I.oxias bénit mes armes
O Créon! et je viens...
Creuse se cache la tète dans les mains en pleurant.
Mais que vois-je !... Des larmes!
Orphée est abattu, Créon silencieux...
Qu’est-il donc arrivé ?
ORTIIÉE.
Médée est en ces lieux !
JASON
Médée!...
CRÉON
Oui ! votre femme et vos deux fils !
JASON
CRÉON
Médée !
Elle accourt, de fureur et d’amour possédée!
Invoquant à grands cris et Thémis et Junon, Epouse légitime, enfin!... et ce seul nom T’enchaîne à son destin et rompt notre alliance !
JASON, avec force.
Du saint titre d’épouse invoquant la puissance, Médée espère en vain s’en armer aujourd’hui; Ce titre pour toujours lui promet mon appui, Ce titre pour toujours m’oblige à la défendre;
ME DÉE
Mais, ce devoir rempli, que peut-elle prétendre? Ses forfaits ont brisé notre hymen odieux,
Et je la répudie à la face des dieux !
cnÉoN.
Et tes lils ?
J A SON, vivement.
lîéni soit le dieu qui les ramène !
Car mon âme souffrait d’une incurable peine En pensant que mes fils, des petits-fils de roi, Erraient seuls, sans soutien, abandonnés par moi! Mais, en me les rendant, la clémence céleste Me permet d’expier un tort que je déteste.
Oui ! je réparerai ce cruel abandon !
A Creuse.
Et si vous consentez qu’ils soient vos fils...
CREUSE, avec joie.
Moi!
ORPHÉE, avec véhémence.
Non!
Elle n’y consent pas! Non, l’hymen qui s’apprête Ne peut pas s’accomplir !
, JA SON, marchant sur lui.
Misérable poète !
ORPHÉE, avec calme.
Frappe, si tu le veux! c’est le sort des Linus De mourir de la main des Hercule!...
C R É ON , arrêtant Jasou.
Phébus,
Phébus respire en lui, Jupiter le protège,
Qu’il parle, je le veux!...
ORPHÉE
Eh! comment me tairais-je.
Quand je vous vois tous deux, vous, si chers à mon cœur, Toi que j’honore en père, elle que j’aime en sœur, Appeler sur vos fronts la colère éternelle ?