‹ Medee tragedie en trois actes et en versChapitre 30 sur 56 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MÈRE K seule; puis MÉLANTHE ci LACAON.

MK l)É K, éperdue, marchant h grands pas.

Du sang! du sang!... briser, .torturer son cœur!... oui!... Quelque chose d’affreux... d’atroce... d’inouï!...

Un supplice inconnu de la nature humaine,

Enfin, qui soit égal, s'il se peut, a ma haine !

Au moment où Jason s'apprêtait à sortir du côte gauche, on a vu paraître au fond les enfants, qui n'ont pas osé s'avancer.

Mère !

LYCAON, s'avançant avec crainlc.

M F, D É E , duremont.

Que voulez-vous ?

LYCAON, en tremblant.

C’est nous... tes fils. . entends.

MÉDÉE

Les enfants de Jason ne sont pas mes enfants.

LYCAON

Tu ne nous aimes plus!

MÉDÉE

Non !

LYCAON, pleurant.

Oh !

.MÉDF.E.

Race funeste !

Laissez-moi ! je hais tout... vous plus que tout le reste! Parce qu’il vous créa, que je vous tiens de lui,

Que vous lui ressemblez !

L Y CAO N , avec crainte.

Oh ! qu’as-tu donc?

M É D É E , regardant retirant avec égarement.

Oui! oui!

Voilà ce front, ces yeux, qui me versaient l'outrage !

Tu me poursuivras donc même avec ton image,

O JaSOIl!... et tes fils... (Fendant en larmes et tombant assise.)

Tes fils? Non ! non ! les miens !

O mes consolateurs!.., mes amis! mes soutiens!

Venez ! que je vous baise et vous rebaise encore !

Qui?. . . moi !... j’ai pu vous dire . . O monstre ! je m’abhorre ! Amis! pardonnez-moi!... la douleur m’égarait !

Je suis si malheureuse ! O grands dieux! qu’ai-je fait?...

Avec lo plus do tendresse possible.

Moi qui vous aime tant, qui n’ai que vous au monde!

Moi qui ne vivrais pas une heure, une seconde,

Si les dieux de mes bras vous arrachaient!... Moi! moi! Vous haïr! vous chasser !... Misérable!... Et pourquoi ! Par haine contre lui? Folle et cruelle idée!..

Qu’étes-vous pour Jason, pauvres fils de Médée?

J’aurais brisé mon cœur sans eflleurer le sien.

Avec larmes.

Est-ce qu’il vous connaît! est-ce qu’il connaît rien?

A-t-il donc maintenant autre chose dans l’âme Qu’un souvenir, un nom, un amour .. cette femme...

Sa Créuse.. . (Poussant un cri comme frappée d'une idée subite.)

Créuse !... O ciel !... (Avec joie cl se levant.)

Mais oui ! c'est là

Qu’il faut porter mes coups pour l’atteindre ! voilà Le chemin de son cœur !... son tourment ! ma vengeance !

46 MÉDÉE

Allons ! allons ! du calme ! Et vous, faites silence, Transports qui troublez l’âme et l’empêchez d'agir, C’est l’instant de frapper et non pas de haïr !

LYCAON, à son frère.

Viens ! sa voix me fait peur !

U» sorlenl.

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