‹ MédéeChapitre 79 sur 90 · LA SERVANTE DU PALAIS · texte numérisé non relu

LA SERVANTE DU PALAIS

que Miîdde, assise, le coude au bord de l'hémicyclo, écoute avec ravissement.

Vers la chambre où la vierge attendait le héros, Tes fils couraient pareils aux légers passereaux. Leurs innocentes mains sur ton ofirande unies Semblaient le règne heureux des querelles finies : On leur baisait les doigts, on caressait des vœux De concordes en l'or mêlé de leurs cheveux ; Et tous, nous les suivions, ravis, vers le Thalame. D'abord Creuse à voir ces fils d'une autre femme Timide, s'alarma, les yeux près de pleurer. Sans doute du chagrin que l'on pût comparer Son lit encore vierge à ta coucha féconde. Mais, lorsque le dessus de la corbeille ronde, Fut soulevé. Creuse aux yeux d'enfant sourit; Et les présents étaient si beaux qu'elle les prit. Une couronne au fond érigeait des étoiles; Elle mit la couronne et se vêtit des voiles. Elle arrangeait devant son image au miroir Ses boucles d'or sous l'or qui les firent valoir ; Elle allait et venait parmi le clair murmure Des gazes pour montrer tes dons et sa parure ; Elle riait en un fier plaisir ingénu

De pousser, d'un pied blanc, le long voile ténu,

Ou bien, tournant le cou, le coin de l'œil qui guette,

De voir la frange à sou talon levé...

IRION

Coquette !

Et j'aimais, ayant craint le meurtre ou le poison, Que Médée eût vêtu Creuse pour Jason.

Certes, je l'ai vêtue, et même ensevelie.

IIUON

Mais, alors...

Parle! Alors...

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