LEÇON TIRÉE DU PROPHÈTE ISAÏE, LX
Lève-toi, Jérusalem, reçois la lumière, parce que talumière estvenue, etla gloire duSeigneur s'est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre et une nuit sombre enveloppera les peuples. Mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire brillera dans tes murs. Les nations marcheront dans ta lumière et les rois dans la splendeur qui se lèvera sur toi. Lève les yeux et regarde : tous ceux qui sont rassemblés ici viennent pour toi : tes ûls viendront de loin, et tes filles se lèveront à tes côtés. Alors tu te verras dans Taffluence; ton cœur admirera, se dilatera, quand la multitude de la mer se tournera vers toi, et que la force des nations t'arrivera. Tu seras inondée par une foule ^de chameaux , par les dromadaires de Madian et d'Épha. Tous viendront de Saba Rapporter de For et de Tencens, et chanter les louanges du Seigneur.
Les paroles d'Isaîe sont pleinement accomplies en ce jour, où Gelni qui est la lumière étemelle a été manifesté aux nations par les Mages représentant la gentilité, comme les bergers représentaient dans la nuit de Noël et à la crèche de Bethléem le peuple .de Dieu. Le prophète dit à Jérusalem : La lumière t'est venue, la gloire du Seigneur s'est levée sur toi, parce qu'en effet depuis le commencement du monde la parole diyme a éclairé Israël, et voici que cette divine pa^ rôle ou le Verbe-Dieu, après l'avoir instruit en fivers temps et de différentes manières par les patriarches, par Moïse et par les prophètes, vient lui parler elle-même directement en la personne du Fils de Dieu fait homme , de Jésus-Christ. Gomme dans Tancien temps tous ceux qui n'avaient point reçu cette lumière du ciel restaient dans les ténèbres et dans la nuit, en ce qui concerne la destinée de l'homme et son avenir, ces grandes vérités qui dépassent ce monde ne pouvaient être pleinement manifestées que par la science révélée; ainsi aujourd'hui encore après dix-huit siècles de christianisme les esprits qui ne veulent pas la recevoir ou qui la repoussent, tombent dans la même obscurité, dans la même incertitude, et recominencent les mômes erreurs. Les chrétiens infidèles, ou qui ont perdu la foi, sont sous ce rapport dans le même état intellectuel et moral que les
païens qiri se Tavaient pas^ ayee cette eireonstance aggravante ^ terrible qu'ik ont méprisé le doB de Diea et abosé des grâees reçae».
Mais l'âme éclairée par les rayons de la ibi^ it* lominée par l'éclat iis. Verbe,' jouît ^jà par kt grâce des prémices de la gloire divine, et eXbe toit dans cette lumière, antazrt que cela est possible ici-bas, les mystères de la terre et du ciel. Tout ce que le prophète annonce ici à Jérusalem de son empire sur les nations, qui viendront lui apporter leurs hommages et leurs présents des extréndtéfl de la terre, s'est réalisé dans TÉglise catholique, ot la lumière .étemelle a posé son foyer terrestre pour illuminer le monde entier par renseignement et la propagation de TÉvangile. C'est le phare brillant qui éclaire la marche du monde et attire toutes les nations dans le port du salut. C'est le bercail du boa Pasteur, où il ras^ semblera jusqu'à la fin des siècles les brebis dispersées de tous les côtés ou en d'autres bergeries, pour qu'elles ne fassent plus qu'un seul troupeau et n'aient plus qu'un pasteur. C'est enfin la Jérusalem céleste , décrite avec tant d'éclat dans l'Apocalypse, dont la Jérusalem terrestre n'a été qu'une préfiguration, comme l'Église militante d'aujourd'hui, si magnifique qu'elle soit par son universalité, son autorité, sa sainteté et l'infaillibilité de son enseignement, n'en e^t encore qu'une
ébasdie en un reflet. G*%&\ encore^ dans le sens le pks restreint , tOBte âme chrédeime qui plaît à Bien par sa foi et où il fait ses délices d'habiter ; et nous pouvons lui dire aussi , avec le prophète : Lève-toi, âme fidèle, véritable fille de Sion, la iien-aimée de Fépoux céleste, sa Jérusalem chérie ; lève-toi et sois illuminée, car ta lumière est vânue, et la gloire de Dieu s'est levée sur toi!
