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PRATIQUE DE LA VACCINATION ANIMALE

d'ensemencement, à laide d'une pipette ou d'une palette. Comme vaccin d'ensemencement, la pratique a montré qu'il vaut mieux employer une pulpe venant d'une bonne récolte, et âgée de un à deux mois, car à cet âge elle donne de très belles pustules sans provoquer trace de suppuration.

L'opération terminée, la génisse est reconduite à son box. Dans beaucoup d'établissements, on laisse la peau ensemencée à l'air libre; ailleurs on la recouvre d'une couverture, ou d'une substance spéciale, la tegmine (Institut de Vienne, etc.), qui s'enlève facilement après quelques jours. Cette protection mécanique est toutefois plus dan ge reuse qu'utile.

Les stries d'inoculation chez la génisse évoluent comme la pustule vaccinale chez l'homme, mais en un temps plus court : au cinquième jour parfois un peu plus tôt ou plus tard), les pustules sont complètement formées, avec leur ombilication centrale, leur zone lymphogène argentée, leur auréole périphérique. Dès la fin du sixième jour, elles passent à suppuration ; aussi est-ce généralement au cinquième jour qu'on fait la récolte (fig. 5 et fig. 6).

Fig. 5. — Pustules de la région mammaire, Fig. G. — Pustules de la région thoraci que

5« jour. 5e jour.

Pour récolter le vaccin, l'animal étant couché sur la table d'opérations, on rase et on lave comme pour l'inoculation. On abrase la surface des pustules ; chacune d'elles est ensuite saisie à sa base à

l'aide d'une pince spéciale, à mors longs (pince de Cliamhon, par

exemple), et rapidement enlevée d'un seul coup avec une curette de Volkmann bien tranchante. On enlève ainsi en même temps la pulpe et la lymphe, avec un minimum de sang.

Le produit obtenu, recueilli dans nn cristallisoir el pesé, est mélangé à son poids de glycérine neutre, chimiquement pure, aban-

74 E. SACQUÉPÉE. — VACCINATION ANTIVARIOLIQUE.

donné au repos à la glacière pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures; puis broyé, dans un mortier, ou mieux dans un broyeur spécial (broyeurs Chalibaeus (fig. 7), Borrel, Latapie, Félix, etc.).

Le broyeur Chalibaeus, le plus répandu, donne des résultats suffisants. La pulpe vaccinale glycérinée est alors répartie en tubes, tubes capillaires ou tubes en doigt de gant ; les premiers sont remplis par aspiration, les seconds par l'intermédiaire d'une pipette, d'une seringue ou d'un instrument spécial ; les tubes capillaires sont fermés à la flamme aux deux extrémités, les tubes en doigt de gant sont bouchés à l'aide de bouchons de liège trempés dans la paraffine fondue. Le vaccin ainsi préparé est conservé à la glacière jusqu'à expédition ou emploi.

Au lieu de pulpe glycérinée, on prépare parfois du vaccin desséché. C'est la pulpe vaccinale pure, desséchée dans le vide en présence d'un déshydratant (acide sulfurique, chlorure de calcium, etc.). Cette poudre vaccinale aurait l'avantage de se conserver mieux que la pulpe glycérinée. Son usage est fort peu répandu.

État actuel de la vaccination en divers pays (1). — La cause de la vaccination est actuellement gagnée dans le monde civilisé. Presque tous les pays ont recours à la vaccination et à la revaccination obligatoires, appliquant ainsi les principes exposés ci-dessus : partout on a reconnu que l'obligation légale est une nécessité. Ce sont surtout les pays extra-européens qui restent réfractaires à la vaccine, et trop souvent fidèles à L'ancienne variolisation.

En Bavière, la vaccination est obligatoire depuis 1837; dans l'empire allemand tout entier, la vaccination (dans la première année) et la revaccinafion (dans la douzième année), sont obligatoires depuis 1874, avec nouvelles inoculations les deux années suivantes en ras d'insuccès.

lui Angleterre, la vaccination est obligatoire depuis 1867, avec la

Fig. 7. — Broyeur à vaccin.

(I) D'après Mi rzcER, Thèse ûe Lyon, L900. Bi uti Salètïs, Thèse de Lyon, 1901.

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