

Par exemple , le mercure et la racine de salsepareille passent pour des spécifiques de la vérole. Cependant ils ne doivent pas être re-. gardés comme de vrais et propres spécifiques, à moins qu’on ne prouve , par des exemples inc n testables, que le mercure a guéri la vérole, sans exciter la salivation , et la salsepareille sans exciter de sueurs (r|.

Il y a des maladies qui se guérissent par d’autres évacuations. Toutefois les remèdes qu’on y emploie , et qui causent proprement ces évacuations , n’opèrent pas plus immédiatement la guérison de ces maladies , que la lancette n’opère celle de la pleurésie. Or, je crois que personne ne dira que la lancette est le spéci- Oaenpour- fique de la pleurésie, rait découvrir La découvcrtc des remèdes spécifiques,

(i) Cette idée me paraît outrée. Je ne vois pas de bonne raison pour exclure du nombre des remèdes spécifiques le mercure dans la vérole , le lait dans un certain degré de la phthisie , l’opium dans les douleurs , le savon dans certaines espèces de jaunisses et dans le calcul , les gommes fétides dans certains accès hystériques , le sel volatil de vipère dans la morsure de la vipère ; car tous ces remèdes semblent être spécialement propres à guérir les maladies susdites , ou du moins à les diminuer*

D’ailleurs , avancer qu’une infinité d’hommes savans et infatigables n’ont pu venir à bout , par leurs travaux réunis , de découvrir un seul spécifique , c’est plus qu’il n’en faut pour détourner l’homme le plus hardi d’une recherche si peu propre en apparence à le dédommager de ses peines. En effet , si le quinquina est le seul spécifique qu’il y ait, cette découverte est le fruit du hasard , et non de l’etude et de rexpéricnce.

DE L’AUTEUR

connues.

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dans le sens que nous l’entendons, n’est pas le partage du premier venu , ni des esprits '

paresseux. Je ne doute pas néanmoins que dans nette abondance de biens et de richesses dont regorge la nature , le Créateur , qui veille à la conservation de ses ouvrages , n’ait pourvu à la guérison des maladies les plus considérables qui affligent le genre humain , en formant des spécifiques qui soient à portée de chaque homme . et dans son pays natal.

En vérité , il est fâcheux que les vertus des , venus

^ . 1 ^ des plantes

plantes nous soient encore si peu connues ; sont encore car je les regarde comme la plus excellente portion de toute la matière médicale ; et c’est dans le règne végétal qu’il y a le plus d’espérance de pouvoir découvrir les remèdes spécifiques dont nous venons de parler. Les parties des animaux semblent avoir trop de convenance avec le corps humain , et les minéraux semblent en avoir trop peu. Aussi j’avoue volontiers que les minéraux remplissent plus puissamment les indications , que ne font les piaules ou les remèdes tirés des animaux. Mais ils ne guérissent pas par une vertu spécifique dans le sens et de la manière que nous avons dit. Pour moi, qui , depuis quelques années , ai cherché avec des peines et des soins infinis des remèdes spécifiques , je n’ai pas eu le bonheur de faire dans cette matière aucune découverte que je puisse proposer au public avec une juste confiance (i).

(i) Cette plainte n’est pas aussi Lien fondée maintenant, qu’elle pouvait rélre du temps de l’Auteur , plusieurs habiles gens ayant beaucoup travaillé depuis ce temps là pour découvrir et établir plus sûrement , soit par l’analyse , soit

PREFACE

Exceîlens remèdes outre les plantes.

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25. Quoique je préfère les plantes à tout le reste de la matière médicale , je suis cependant bien éloigné de mépriser les exceîlens remèdes d’une autre classe qui, dans notre siècle ou dans quelque autre , ont été découverts par des gens également habiles et laborieux, et qui remplissent très-bien les indications. Le principal de ces remèdes, ce sont les gouttes qui portent le nom du Docteur Godard, et qui sont préparées par le Docteur Goodall, très-savant homme, et trèsversé dans la pratique de ia Médecine et dans la connaissance des remèdes. Je préfère ces gouttes à tous les autres esprits volatils , parce qu’elles me semblent remplir mieux les vues que l’on a en les administrant (ij.

par rexpérlence , les vertus des plantes. Néanmoins , si cette partié de la matière médicale était resserrée dans des bornes beaucoup plus étroites , et qu’on n’employât que des plantes dont les vertus fussent bien connues et autorisées , il y a apparence que la méthode curative se perfectionnerait extrêmement , parce que le Médecin ne serait pas embarrassé à choisir dans un si petit nombre de plantes : et que , par les essais qu’il se trouverait oblige de faire de ce peu de plantes qu’on jugerait mériter d’être retenues , il serait pleinement instruit de ce qu’elles peuvent ou ne peuvent pas opérer.

On peut ajouter que les plantes et les remèdes simples ont de grands avantages sur les composés. Ils sont plus sûrs , et on est moins sujet à s’y tromper , parce qu’il n’est pas si aisé de les falsifier. D’ailleurs on peut les donner en substance , ou du moins ils ne demandent que très-peu de préparations pour être employés , au lieu que les meilleurs remèdes composés sont souvent dénués de leurs vertus par de mauvaises préparations.

