LOUIS MARTIN
Médecin en chef de l'hôpital Pasteur
Sérothérapie. — Définition. — La sérothérapie est le traitement préventif ou curatif des maladies par le sérum des animaux immunisés contre elles.
Jusqu'à présent on a tenté d'appliquer la sérothérapie à des maladies produites par des microbes, à savoir : le tétanos, le botulisme, la diphtérie, la peste, les strcptococcies, la dysenterie, le choléra, la fièvre typhoïde, la méningite épidémique, le charbon bactéridien et le rouget. On peut aussi obtenir des sérums actifs contre certains poisons d'origine végétale ou animale (abrine, ricine, venin de serpents).
Historique. — La sérothérapie a suivi les grandes découvertes pastoriennes sur les vaccinations par les virus atténués et par les toxines microbiennes. Toutefois l'idée de rechercher dans le sang des substances vaccinantes ou thérapeutiques est déjà ancienne.
Maurice Reynaud (1) avait injecté, à une génisse neuve, du sang d'un animal porteur de pustules de vaccin jennérien, arrivées au sixième jour; quatorze jours après, cette génisse fut vaccinée par scarification et ne prit pas la vaccine.
Plus tard, en 1888, Kichet et Héricourt (2), avec le sang d'un chien ayant subi quelques mois auparavant des inoculations de staphylococcus pyosepticus, inoculèrent trois lapins et, malgré que ces animaux fussent très sensibles à ce microbe, tous trois résistèrent. Après ces travaux, Richet et Héricourt étudièrent surtout les propriétés du sang des animaux réfractaires. Le 31 mai 1890. ils exposèrent les résultats obtenus avec le sang du chien, animal réfractaire à la tuberculose. Ce même jour, Bouchard et Gharrin, à la même Société, annonçaient que, dans la maladie pyocyanique, avec le sang ou le sérum des chiens, ils rendaient les lapins plus résistants. L'étude des propriétés du sang des animaux naturelle- Ci) Acad. des sciences, 1877, t. I.WXIV. p. 153.
(2) Acad. des sciences, 1888, i. GVII, p. 748,