PARIS
LIBHAIRIE J.-B. BAILLIÈUK et FILS
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3CH00L OF MEDICINt.
UNiVERSlTY OF LEEDS.
PRÉFACE
La Thérapeutique est la synthèse et la conclusion de la Médecine. Si Platon admettait que la plus helle Science est la plus inutile, il nous apparaît, au contraire, qu'une Science est d'autant plus belle qu'elle est plus féconde et qu'elle a pour hut le soulagement des misères humaines. De fait, les plus éclatantes recherches de Médecine expérimentale, les plus subtiles analyses cliniques valent surtout par l'effort curateur auquel elles aboutissent.
Aussi la Thérapeutique, malgré ses incertitudes et ses tâtonnements, demeure-t-elle l'obsession du Chercheur et du Praticien. Aussi les Savants, môme les plus illustres, les Cliniciens, même les plus réputés, à qui nous avons fait appel, nous ont-ils chaleureusement donné leur concours : qu'ils en soient tous remerciés ici !
La Thérapeutique peut être envisagée différemment, suivant que l'on prend pour point de départ de son étude le Médicament, le Symptôme ou la Maladie. La Bibliothèque de Thérapeutique sera donc divisée en trois Séries convergentes, dans lesquelles seront étudiés
les AGENTS THÉRAPEUTIQUES, IcS MÉDICATIONS, IcS TRAITEMENTS. Chaque
sél'ie comprendra un certain nombre de volumes, indépendants les uns des autres et paraissant en ordre dispersé, mais dont la place est nettement déterminée dans le plan d'ensemble de l'ouvrage.
La première Série est x-elative aux agents thérapeutiques.
Elle comprend, comme une sorte d'introduction générale, VArt de formuler, dont l'importance s'acci oit par la publication d'un nouveau Codex et par les Conventions Internationales relatives aux Médicaments héroïques. Elle comprend aussi l'étude des Petites techniques thcrapeuliques médico-clnrwgicates.
L'étude des Agent:> physiques a pris, depuis quelques années, un développement considérable. Les diverses branches de la Physiothérapie offrent, par là morne, au Praticien, une série de ressources nouvelles. Qu'il s'agisse de Kindsilhcrapie, de Massage, d'Hydrothérapie, iV Électrothérapie, do B.adiothfira.ivic, ctc , tout médecin doit savoir appliquer, lui-même, les méthodes usuelles, el connaître le
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pi'incipo, les indications el les résultais des méthodes plus compliquées, qui i-eslent, nécessairement, confiées aux Spécialistes.
L'étude des Médicaments chimiques a fait, elle aussi, de grands progrès. Les Médicaments minéraux, dont on aurait pu croire la liste épuisée, ont récemment revêtu des formes nouvelles (combinaisons organiques, métaux colloïdaux), douées de nouvelles propriétés thérapeutiques. Quant aux Médicaments organiques, leur nombre s'accroît tous les jours ; déjà- quelques lois de pharmacodynamie permettent de prévoir leur action thérapeutique, suivant l'introduction de tel noyau ou de tel radical : qu'il s'agisse des sulfones cl de leurs propriétés hypnotiques, des ecgonines et de leurs propriétés anesthésiques, des anthraquinones et de leurs propriétés purgatives, le chimiste commence à jongler avec les molécules, et fabrique méthodiquement des médicaments synthétiques, comme il fabriquait déjà des couleurs ou des parfums.
Si les Médicaments d'origine végétale sont, de plus en plus, obtenus par synthèse, par contre de nouvelles plantes entrent, à leur lour, dans la matière médicale. La flore tropicale tient [)robablement encore en réserve bien des médicaments utiles.
Les Médicaments d'origine animale, fort employés jadis, puis fort ouhhés, ont été surtout étudiés depuis Brown-Séquard. Qu'il s'agisse de thyroïdine ou d'adrénaline, de pepsine ou de sécrétine, VOpothérapie utilise des produits fabriqués par l'organisme même, et supplée à l'insuffisance glandulaire en fournissant artificiellement au malade les substances qu'il ne fabrique plus. Il y a là tout un monde de corps et d'anticorps qui, vraisemblablement, feront la base de la Thérapeutique de demain.
Les Médicaments d'origine microbienne ont métamorphosé le traitement et la prophylaxie des maladies infectieuses. Ils peuvent conférer une immunité active grâce aux méthodes Pastoriennes de Vaccination, ou passive grâce aux méthodes de Sérothérapie, par lesquelles, après Ch. Richet, après Behring et Roux, on utilise les humeurs d'animaux chez qui l'on a provoqué préalablement la formation d'anticorps. On peut aussi, avec Metchnikoif, faire de la Bactcriothérapie, en opposant aux microbes nocifs d'autres microbes domestiqués et inoffensifs, dont le développement gène celui des premiers.
