TRAITEMENT DES ANGINES GRAVES
parition des fausses membranes, on a de la paralysie du voile du palais; plus tard surviennent différen tes paralysies d’origine centrale; en même temps existe de l’albuminurie tardive ; en résumé, malgré la sérothérapie, il n’est pas rare de noter des troubles tardifs d’origine toxique. Il est utile de refaire du sérum quand ils apparaissent; il faut en plus surveiller lemalade, le laisser au lit et au régime sans sel pendant trois ou quatre semaines, veiller au bon fonctionnement du tube digestif et, avec toutes ces précautions, le malade, malgré les complications, reprendra sa vie ordinaire après trois ou quatre semaines; car il est très exceptionnel d’avoir des paralysies assez sérieuses pour l’immobiliser plus longtemps.
Traitement des angines graves. — La gravité de la diphtérie dépend de plusieurs facteurs.
Une angine diphtérique normale non soignée peut devenir extensive, se propager au larynx ou envahir le pharynx, le voile du palais ; ce sont, en somme, des angines traitées tardivement; au point de vue sérothérapique, elles rentrent dans le cadre des angines graves.
Mais il est des cas, surtout pendant, les épidémies, où d’emblée la diphtérie est grave, etles fausses membranes se développent rapidement, non seulement sur les amydales, mais encore sur les piliers, sur la luette et même sur leviers postérieur de la voûte palatine-
De môme, si la diphtérie apparaît chez des personnes dont la muqueuse est infectée, si l’organisme est attaqué par le microbe diphtérique et en même temps par d’autres microbes comme le streptocoque, le staphylocoque, on aura une diphtérie associée qui évidemment évoluera avec des caractères spéciaux, et par le fait l’association microbienne prendra une certaine gravité.
Enfin la diphtérie peut emprunter sa gravité à l’état du sujet au moment de la maladie ; dans toutes les diphtéries qui succèdent àla scarlatine, à la fièvre typhoïde, à la rougeole, à la grippe, la maladie est grave.
Quelle que soit la cause de la gravité, la conduite à tenir est la même; qu’il s’agisse d’une angine traitée tardivement, d’une angine grave d’emblée, d’une angine associée ou d’une angine secondaire, il faut bien savoir que de très fortes doses de sérum peuvent seules sauver le malade. Dans ces cas, on devra, le plus tôt possible, injecter 40 centimètres cubes à l’enfant, 60 centimètres cubes à 1 adulte et même, chez l’adulte où l’opération est plus facile, on donnera 20 ou 40 centimètres cubes en injection intraveineuse.
Dans les formes que nous étudions, on sauvera rarement les jeunes enfants de moins de deux ans, qui meurent dans les premières
1 7 G LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.
heures qui suivent le traitement. Les enfants plus âgés peuvent survivre vingt-quatre à quarante-huit heures ; s'ils dépassent le premier jour, on doit renouveler l'injection et ne pas craindre d’abuser du sérum. Nous conseillons d’injecter 20 centimètres cubes pour les enfants, 40 centimètres cubes pour les adultes, tous les jours, jusqu’à la chute des fausses membranes, puis pendant une semaine, tous les deux, jours, 20 centimètres cubes. Avec ce traitement intensif, on aura quelques chances de sauver les malades.
Voici ce qui se passe lorsque le malade ne succombe pas rapidement: localement les fausses membranes se recroquevillent sur les bords, s’épaississent et tombent vers le troisième jour. Mais toujours une nouvelle fausse membrane se reforme ; ce n'est bien souvent que le huitième jour que la muqueuse se déterge complètement. Les ganglions, qui sont toujours très engorgés, diminuent de volume. La température peut rester élevée pendant quarante-huit ou soixante heures; mais le pouls est rapide au moins huit ou dix jours, puis il devient parfois irrégulier et vers la troisième semaine, il peut tomber à 50 et en même temps la température s’abaisse; d'autres fois, au contraire, vers la même époque, avec une température audessous de la normale, le pouls remonte à 100, 120. Toujours, lorsqu’on constate ces irrégularités, il faut injecter à nouveau du sérum au malade, car elles présagent des troubles généraux, des troubles nerveux qui souvent se terminent par la mort subite.