(i) Ces gouttes sont un esprit alkali huileux très-volatil, qui se tire de la soie , et que l’on vante beaucoup pour les convulsions qui viennent d’acidité j mai§ on tie s’eu sert guère aujourd’hui.

DE L’AUTEUR

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26. Enfin comme j’ai promis dans cette préface de donner un échantillon de ce que j’ai fait pour l’avancement de la Médecine , je vais tâcher d’accomplir ma promesse , en donnant l’histoire et la curation des maladies aiguës. Je vois bien qu’en faisant cela , je vais livrer à des paresseux et à des ignorans tout le fruit d’un travail assidu de corps et d’esprit que j’ai essuyé durant la meilleure partie de ma vie; et je connais assez la méchanceté de notre siècle, pour n’espérer d’autre récompense de mon travail, que des reproches et des injures : je sens bien aussi que jç me serais fait plus d’honneur en publiant quelque vaine et inutile spéculation. Mais tout cela m’est égal; et ce n’est pas ici bas que j’attends ma récompenserai).

L’Auteur publie une Histoire des maladies aiguës.

(i) Quoique notre Auteur ait si bien mérité du genre humain , il paraît néanmoins avoir eu raison de craindre que ses louables efforts pour servir les hommes , au lieu de lui attirer leur estime et leur reconnaissance, ne l’exposassent au contraire à l’envie des ignorans , à la haine des médians et au mépris des gens prévenus. Il n’attendait guère autre chose d’un monde ingrat , cfue des reproches et des outrages pour récompense de ses nobles et généreux travaux ; et peut-être ne s’est-il pas trompé. Voyez Sect, 5. Chap, 1* Jium, Lfi. p, 122 , et num, 5. /?. 108. et num, il^, p, 112.

Mais ce que la malice, l’envie et la préoccupation de quelques-uns de ses contemporains lui ont refusé pendant sa vie , lui a été abondamment restitué après la mort: car aucun Médecin , depuis le Grand Hippocrate , n’a eu une plus grande réputation que celle dont l’illustre Sydenliam a joui et jouit encore aujourd’hui. Son jugement , sa probité, sa sincérité sont généralement reconnus et applaudis. Les Médecins Anglais ont recours à ses écrits comme à un Oracle, et les étrangers ne parlent jamais de lui qu’avec les plus grandes marques d’eslime ; jusque-là meme que plusieurs l’appellent V Hippocrate Anglais, Nous nous trouvons bien de marcher sur ses traces y et je puis avancer ,

xÜT PRÉFACE

Il ne s’em- 2r,. Oti Tii’objectera peut-être que d’autres Méde-

narrasse que , ^ * i i

d’établir ses cins aussi verses que moi dans la pratique, ne* observations, pensent pas clc même sur cette matière. Je réponds.

que , sans m’embarrasser des sentimens d’autrui,, je cherche uniquement à établir la vérité de mes observations ; et pour celà je ne demande point: au Lecteur sa bienveillance, mais seulement sa patience : car il reconnaîtra bientôt si j’ai agi sincèrement et en homme ddionneur ; ou si, à. l’exemple d’un homme sans foi et sans probité j’ai écrit d’une manière à être, même après ma mort , homicide du genre humain. Tout ce que j’aurais à me reprocher, e’est de n’avoir pas écrit, avec toute l’exactitude que je m’étais proposée , l’histoire et la curation des maladies.

Je ne prétends pas donner un ouvrage pariait, mais animer ceux qui ont plus de génie que moi , et qui entreprendront à l’avenir un pareil ouvrage , à faire quelque chose de mieux.

Il donne ^8. Unc cliosc dont il me reste à avertir le Lec-

peu d’obser- , . , . , ...

vations parti- tcur , c cst quc JC H ai pas voulu grossir ce livre ruiières. d’unc multitude d’observations particulières, pour appuyer la méthode que j’y enseigne. J1 aurait été inutile et ennuyeux de répéter en détail ce que j’avais déjà dit en abrégé. Il m’a paru suffisant de joindre de temps en temps à chaque observation générale , du moins à celles des dernières années , une observation particulière qui

sans être Prophète, que nos successeurs s’en trouveront de même , et que , tant qu’il y aura des Médecins habiles et de probité , on ne se souviendra de notre Auteur qu’avec les plus grandes marques de reconnaissance et d’estime , et que sa Méthode de pratiquer sera toujours suivie.

DE L’ A U T E U E. xIt

contient le précis de la méthode précédente. Au reste; je puis assurtr que je ne propose aucune, métiiode générale qui n'ait été confirmée par des expériences réitérées.

29. On ne doit pas s’attendre de trouver ici rt peu ie un tas de remèdes ou ''de formules ; c’est au Médecin à les employer prudemment suivant le besoin : il me suffit d’avoir marqué les indications qu’il est nécessaire de remplir , avec l’ordre

et le temps dans lequel il faut les remplir. La Médecine-pratique consiste plutôt à connaitre les véritables indications , qu’à inventer des remèdes propres aies remplir ; et les Médecins qui n’y ont pas fait assez d’attention , ont fourni des moyens empiriques de devenir les singes de la Médecine.

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