Jésus étant né à Bethléem de Juda au temps du roi Hérode, voici que des Mages vinrent d'Orient à Jérusalem, demandant : « 05 est le roi des juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en orient, et nous sommes venus l'adorer. » Ce que le roi Hérode ayant entendu, il fut troublé et toute la ville de Jérusalem avec lui. Assemblant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il s'enquit d'eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : « dans Bethléem de Juda ; car il a été ainsi écrit par le prophète : « Et toi, Bethléem, terre de Juda, « tu n*es pas la moindre entre les principales « villes de Juda, car de toi sortira le chef qui
« conduira mon peuple d'Israël. » Alors Hérode ayant appelé les Mages en secret, les interrogea avec soin sur le temps où l'étoile leur était apparue ; et les envoyant à Bethléem il leur dit : « Allez et informez-vous exactement de cet enfant, et lorsque vous l'aurez trouva, faites-lemoi savoir, afln que j'aille aussi moi-même l'adorer. » Après avoir entendu le roi, lesMages partirent, et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue en orient allait devant eux, jusqu'à ce que, étant arrivée sur le lieu où était l'enfant, elle s'y arrêta. A la vue de l'étoile ils eurent une grande joie, et entrant dans la maison, ils trouvèrent Uenfant avec Marie sa mère, et se prosternant ils l'adorèrent , puis , ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et ayant reçu en songe l'avertissement de ne point revenir vers Hérode, ils retournèrent dans leur pays par un autre chemin.
Il y a deux explications sur la valeur symbolique des présents offerts par les Mages à l'Enfant divin dans la crèche. La plus ordinaire est celle qui rapporte l'offrande de l'or à la royauté de
Jésus-Ghrist) celle de Tencens à sa divinité, celle de la myrrhe à son humanité mortelle. Mais le pape saint Grrégoire en donne nne autr» (Homil. X, in Evang.) qui semble aussi plausible que la première, et est tout aussi édifiante. L'or, dit-il, désigne la sagesse, attestante Salomone qui ait: Thésaurus desiderabilis requiescit in ore sapientis^ un trésor précieux repose dans la bouche du sage. (Prov., XXI, 20.) En efiFet, les Mages sont les sages de rOrient, qui, au nom de la gentilité, viennent mettre aux pieds de Jésus la science et la sagesse du monde. Ainsi devons-nous faire à leur exemple par la soumission de notre raison à la foi, en subordonnant toute notre science à la parole étemelle, à l'Église qui Tannonce, et cela non par découragement et une sorte de dépit, de mau* vaise grâce, comme ceux qui ne se résignent à croire que parce qu'ils ne peuvent pas savoir; mais avec un amour humble et sincère, comme on offre un don précieux. Et quoi de plus précieux que notre intelligence! quel plus beau sacrifice que celui de notre esprit propre I
L'encens, qui brûle devant Dieu, exprime la vertu de la prière, suivant le témoignage du psalmiste, qui dit : Dirigatur oratio mea sicut incen^ swfa in conspectu tuo, que ma prière monte comme l'encens en votre présence. {Psalm. GXL, 2.) La prière est l'encens le plus agréable à Dieu, et il
est écrit dans l'Apocalypse que les anges reçoiyent dans des encensoirs d*or les prières des mortels qtti montent vers le ciel, et les présentent au trône Dieu. Plus la prière est profonde, dit Bossuet, plus elle monte haut, et les anges Taident à mon* ter en l'emportant sur leurs ailes, et suppléent par leur ferveur à notre mollesse et à notre distraction. L'encens, ou la prière de notre âme qui s'eihale devant Dieu avec amour, lui offre notre bonne volonté par Texpression ardente de notre désir de l'unir entièrement à la sienne.
