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MODE D'ADMINISTRATION DU SÉRUM

oblenanl, dans les cas graves et parliciilièfCinenL dans la iincnnionic peslense des guérisons inospéires. Les (|uan(ilés injectées en une fois ne dépassaient pas alors 40 à GO centimètres cubes de sérum.

Depuis, tous ceux qui ont utilisé celte praliquis n"ont eu qu'à si; jouer des avantages qu'ils en retiraienl. Pennu, directeur de la maison (risolement de Buenos-Aires, a employé syslématiquemenl la voie intraveineuse pour le traitement de ses malades. 11 h^ur injecte d'emblée des doses massives, car il ne donn(! pas moins de 100 centimètres cubes dès la première injection, suivie vingt-quatre heures après d'une nouvelle injection de même quantité. Enfin, si l'état général n'est pas sensiblement amélioré, il a recours à une troisième injection. Sa statistique porte sur 204 malades et la mortalité no dépasse pas 14,2 p. 100.

Sur les indications de Cruz, directeur général de la sanlé publique au Brésil, cette pratique des injections intraveineuses à très hautes doses a été exécutée sur une vaste échelle et explique la très faible mortalité des pestiférés traités, comme on peut le constater dans les statistiques brésiliennes.

Par exemple dans le service d'Anlonino Ferrari, à l'hôpital de Sào-Sebastiào, sur 69 malades traités exclusivement par des injections intraveineuses de sérum, il y eut un pourcentage remarquable de 7,2 p. 100. On peut encore citer les résultats de Tavarès de Macedo dans la petite, mais très grave épidémie de Campos (1906), dont le premier cas était une forme pneumonique, passée inaperçue. Les trois médecins qui avaient été appelés près de ce malade et qui n'avaient pas reçu de sérum sont morts de pneumonie pesteuse. Tous les cas qui se sont présentés dans la suite au nombre de 15 et dont 7 étaient des pneumonies pesteusesprimitives, ont été traités par voie endoveineuse et à doses massives (100 à 350 centimètres cubes); trois seulement sont morts, soit une mortalité de 20 p. 100, et en supprimant un pesteux traité, mort moins de vingt-quatre heures après l'intervention, le taux s'abaisse à 13 p. 100.

On a aussi recommandé l'introduction du sérum par la voie intrapéritonéale pour remplacer la voie endoveineuse chez les cardiaques et chez les personnes dont le tissu adipeux rend impossible cette méthode d'administration. Elle a été employée pour la première fois chez l'homme par A. C. Fontès (1) à Rio-de-.laneiro. Comme valeur thérapeutique, bien que supérieure à la voie hypodermique,

(I) FoNTf;s, Viiccinarâo e sorolhci-opi;i aiitipestosas, Rio-do-Jancii'O, 1903.

-330 DUJArtDlN-BEAUMETZ. — SÉROTHÉRAPIE ANTIPESTEUSE.

(îllc osl loin (le valoir l'injecUon intraveineuse. Dans la sLalistiquii recueillie par A. Ferrari sur ses malades, il est facile de faire une comparaison siu- ces difféi-ents modes de traitement.

MODE d'i.N'TIIOUUCTION

TRAITKS

MORÏALrrK

Voie sous-cuLanuo

Voie intrapéritonéalc

Voie endoveineuse

Technique de l'injection intraveineuse.— Voici en quelques mots comment on procède aux injections intraveineuses. Calmelte et Salimheni préfèrent les veines de la face antérieure du poignet ou de la face dorsale de la main. Ces veines, facilement accessibles chez les personnes de race blanche, sont beaucoup plus difficiles à mettre ■en évidence chez les sujets à peau très pigmentée. Thiroux, dans ce •cas, recommande de choisir les veines de l'avant-bras qui reposent sur des aponévroses résistantes.

Le sérum qui devra servir tà ces injections sera d'une parfaite limpidité et tiédi d'avance. S'il contient un précipité albumineux, on prendra soin de le décanter ou de le liltrer sur ouate hydrophile stérilisée.

Après avoir fait une légère compression du bras pour bien faire saillir les veines, on introduira d'un coup l'aiguille dans la veine •choisie. La gouttelette de sang qui viendra sourdre à l'exlrémité libre de l'aiguille indiquera que l'on est bien dans le vaisseau, puis ■on adaptera la seringue remplie de sérum et purgée de toute bulle ■d'air. 11 n'y aura plus qu'à faii'e cesser la compression du bras et à pousser l'injection avec une exti'ême lenteur.

Une goutte de collodion, déposée sur la petite plaie faite par l'aiguille, servira de pansement.

La technique est donc des plus simples et cette voie d'introduction du sérum, môme à doses élevées, n'a jamais été la cause de suites ■opératoires graves, et c'est à elle que devront toujours et sans hésiter recourir ceux qui auront à soigner des pestiférés.

Action tliérapeutique du sérum antîpestcux. — L'action ■du sérum est évidente dans les manifestations de la peste. Sous son influence, les symptômes s'amendent. La prostration profonde et l'héhétude caractéristique que l'on observe chez le pestiféré diminuent

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