‹ MédéeChapitre 30 sur 90 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Chez Cypris aux belles ceintures; Elles dirent les forfaitures Où se plaît sa malignité ; Qu'il est jaloux, fourbe, emporté; Que sans respect de rangs ni d'âges Il exerce ses brigandages, Et que les tristes cœurs humains Saignent dans ses atroces mains Comme des grappes déchirées...

Certe il est des heures dorées, Les baisers sont de doux instants, Mais on ne pouvait, plus longtemps, Endurer les âpres supplices Dont il fait payer ses délices, Et l'on souffrait plus qu il ne vaut.

Alors : « Je vois ce qu'il vous faut. Dit Cypris qui ressemble aux roses ; Pour accommoder toutes choses, Pour que vos jours sous Tor du ciel Coulent comme un ruisseau de miel, Le chasseur Amour qui vous blesse Sera, non plus dieu, mais déesse; J'en ferai le change pour rien. »

— Ah! Reine! gardez-vous-en bien, Dirent filles, femmes et veuves ; Car il nous cause mille épreuves Par mille tours de sa façon.

Le méchant et divin garçon ;

Mais que serait-ce — pêle-mêle Effrayant! — s'il était femelle!

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