La myrrhe exprime la mortification de la chair. C'est pourquoi la sainte Église dit de ses ouvriers, qui travaillent pour Dieu jusqu'à la m^ort : « Mes mains ont distillé la myrrhe.... Per myrrham '&ero Garnis nostrœ mortificatio designatur. Unde mncta Ecclesia de suis operariis ad mortempro Deo certantibus dicit : M anus mea distiilaverunt myr^ rham. » C'est l'offrande de notre vie mortelle et de tout ce qui s'y rapporte, soit de notre existence même par le martyre, s'il faut confesser à ce prix notre foi en Jésus-Christ ; soit des privations à supporter dans le corps pour affranchir l'âme du joug de la chair : privations des jouissances physiques par l'abstinence, le jeûne el autres mortifications, privations de nos biens *ou d'une partie de notre fortune par l'aumône et les bonnes œuvres.
PRATIQUE
Allons donc avec les Mages an berceau du Sauveur, lui offrant aussi Por, Pencens et la myrrhe, c'està-dire notre esprit propre afin qu'il soit remplacé par Pesprit divin, notre propre volonté pour qu'elle s'identifie avec la sienne, notre existence tout entière, en sorte que, suivant la parole de saint Paul, ce ne soit plus nous qui vivions, mais Jésm-Christ en
BÛOS.
PRiàns.
0 Dieu, qui en ce jour avez fait connaître et adorer votre Fils unique aux gentils, en leur donnant une Bwiyeîle étoile pour guide, accordez-nous par votre bonté que, vous connaissant âéjà par la foi, nous arrivions à contempler votre gloire ineffable. Par Jésus- CSrrîst, etc.
LE PREMIER DIMANCHE APRÈS L'ÉPIPHAÎilE.
ÊPITRE (aux Rom., XII, 1-5).
Je vous conjure donc, mes frères, par la miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hostie vivante, sainte, agréable à ses yeux, pour lui rendre un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais réformez-vous par le renouvellement de vos sentiments, afin que vous reconnaissiez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. Je vous exhorte donc, vous tous, par la grâce qui m'a été donnée, de ne point chercher à savoir plus qu'il ne faut, mais avec sobriété, et chacun selon la mesure de la foi que Dieu lui a départie. Car, comme dans un seul corps nous avons plusieurs membres, et que tous ces membres n'ont pas la même fonction, de même en Jésus-Christ nous sommes beaucoup qui ne formons qu'un seul corps, tous étant réciproquement membres les uns des autres.
On offre son corps à Dieu comme une hostie virante, sainte et agréable, de deux manières : d'abord en le réduisant en servitude (1 Cor. 9 IX, %1) comme il convient à sa nature, puisque, être sans raison, il ne peut que servir d'instrument à l'être intelligent et libre auquel il est uni. Il n'est donc dans l'ordre de sa création, que s'il obéit à toutes les directions de l'âme, comme l'âme à son lour doit se conformer en toutes choses à la volonté divine, et n'exercer ses facultés que pour la reconnaître et l'accomplir. En second lieu, comme par le péché l'ordre providentiel a été bouleversé dans l'existence humaine, ce qui a exalté le corps et ses appétits au-dessus de l'âme qu'il lend à dominer,. le chrétien ou la créature nouvelle, réformée ou restaurée, comme dit saint Paul {Rom.^ XII, 2), dans une nouvelle manière de sentir, doit faire violence au corps et à sa concupiscence, le maintenant sans cesse en bride par la privation , ou amortissant la fougue et l'ardeorde ses appétits par la mortification. L'Apôtre QOQs exhorte ici à gouverner notre corps de ces deux façons, et alors le culte que nous rendons à Ken sera digne d'un être raisonnable ; c'est-à-dire que notre religion, dans ses croyances comme ^sses pratiques, ne sera plus matérielle, sensuelle, dominée par l'imagination et les passions, comme celle des païens et des idolâtres , esclaves
de leur corps, et attachés par ses entraînements anx choses terrestres et anx élément du monde. Mais elle deyiendra spiritaelle , raisonnable , par la subordination des sens à 1 mtellig^Qoe, et rilfaimination de Tesprit par la parole de Dieu.