Dans ces formes graves, il faut constamment surveiller le fonctionnement des reins ; on trouve très souvent de l'albumine au début qui disparait quelques jours pour reparaître avec les troubles du pouls et de la température ; d’autres fois, la lésion rénale se traduit par de l’anurie, et le malade succombe vers le huitième ou dixième jour.
En résumé, dans la diphtérie grave, la sérothérapie peut améliorer l’état local, faire disparaître la fausse membrane ; mais il faut bien savoir que l’urémie, les paralysies, la mort subite guettent le malade. Il fauLle garder au lit six semaines au moins, le maintenir à un régime sévère, éviter toute intoxication d origine intestinale, et, après toutes ces précautions, quelquefois le malade guérira, tiè> souvent il succombera; car la sérothérapie antidiphtériqueest suilout unremèdequi prévient l’intoxication, mais ne peut laguéiii quand elle est produite.
11 faut bien savoir cependant que, même alors, le sérum est le si u remède eflieace. Comment agit-il? U nous est dillicile de le comprendre; mais il est certain que, dans bien des cas depaialjsiis graves, de nombreux auteurs, après Comby, ont pu améliotci
SÉROTHÉRAPIE DU CROUP, et sauver leurs malades en se servant du sérum donné à haute dose au moment des accidents. <. ir\e
Amygdalite phlegmoneuse diphtérique. - U est souvent
diiTde dire si un phlegmon de l’amygdale est ou non diphte-
Îiàr La question n’étant pas encore très connue, nous la présenterons avec quelques détails, car d’une intervention hâtive dépend vie dn malade : souvent même la marche sera tellementrap.de que
niri ltrpp tout it succombeia. , ,
D'après nos observations, on peut voir des amygdalites phlegmo-
neuses suppuréesse compliquer de diphtérie: dan^ ^ sans hésiter injecter du sérum, lorsqu’on voit apparaître une lausse
membrane sur une amygdale.
Les diphtéries peuvent simuler l’amygdalite phlegmoneuse ce fait a déjà été observé par llarald Ernberg, médecin de lhôpijal des contagieux de Stockholm. Après avoir perdu un de ses malades sans faire le diagnostic d’amygdalite diphtérique .1 a recherche la diphtérie dans les amygdalites phlegmoneuses et a pu en trom et trois observations. Notre attention a été aussi mise en eve 1 Pa. une erreur de diagnostic, et notre premier malade est mort depu nous avons réuni neuf cas de ce type dont sept sont décrits dans la thèse de Maire (1). Dans celte forme de la diphtérie, la ma. die de la maladie est excessivement rapide; il laut donc intei venu d’emblée avec de fortes doses. L’injection intraveineuse est indiquée comme dans les diphtéries les plus graves et, malgré tout, plusieurs malades mourront. Quand ils survivent, le gonflement de 1 amygdale disparaît sans suppuration et la maladie évolue avec tous . les accidents des diphtéries graves ; nous avons toujours observe cette foi me chez l’adulte, jamais chez l’enfant. Depuis que nous avons reconnu que la diphtérie peut compliquer ou simuler 1 amy gdalite phlegn o neuse, nous conseillons d’injecter du sérum antidiphtérique a toute
angine phlegmoneuse accompagnée d exsudât.
Croup - Le croup succédant le plus ordinairement a 1 angine, l’injection de sérum, en arrêtant l’évolution de la diphtérie diminue le nombre des laryngites ; c’est ce qui ressort de toutes les statis-
lT l’hôpital des linfants-Malades, avant la sérothérapie, le nombre des interventions était de 36 p. 100; d’après nos statistiques, dans ce même hôpital, depuis la sérothérapie, les interventions sont de 14 p 100; il y a donc eu une diminution de près des deux tiei s. Ln ville, cette diminution est encore plus marquée, et il est très
(1) Thèse de Paris, 1 9 0 i .
Médic. microbiens, 2” édit.
1<8 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.
rare de voir une angine se compliquer de laryngite diphtérique.
Loi.squ on donne le sérum après le début des accidents laryngés que le croup soit survenu d’emblée, ou qu’il ait succédé à une angine, à une rhinite, les résultats varient suivant la période de la maladie et aussi suivant l'âge des malades.
