‹ Médiations sur les épîtres et les évangiles des dimanches et des fêtesChapitre 81 sur 103 · L'EXALTATION · texte numérisé non relu

L'EXALTATION

Jésus-Christ ne reconnaît pour son disciple que celui qui, faisant abnégation de soi, prend sa croix, la porte tous les jours et le suit. Faut-il prendre cette parole à la lettre et monter comme Jésus au Calvaire avec une croix de bois sur les épaules? La croix est le symbole de tout ce qui traverse la nature, la fait souffrir, la mortiOe dans le corps, dans Te^^prit et dans le cœur. Le Calvaire est partout où nous sommes contrariés, tribulés. Partout la croix est devant nous, à côté de nous, en nous. Le monde est tout hérissé de croix; car nous y avons toujours à souffrir par notre volonté, par celle des autres ou par Jes circonstances. #

Mais la souffrance, inévitable ici-bas, est profitable, inutile, ou nuisible suivant la manière de la porter. Si c'est avec légèreté et en la secouant le plus vite possible, on n'en ressent qu'une douleur passagère qui ne sert de rien. Si c'est avec la colère de U mauvaise volonté, comme l'animal sans raison quand il est blessé, on l'augmente par l'irritation et on n'en retire aucun profit moral. Si c'est avec stoïcisme, se Toidissant contre elle par un sentiment d'orgueil ou de fausse dignité, on 's' épuise par un semblant de force qui n'a point de base, et on finit toujours par blasphémer la Providence : ce qui est mortel pour l'âme. La seule manière d'en profiter est de l'accepter en union avec Jésus-Christ , qui a consenti à souffrir et à mourir en la place de l'humanité coupable pour la racheter et la sauver. C'est l'esprit de la croix qui tourne Je mal en bien et fait sortir la vie

de la mort. Alors la douleur devient un bonheur, parce qu'elle est remède soit dans une épreuve envoyée par Dieu, soit pour l'expiation de nos péchés ou de ceux des autres. Heureuses les âmes qui, n'ayant pas besoin d'expier pour elles, souffrent pour les autres ! Elles ont la gloire de ressembler davantage à Celui qui a souffjft pour tous par une participation plus grande à son divin sacrifice. Mais le Seigneur dit qu'il faut porter sa croix tous les jours. Un acte de renoncement ne suffit donc pas. La volonté doit s'y résigner à chaque instant, toujours prête à s'immoler avec le Crucifié : ce qui est évidemment au-dessus des conditions de la nature, contraire même à tous les instincts de l'humanité, lesquels ne peuvent être surmontés et vaincus que par une force d'en haut ou surnaturelle, communiquée àl'âme régénérée par la grâce du Dieu fait homme.

PRIÈRE

0 mon Sauveur, vous avez promis d'attirer tout à vous du haut de votre croix, et votre promesse s* est accomplie par la conversion des nations et des pécheurs de tous les âges. Que la vertu divine de cette croix s'étende jusqu'à moi, et que par elle, devenu pénitent de cœur et d'esprit, je bénisse à jamais votre infinie miséricorde. Ainsi soit-il.

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