ACTE II
Avions-nous des trésors ? avions-nous une armée ? Seul, au foyer des rois, sans doute on m'eût admis... I.a gloire de ta honte effrayait mes amis ! Mais j'implorai Créon, pour l'errante famille, Et souple, adroit, flattant le vieillard...
Et sa fille !
JASON
J'ai su d'un autre hymen, sans que mon cœur s'éprît, Faire un royal refuge à notre hymen proscrit.
Comme elle tisse bien sa toile d'araicfnée.
L'astuce qui lui fut par moi-même enseignée !
— Mais seuls, les soirs, dans l'ombre et dans les sourds
Que ne m'avouais-tu tes utiles desseins? [coussins.
JASON
A qui les eût rompus, il me fallait les taire.
Pourquoi, paré des fleurs de la noce adultère, Me les cacher encor, quand ils étaient remplis ?
JASON
Ces femmes, pénétrant ma ruse aux longs replis, En auraient averti Créon, qui tient ma vie. Son sceptre me fait peur.
Dis qu'il te fait envie !
D'ailleurs, tu réponds bien, et tu me fais honneur. Mais pourquoi, tous tes vœux n'allant qu'à mon bonheur, Nous chasses-tu, d'abord, de la terre où tu restes ?