Sérothérapie à la période initiale. - Considérons le* (roipériodes classiques du croup; à la période initiale, alors quo la toux est rauque ou bitonale, que la voix est voilée, mais qu’il n existe pas encore de troubles respiratoires, il faut donner un peu plu« que la dose que comporte l’âge du malade; car on peut espérer arrêter l’envahissement du larynx, et par suite éviter toute intervention. En général, dans les premières heures qui suivent l'injection, le malade est un peu agité, la toux peut se calmer, mais les troubles de la voix persistent; vers la douzième heure jusqu’à la trente-sixième heure, on peut avoir un redoublement des symptômes et même des accès de suffocation. Voici ce qui se passe : sous l'influence du sérum, les fausses membranes se boursouflent, deviennent plus épaisses et de ce fait diminuent le calibre des voies aériennes: mais, il y a plus, l’enfant se trouvant gêné, la toux redouble, les fausses membranes se détachent en partie, parfois elles sont expulsées et, après un accès de suffocation, la respiration devient libre et le malade guérit sans intervention. D’autres fois, la fausse membrane, restant adhérente en partie, obture la glotte et on peut être obligé d intu \ enii , c est dans ces cas qu un essai de tubage peut suffire en provoquant l’expulsion de la fausse membrane par un véritable ramonage du larynx. De tout ce qui précède, retenons que toute injection de sérum provoque une réaction 'qu'il importe de prévoir, car il faut être prêta intervenir.
Lorsque les fausses membranes sont rejetées sans intervention opératoire, le malade se remet très vite; car, en général, les diphtéries qui se propagent aux voies aériennes ne sont pas très toxiques.
Lorsqu’on est obligé de tuber ou de trachéolomiser l’enfant, la maladie évolue vers la guérison et le tube ou la canule peuvent être le plus souvent retirés vers la fin du troisième jour.
En même temps que les phénomènes locaux s’améliorent, les autres symptômes diminuent ou disparaissent, la température baisse. le pouls cl la respiration diminuent de fréquence. Il faut bien savoir que la voix restera éraillée quelques jours encore; mais très rapidement la toux diminuera de fréquence et d'intensité. On évitera souvent 1 intervention en plaçant le petit malade dans une atmosphère saturée d’humidité ; toutes les fois qu’un malade présente des troubles laryngés, il faut immédiatement prendre celle précaution.
SÉROTHÉRAPIE A LA PÉRIODE ASPHYXIQUE.
Sérothérapie à la période de spasme. — Avant la sérothérapie, quand un croup s’accompagnait de troubles de la respiration, le médecin surveillait attentivement le malade pour savoir s’il devait intervenir, et de grandes discussions avaient toujours lieu lorsqu’il s’agissait de fixer le moment de l’intervention. Cela se comprenait, car la mortalité des trachéotomisés était de 70 à 80 p. 100. Depuis la sérothérapie, le tubage, à Paris du moins, a remplacé la trachéotomie, et la mortalité, pour le croup opéré, varie entre 10 et 15 p. 100. L’intervention étant devenue plus bénigne, nous dirons donc que, dans le croup, quand les accès de suffocation se rapprochent, quand le tirage sus-sternal s’établit, quand les sterno-cléido-mastoïdiens sont contracturés et font saillie sous la peau, il faut opérer l’enfant et le plus tôt possible; car il est préférable d’intervenir lorsque l’enfant n’est pas trop fatigué.
Quand on injecte du sérum à cette période, on est surpris de voir les troubles fonctionnels s’amender très rapidement, et cela s’explique facilement. On sait, en effet, que la contracture des muscles de la glotte joue un grand rôle dans le croup; très souvent, les suffocations sont dues à cette contracture, intermittente au début, permanente ensuite. 11 est certain que, sous l’influence du sérum, le spasme disparaît rapidement, et l’on peut voir après la sérothérapie, à la deuxième période du croup, quelques enfants guérir sans intervention opératoire.
On doit bien savoir cependant que les troubles que nous avons signalés à la première période, vers la douzième heure, sont encore plus fréquents et plus intenses, quand on intervient lorsque les accès de suffocation ont apparu, et alors, si l’on a différé l'intervention, le plus souvent on est obligé de tuber le malade au moment où les fausses membranes se détachent et obstruent mécaniquement les voies aériennes. Cette obstruction pouvant amener une obturation complète des voies aériennes, pendant l’absence du médecin, c’est une raison qui fait que nous conseillons le tubage dès que les troubles respiratoires apparaissent.