Néanmoins, tout en nous élevant ainsi au-desH sas du corps par la raison et par la science, ce qui fait la spiritualité de l'existence humaine, prenons garde de ne pas nous exalter par une trop grande confiance en nous-mêmes, résoltat ordinaire de la science de Fhomme, toujours portée à dépasser les limites de sa nature et de ses besoins. C'est pourquoi TApôtre dit ailleurs (1 Cor.^ yiH, 1) quie la science enfle, et qu'on ne doit pas cbercher à savoir plus qu'il ne faut {Rom. , XXII, 3) et que, quand il aurait toute la science du monde, au point de pénétrer tous les mystères, s*il n'avait la charité, il ne serait rien. (1 Cor.j XIU, 2.) Nous devons donc mettre de la sobriété dans notre désir de savoir, et la mesure en est indiqujée ici : c'est celle de la foi qui nous a été donnée. Il est impossible de dire plus clairement que la science humaine, quel qu'en soit l'objet, Dieu, l'homme ou le monde, n'est vraiment utiïe et sans danger que si elle est contenue dans les limités de la foi et réglée par elle, au moins dans ses principes, dans son esprit et son extension.
Et encore, nous fait entendre TApôtre par la dernière phrase de cette épître et par les Tersets suivants du texte, la science ne convient-elle pas à Um, dans fe corps que les chrétiens fonnent en JésQfrCiimst, et dont il est le chef? Car dans ttn oiganisme tous les membres ou oi^anes n'ont point la même fonction, quoiqu'ils coopèrent tous au bien de Tensemble. C'est pourquoi ils sont membres l'un' de l'autre, parce que, unis par les liens de la vie et y concourant chacun pour sa part, ils travaflllent en commun et se servent mutuellement. Cest ]a base solide de la morale sociale , ou la msm foncière des devoirs de l'homme envers ses semblables : base naturelle, puisque la nature ne ecmserve la vie aux existences qu'à cette condition de la mutualité de leurs parties constitutives; base rationnelle, parce que chacun doit en raison de ce qu*fl reçoit , et que , selon la stricte équité dans Qoe opération commune le bénéfice doit être réparti en prq>ortion du travail de chacun. Dans toute association vivante, naturelle ou artificielle, les parties qui la composent sont membres les unes des autres, et par conséquent liées et obligées Tmie envers l'autre par les conditions mêmes de h vie.
Lorsque Jésus eut douze ans, ses parents allèrent à Jérusalem jselon la coutume de la fête de Pâques. Puis, quand les jours de la solennité furent passés, tandis qu'ils s'en retournaient, Tenfant Jésus demeura à Jérusalem sans qu'ils s'en aperçussent. Pensant qu'il était avec quelqu'un de leur compagnie, ils marchèrent pendant un jour et ils le cherchaient parmi leurs parents et leurs connaissances ; et ne le trouvant point, ils retournèrent à Jérusalem pour l'y chercher. Or il arriva que trois jours après, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'admiration de sa sagesse et de ses réponses. En le voyant, ils furent saisis d'étonnement, et sa mère lui dit : « Mon Fils, pourquoi en avezvous agi ainsi avec nous? Voici que nous vous cherchions, voire père et moi, dans la plus grande peine. » Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé aux choses qui regardent
lesendce de mon Père? » Mais ils ne comprirent point ce qu'il leur dit; et il s'en alla avec eux à Nazareth, et il leur était soumis. Or, sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur ; et Jésus croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu Qt devant les hommes.
