‹ Medee tragedie en trois actes et en versChapitre 18 sur 56 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Que fait le léopard, lorsqu’au fond des forêts,

Saisi d’une terrible et rugissante joie,

D’un bond, comme la foudre, il tombe sur sa proie, Ou’il l’emporte en son antre, et que là, dépeçant Membre à membre ce corps qui ruisselle de sang...

C R Ê l' S E , avec un cri d’horreur.

Ah !

MÉDÉE, avec dédain.

Que disiez-vous donc que vous étiez jalouse ?

CREUSE, avec le plus jrrand trouble.

Pardonnez!... J’en conviens, votre fureur d’épouse, Votre voix, vos regards, tout me glace d’effroi,

Et cependant vers vous je reviens malgré moi.

Avec une sorte do terreur.

Notre conformité de destin, continue!...

Comme vous je déteste une femme inconnue !

Vous !

MEDEE

CREUSE

Par delà les mers elle a fui, je le croi,

Et pourtant son image est toujours devant moi.

MÉDÉE

Votre époux l’ainte encore?

CREUSE

Oh ! non ! il me l’assure !

MÉDÉE

Que vous importe alors?

CREUSE

Toujours je me figure

Qu'en dépit des déserts, des mers et des remparts, Elle va tout à coup paraître à mes regards !

Et que son art maudit, des philtres que j’ignore, M’arracheront vivante à celui que j adore...

MÉDÉE

Quelles terreurs d’enfant !

MfiDÊE.

CREUSE

Si vous saviez son nom !

M ÉDÉE.

Quel est ce nom fatal ? .

c RÉUSE.

Vous le dire?... Oh ! non ! non !

Parlez, vous.

MÉDÉE

J’y consens. Il est une merveille Dont le récit peut-être a frappé votre oreille :

La toison d’or!

CREUSE, avec un commencement de crainte.

Eli bien !

MÉDÉE

On vous parla souvent...

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