Quand le malade guérit sans intervention, tout se passe comme à la première période; il est donc inutile d’y revenir; mais nous pensons être utile au praticien, en indiquant rapidement les effets et les résultats de la sérothérapie après le tubage ou la trachéotomie ; nous les étudierons dans un paragraphe spécial.
Sérothérapie à, la période asphyxique. — Quand un malade est présenté au médecin à la période asphyxique, il faut aussitôt tuber ou trachéotomiser l’enfant et ensuite injecter de fortes doses de sérum, le double que comporte chaque âge. Le malade
180 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.
guérira si les accidents sont d’ordre mécanique, sans symptômes d’intoxication. On aura des insuccès si l'enfant est infecté ou si la diphtérie est associée; car alors, malgré le sérum, surviennent des troubles pulmonaires.
Diphtérie trachéohronchique. — Cette localisation est difficile à diagnostiquer; le plus souvent, c’est lorsque le malade rejette des fausses membranes ramifiées qu’on fait le diagnostic. Cependant, dans quelques cas, on remarque que l’inspiration est prolongée: le malade faitun grand effort pour introduire l’air dans ses poumons, il y a un obstacle que le tubage ne peut vaincre; on pense alors à la diphtérie trachéohronchique. Pour essayer de guérir le malade, il faut donner le sérum à haute dose et, tous les jours, renouveler 'injection tant que la fausse membrane n’a pas été rejetée. Dans quelques cas, les phénomènes dyspnéiques persistent trois et quatre jours; les fausses membranes sont éliminées peu à peu par effritement, et le malade peut guérir; il faut bien savoir cependant que cette forme est toujours très grave.
Diphtérie pulmonaire. — On sait que la diphtériepeut se localiser primitivement au poumon. Cela se voit lorsque l’épithélium des petites bronches a été détruit ou lésé par une maladie préalable. Chez l’adulte, nous l’avons observé à la suite de la grippe, et la diphtérie a eu une marche très rapide; les deux malades que nous avons suivis ont présenté du croup, à la période terminale. L’un est mort malgré une sérothérapie intensive, mais tardive; l’autre a vécu, mais on a dû faire un tubage, Ces cas sont, en somme, très rares et, leur diagnostic étant très difficile, leur traitement souvent tardif, les résultats de la sérothérapie sont ordinairement mauvais.
Sérothérapie et tubage. — Lorsqu'on est obligé d'intervenir pour éviter l’asphyxie, le tubage est l’opération de choix dans les hôpitaux. En ville, toutes lesl’oisqu'un malade pourra être surveillé par le médecin ou par des aides expérimentés, il faudra toujours commencer par le tubage.
Depuis la sérothérapie, il n’est plus question de laisser un tube à demeure pendant des journées et des semaines, mais jusqu a la chute des fausses membranes; or, vingt-quatre heures après le sérum, les fausses membranes cessent de se produire ; trois jours après, elles disparaissent dans les cas bénins ; il faut attendre cinq jours pour les cas plus graves. Le tube doit donc rester en place entre trois et cinq jours.
Uue se passe-t-il quand un malade qui a reçu du sérum a été tubé? Le plus souvent, tousles symptômes fonctionnels disparaissent immédiatement; s’il en est autrement, cela indique qu on a affaire
SÉROTHÉRAPIE ET TRACHÉOTOMIE.
à une trachéobronchite pseudo-membraneuse ou à une obturation du tube par une fausse membrane que le tube a détachée. On doit toujours retirer le tube quand le malade n’est pas soulagé, pour permettre l'expulsion de la fausse membrane (les injections d huile mentholée favorisent cette expulsion) ; puis on retube. 11 faut bien savoir que dans le tubage, au moment où la fausse membrane se détache, c’est-à-dire vers la douzième heure environ, il survient de la toux, quelquefois de la difficulté à respirer, qui lont prévoir une obturation du tube. Si la fausse membrane est rejetée, tout rentre dans l’ordre; quelquefois, c’est le tube lui-même qui est rejeté; d’autres fois, on est obligé de détuberpar la méthode de Bayeux.
Quand il n’y a pas de complications, en même temps que ces symptômes fonctionnels disparaissent, les symptômes généraux s’amendent, dans les heures qui suivent le tubage et la sérothérapie.
Pour bien suivre la marche de la maladie, après le tubage et la sérothérapie, il faut prendre avec soin la température rectale, le pouls et la respiration. Quand un malade va bien, les trois courbes doivent descendre et se rapprocher de la normale.