C'est à l'âge de douze ans que Jésus commença à enseigner ; et ses premiers disciples, ou du moins ceux qui entendirent les premiers sa parole, fnrent les docteurs de la loi, qu'il écouta d'abord, connue il convenait à son enfance, et qu'il interrogea ensuite, en faisant lui-même à ses questions des réponses dont la sagesse les remplit d'étonné* ment. C'est le premier signe de sa mission divine, qui est d'instruire, de guérir et de sauver les hommes, pour les réconcilier avec le ciel et les ramener à son Père. Aussi, tout Mitier à cette fonclion sacrée, pour laquelle il s'est fait honune et est descendu sur la terre, Jésus, le Verbe incamé, laisse partir ses parents, nous apprenant déjà, par ce détachement des liens du sang et de l'afTection naturels, que nous devons aimer Dieu par-dessus toat, et ainsi tout quitter, s'il le faut, pour son service. Sa réponse à sa mère confirme cette vérité : «Ne saviez-vous pas, lui dit-il, que je dois avant tout m'occuper des affaires de mon Père, c'est-à-
dire des choses du ciel, dont je suis desceodH pettr y fiadre remonter l'homme déchu? » Il déclare dooe nettement ici sa divine misàon, et comment il doit Taccomplir, en travaillant avant tout à procurer le salut des hommes et la gloire de Dieu, sans se laisser arrêter par les affections et les intérêts de la terre. Il enseigne par là à tous les chrétiens, enfants ou adultes, comment ils doivent se comporter vis-à-vis de leurs parents et au milieu de la famille, quand il s'agit du service de Dieu, et il a dit plus tard « Celui qui aime son père, sa mère, sâ femme , sa sœur, etc. , plus que moi n^est pas digne de moi. » (Matth., X, 37.) C'est pourquoi, quand Dieu appelte une âme en lui inspirant le désir de se donner à lui par les veeux de religion, afin de l'élever à la vie parfaite, celte âme, comme Jésus enfant dans le temple, doit préférer la parole divine et les vérités éternelles qu*elle en«e%ne aux joies et même aux devoirs de la famille. £He doit aussi rester dans le temple pour y entendre la voix du Fils de Dieu , même quand les siens la chercheraient avec inquiétude et la regarderaient comme perdue. Ce qui arrive presque toujours aux parents naturels, même à ceux qui ont de la foi, quand leurs enfants veulent les quitter pour Bien, afin de vivre de k vie de» anges dans le sacerdoce ou dans l'état religieux.
Cependant le service exclusif de Dieu et l*appel
XBEàS L'EPIPHANIE. 91
fœli^Qit, auquel en doit répondre sous peine de stfDiiaer sa Toeatios, aulorise cette séparation f a?ee les parents, et, sauf quelques cas particufias, exooère des devoirs que la famine impose. Ls^ehsétien doit répondre alors aux sollicitations jeb iannlle et du monde comme autrefois les ap5tresamc magistrats, qoi leur défendaient de parler désormais au nom de Jésus : « Non posmrmis (AcLy XLI, 20), nous ne pouvons pas. » Jugez vousmêmes s'il ne vaut pas mieux obéir à Dieu qu'aux l^mmes. Hors de là la nature reprend ses droits, ids ne sont plus, primés par des droits supérieurs, et l'enfant, en tout ce qui ne va point contre la volonté de Dieu et ses lois, doit obéir à ses parents. (Tdfit pourquoi il est ditque Jé^is retrouvé au^milieu des docteurs descendit avec Marie et Joseph, et retourna à Nazareth, où il leur était soumis. Ici c'est le Fils de l'Homme, le Dieu fait homme et aeeeptant les conditi<ms de rbumanité avec sa nature, qui se plie aux obligations de la famille et donne à tous l'exemple de l'obéissance filiale; tan- £s que tout à l'heure c'était le Fils de Dieu, la seconde personne de la sainte Trinité, le Verbe di?in, qui, rayonnant à travers la forme humaine, répandait la lumière étemelle par ses discours. Aussi est-il écrit qu'il croissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Ce qui veut dire que la sagesse divine qui était en lui,
qu'il était lui-même, se manifestait graduellement par sa parole et par ses actes, à mesure qu'il grandissait et opérait dans le monde : en sorte que la grâce, dont il était rempli par son union consubstantielle avec son Père, se répandait chaque jour plus abondamment sur les hommes pour les éclairer, les purifier, les délivrer du mal et les rapprocher de Dieu.
PRATIQUE
N'oublions pas le soin de notre vie éternelle au milieu des obligations et des soins de notre existence temporelle dans la famille et dans fa société. Les affaires de notre Père céleste et de notre salut sont les plus importantes, et doivent passer avant tout ; car à quoi Qous servirait tout le reste, si nous perdions notre âme.
PRIÈRE
Nous vous supplions, Seigneur, de recevoir avec bonté les vœux et les demandes de votre peuple, afin qu'il connaisse ce qu'il doit faire pour vous plaire, et qu'il mettre en pratique ce qu'il aura connu. Par etc.
£PITR£ (aux Rom., XII, 6-16).
