ACTE II
Ton pouvoir triomphe d'un mortel.
Sur le thalanie d'ombre et d'or comme l'autel,
Je sèmerai, grâce à mon art jamais fanées,
Les fleurs, printemps et deuil, qui, dans ma Colchos nées,
Furent de notre amour le lit rose et cendré!
O femme à qui les dieux succombent, je viendrai.
Tu viendras ! tu l'as dis ! Je te crois ! et, folie Ou sagesse, bonheur du moins, je m'humilie En les reconnaissants espoirs jamais éteints Que tu m'appartiendras comme tu m'appartins! Jason ! c'est bien Jason ! Qui parle de Médée Orageuse, et toujours en fureurs débordée?
Je suis très tendre, et n'ai, — j'en sais bien la raison D'autre fierté que d'être esclave de Jason !
Tu deviens plus déesse encore, d'être femme !
Oh! je connais les sûrs poisons et le dictame
Si doux, qu'il tue! et j'ai cueilli d'étranges fleurs.
Attendons. Je suis bonne en Toubli des douleurs,
C'est bien lui! les voici, les traîtres yeux de proie.
Qui me prirent, pour leur triomphe, et pour ma joie!
Voici dans ses cheveux d'or sombre, le chemin
D'extase, qui mena vers le meurtre ma main.
Voici le bras de son étreinte et de mes crimes.
Je sais que j'ai tué, je sais que nous sourîmes
Et, comme je t'avais au crime habitué,
Tu souriais bien mieux lorsque javais tué!
Je t'aime pour avoir, sous le Ciel que j'afïronte,
Gardé tout le profit où j'ai trouvé la honte;
Pour ma splendeur flétrie et mes forfaits déçus,
Et d'être, sous tes pieds qui marcheront dessus