Si, après vingt-quatre heures, la température ne tombe pas, il faut refaire une injection de sérum. Si, après une amélioration, la respiration devient plus fréquente vers le troisième jour, c’est l’indice d’une complication pulmonaire; il faut redonner du sérum.
Dans les cas bénins, à la fin du troisième jour, si la température est à 370-37°, 5, le pouls à 90-100, la respiration à 40, on peut enlever le tube ; sinon il vaut mieux attendre, et dans les cas sérieux, ce n’est que le cinquième jour qu’on verra la température, le pouls et la respiration se rapprocher de la normale, et alors on pourra détuber.
Si, après le détubage, l’enfant ne peut se passer de son tube, il faut redonner du sérum et, le plus souvent après quarante-huit heures, on peut enlever le tube.
Sérothérapie et trachéotomie. — Depuis la sérothérapie, la trachéotomie ne se fait plus que dans des cas exceptionnels ; on a alors une mortalité plus considérable qu’avec le tubage ; mais, dans les cas normaux, la trachéotomie bénéficie de la sérothérapie ; car, après trois ou cinq jours, on peut en général enlever la canule et la plaie se ferme 1res rapidement. Les complications pulmonaires sont plus fréquentes qu’avec le tubage, mais certainement elles sont plus rares qu’autrefois.
Pour suivre la marche de la maladie, on doit, comme pour le tubage, se baser sur les trois courbes de la température, du pouls et de la respiration. Dans les premières heures, l’enfant respire bien d'abord, puis, après douze à vingt heures, il rejette des fausses
182 LOUIS MARTIN. — SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRIQUE.
membranes par la canule, et, après trente-six heures, des débris beaucoup plus petits sont seuls expulsés; le troisième jour, il y a encore des mucosités dans la canule interne, il n'v a plus de fausses -| membranes. S’il en existait, il faudrait refaire une injection de sérum , et laisser le tube jusqu’au cinquième jour.
Sérothérapie et bronehopneumonie après tubage ou trachéotomie. — Lorsque la bronchopneumonie existe, i! faut ji user d’une sérothérapie intensive.
De plus, nous conseillons d’associer au sérum antidiphtérique le sérum antistreptococcique et de donner, par exemple, le matin 20 centimètres cubes de sérum antidiphtérique, et le soir 20 centi- mètres cubes de sérum antistreptococcique.
Quand on traite des croups, secondaires à la rougeole, à la coqueluche, ou chez des enfants infectés, il est préférable de donner d’emblée les deux sérums, sans attendrel'apparition delà broncho- ■ pneumonie.
Sérothérapie et croup chez les très jeunes enfants. —
Presque toujours la diphtérie envahit le larynx des très jeunes enfants, et Richardière, en examinant des enfants de moins d’une année, a vu que, sur 47 diphtéries, il yavait 44 croups. Quand on intervient assez tôt, tous les symptômes s'amendent très vile. Mais le diagnostic est souvent des plus délicats ; aussi faut-il, dans toutcas suspect, injecter immédiatement20 centimètres cubes. Dans les familles où il y a de la diphtérie, il est préférable d injecter préventivement les jeunes enfants.
Récidives de la diphtérie. — Le sérum antidiphtérique est éliminé vers le troisième semaine ;par conséquent, dès ce moment, le malade, n’étant plus immunisé, peut avoir une récidive, et cependant il est très rare de voir la diphtérie survenir une seconde fois. Nous avons observé des récidives, les unes bénignes, les autres graves; nous avons même vu un cas mortel, malgré une sérothérapie intensive. En étudiant le mode d 'élimination du sérum, nous verrons que l’organisme élimine d’autant plus rapidement le sérum de cheval qu’il en a déjà reçu. Il faudra donc, dans les cas de récidive, surtout dans les cas graves, doubler et renouveler les doses. Les accidents sériques seront plus nombreux et plus graves. Pour éviter ces accidents, on a proposé d’injecter un sérum d un autre animal, par exemple du sérum antidiphtérique de mouton oudechè\ie.
Modifications «les principaux symptômes produites par la sérothérapie. —Nous venons d’étudier la marche générale de la
maladie dans les principales localisations de la diphtérie; pour être plus précis et plus complet, nous étudierons successivement les