Gomme nous avons reçu des dons différents suivant la grâce qui nous a été donnée, que celui qui a recule don de prophétie en use selon la règle de la foi; que celui qui est appelé au ministère administre ; que celui qui a reçu le don d'enseigner enseigne, d'exhorter exhorte. Que celui qui fait Taumône la fasse avec simplicité; que celui qui est à la tête des autres soit plein de sollicitude ; que celui qui fait les œuvres de miséricorde s'en acquitte avec joie. Que votre charité soit sans feinte. Haïssez le mal et attachez-vous au bien, vous chérissant l'un l'autre par une charité fraternelle, vous prévenant mutuellement par des témoignages d'honneur. Que votre zèle ne se relâche point; servez le Seigneur avec ferveur. Soyez joyeux par l'espérance, patients dans les tribulations, persévérants dans la prière, prenant part aux Bécessités des saints, pratiquant l'hospitalité.
94 DEUXIÈME DIMA.NCHE
Bénissez ceux qui vous persécutent. Bénissez et ne maudissez point. Réjouissez- vous avec ceux qui se réjouissent et pleurez avec cetrx qui pleurent. Soyez tous un dans un même esprit. N'aspirez point à ce qui est élevé, mais consentez aux choses les plus humbles. Ne soyez point sages à vos propres yeux,
L'Apôtre nous rappelle ici les devoirs principaux de la vie chrétienne. H y en a qui sont propres à diacun ou individuels : ce sont les devoirs à*état, déterminés d'un côté par vmô vocation ^)aécia]e jam. un appel de Dieu à remplir telld fanction, à £ettre telle chose en raison de l'aptitude ou des talaals qu'il nous a donnés, imposés de l'autre côté par la situation que nous avons acceptée ou que nous nous sommes faite , en sorte que notre responsabilité y est engagée, et que la Justice ainsi qm notre intérêt bien entendu veul^rt ^e news j fasâons droit. Les autres devoirs ézmmàsés ensuite sont généraux ou communs à twas les difétieofi dans toutes les positions de la vie<. «C'est d'ahwd la fidélité à servir Dieu avec ferveur^ sans paresse d"'esprit ou négligence, avec la Tiaîne du mal qui lui est contraire, et rattachement au bien, ou ee qui est conforme k îa loi. CTest ensuite la synorpa^ tliie poi£r le proebain, se réjoojtsssmt ou j^^iBmtt
APRÈS L*ÉPIPHANI£w 95
avec loi, ne loi rendant point le mal pour le mal, dierchant à le sonlager dans ses nécessités ou dans ses peines, le prévenant par des témoignages d'honneur et raimant d'une charité fraternelle qui ne maudit point, mais bénit au contraire ceux qui persécutent : ce qui est un conseil de perfection. C'est enfin ce qu'on appelle les devoirs envers soi-même, ou le gouvernement intérieur de notre personne : à savoir, le zèle à Caire ce qui est convenable, l'espérance qui ne se laisse point abattre par les difficultés ou les obstacles, la patience daiis les tribulations, la persévérance dans la prière, la modération dans les sentiments et les désirs, l'acceptation des choses les plus humbles etla^défiance de sa propre sagesse.
ETANGILE SELON SAINT JEAN, 11, Ml.
Trois jours après, il se fît des noces à Cana m GaHlëe, et la Mère de Jésus y était. Jésus îirt aussi invité avec ses disciples. Et le vin venant à manquer, la Hère de Jésus lui dit : « Us n'ont plus de via. » Jésus lui répondit : < Femme^ 9i*est-ce que cda lait à vous et à nooi? Mou beure n'est pas encore venue. » Sa lièane dit «IX servîleurs : < faites tout ce qu'il vous fira. » Or, il y avait là six grandes urnes de
pierre, pour servir aux purifications en usage chez les juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : « Emplissez les urnes d'eau; » et ils les emplirent jusqu'en haut. Alors il leur dit : « Puisez maintenant et portezen au maître d'hôtel. » Et ils lui en portèrent. Quand celui-ci eut goûté de cette eau changée en vin, ne sachant d*où venait ce vin (les serviteurs qui avaient puisé Teau le savaient bien), il appela l'époux et lui dit : « Tout homme sert d'abord le bon vin, et le moindre après qu'on a beaucoup bu; mais vous, vous avez gardé le bon jusqu'à cette heure. » Ce fut le prenaiier des miracles de Jésus, qu'il lit àCana en Galilée, et par là il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.
Saint Augustin {tract. 9 in Joan.) remarque que Jésus, en assistant aux noces de Cana, confirme par sa présence la légitimité du mariage, qu'il a élevé ensuite à la dignité de sacrement, en y attachant des grâces spéciales pour en accomplir les devoirs, en supporter les charges, en éviter les dangers. Son premier miracle, qu'il opéra en cette circonstance à la prière de sa mère, nous montre la sollicitude si indulgente de Marie pour
cenx qui manquent, et de l'autre sa douce influence sur le cœur de son divin Fis. Si elle a intercédé pour les gens de Gana, même sans qu'ils raient demandé et pour un si faible besoin, que ne devons-nous pas espérer de sa maternelle intervention pour nos œuvres et nos nécessités de tous les jours, nous qui avons le bonheur d'être ses enfants, puisque le baptême nou6 Ta donnée pour mère spirituelle en nous rendant les frères de Jésus-Christ ? Avec quelle confiance ne devonsnons pas invoquer dans nos peines celle qui prend si charitablement l'initiative dô la supplication en faveur des hommes, même pour leur procurer, conune à Gana, un surcroît de joie. La preuve de la puissance de son influence maternelle est dans la réponse du Sauveur et dans ce qui la suit. Il semble dire que la circonstance ne vaut pas un miracle, et qu'il importe peu à elle et à lui que les gens de la noce aient du vin ou n'en n'aient plus. Ce qui est le sens le plus naturel de cette parole qui a tant tourmenté les commentateurs : Mulier quid mihi et tibi est? Femme, qu'est-ce que cela fait à TOUS et à moi? » Il ajoute que son heure n'est pas encore venue, c'est-à-dire qu'il n'est pas encore temps, à cause des circonstances et des hommes, de manifester sa divinité par des miracles. Et cependant Marie, sans se découri^er, sûre de son amour pour elle, dit avec confiance aux serviteurs :
< Faites tout ce qa*il vous dira. » Et son £Is fait €Si effet ce qu'elle désire, et uniquement, on n'en peut douter, pour lui ^tre agoéable, puisqu'il lui avait donné les raisons de ne pas le faire. Dans la même confiance la sainte Vierge nous dit donc aussi, à nous, en présence de son divin fils : « Faites tout ce qu'il vous dira, » certaine qu'elle est que si nous acconfjplissons exactement la parole de Jésus- Christ et tout ce qu'il nous commande ou no«u5 iConseille, notre fidélité eKcitera sa puissance, qui opérera aussi des miracles en notre faveur et répandra ses grâces. sur nous et les nôtres. Enfin qui 9£ serait frappé du rapport admirable de ce premier miracle de Jésus, qui change l'eau en vin pour nourrir physiquement les hommes, avec son demer miracle, qui change le pain en son «oi^ et le vin en «on sang pour les soutenir spiniueUem«âat par le véritable aliment de rétemetle vie. La même puissance éclate des deux cètés ; car il y a dans l'un et l'autre miracle mutation de substance ou transsubstantiation, et celui4à seul <pii a opéé la substance par sa piuH)Ie peut aussi en «hangeor iainature. Or, assurément c'est une plus gDa&de œuvre de former une substance de nen que de faire qu'uae substance déjà formée en devienne une autre, et il n'^st pas raisonnable de ciar la transsubstantiation dans Teucbaristie , quand on admet sans difficulté k création ex nihiio
comme principe des êtres spirituels et matériels du
monde.
FRATIQTJE.
Adressons-nous avec confiance à la sainte Vierge poor obtenir par son intercession ee qui nous est nécessaire, utile, ou même agréable ; car elle a une immense influence d'amour sur le cobut de son divin fils. Toutefois n'espérons être exaucés par la bonté de la mère et par la puissance du fils, que si nous sommes bieû décidés à faire, quoi qu'il nous en coûte, tout ce qu'il nous dira.
PRIÈRE
0 mon aimable Jésus, puissé-je en vous reconnaissfôt pour mon sauvettr et mon Dieu vous aimer tous ks jours davantage, afin que votre amour, après avoir
été ici-bas ma seule joie véritable , me fasse jouir éternellement de vous dans le ciel.