L'étude des Agents Thérapeutiques comprend encore la Crcnothérapie, la Thalassothérapie, la Climatothérapie. Sous le nom de Crénothérapie {y.ph'-n, source), on peut grouper, avec Landouzy, les méthodes thérapeutiques, si complexes, mais si puissantes, relatives aux Eaux Minérales. Les i-ichesses naturelles de notre pays en Station.*? Thermales, Maritimes ou Climalériques sonl, d'ailleurs, telles
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qu'aucun pays n'en possède d'équivalentes et ne peut aussi complètement se suflire à lui-même.
L'étude de la Dictcliriue et des Régimes s'est beaucoup précisée : on peut, actuellement, doseï- l'énergie nutritive nécessaire à un organisme et la lui fournir sous telle ou (elle forme isodyname, suivant l'état de ses viscères.. Le régime, ainsi scientifiquement établi, fait, de plus en plus, partie de l'ordonnance et du ti-aitement.
Enfin l'étude des Agents Psijchiqucs a pris, elle aussi, une grande importance : si l'infiuence du moral sur le physique est telle qu'il suflit parfois, pour modifier l'évolution d'une maladie, de remonter les courages et d'imposeï' une volonté ferme, combien plus efficace encore est une direction morale méthodiquement graduée, suivant les règles précises de la Psychothérapie !
Tels sont les principaux Agents Thérapeutiques que le Praticien peut utiliser. 11 est maintenant nécessaire de les grouper et de les combiner, en vue d'une Médication ou d'un Traitement.
La deuxième Série est relative à l'étude des médications.
Étant donné un symptôme clinique, le premier pi'oblème Ihéiapeutique qui se pose est de savoir si l'on doit agir sur lui, le favoriser ou le combattre : or ce n'est pas toujours une question facile à résoudre. Si certains symptômes sont, dans tel cas déterminé, manifestement défavorables et doivent être combattus (tels l'asphyxie, la putridité, etc.), d'autres, par contre, indiquent un elTort l'éactionnel de l'organisme, que l'on doit respecter et même favoriser: tels les processus de l'inflammation mis en jeu par l'organisme contre l'infection, et qui doivent être respectés tant que leur excès même ne devient pas nuisible ; tel l'épistaxis d un hypertendu, soupape de sûreté qui préserve parfois d'une hémorragie cérébrale. Mais, si tel symptôme doit être combattu et tel autre favorisé, beaucoup ont une signification variable ou douteuse : telle la fièvre. Aussi, bien souvent, en Thérapeutique, le difficile est-il, non pas d'agir, mais de savoir s'il faut agir et dans quel sens.
En second lieu, pour ou contre un symptôme donné, on peut utiliser plusieurs méthodes thérapeuti(|ues. Cbacune a ses indications et ses contre-indications, et l'on ne traitera jias l'insomnie d'un cardiaque comme celle d'un fébricitant ou d'un douloui'oux.
On voit, par là, toute l'importance pratique (|ue |)rés('nte l'étude des Médications Symptomatiques. Ce sont, d'ailleurs, celles dont on doit, le plus souvent, se contenter, faute de mieux, lorsqu'on no peut atteindre la cause même du mal.
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lU
Enliii la troisième Série comprend l'étude des rRAiTEMENTS.
Le Traitement d'une Maladie, lorsqu'il n'est pas pathogénique, est fait, le plus souvent, de la juxlaposilion d'une série de Médications symptomatiques. 11 devra se modifier incessamment, en se modelant sur la marche même de l'aiïection. Par exemple, le Traitement d'une fièvre typlioide sei-a représenté par une série de Médications dirigées non seulement contre rinlecLion éberlhienne, mais aussi conlre la lièvre, contre l'adynamie, contre la faiblesse cardiaque, contre les hémorragies intestinales, etc., suivant les symptômes successifs que l'examen clinique révélera.
Beaucoup de Irailements sont devenus, dans ces dernières années, médico-chirurgicaux, qu'il s'agisse de sténose pylorique, de gangrène pulmonaire, de Uthiase biliaire, de tuberculose rénale, etc. La partie médicale doit donc èlre complétée par une partie chirurgicale, de telle sorte que l'on puisse envisager, sous leurs différentes faces, les multiples traitemenls d'une même maladie.
C'est dans cet esprit qu'une série de volumes seront consacrés au> Trailements des Maladies Générales (Infections, intoxications, maladies de la Nutrition), des Maladies de chaque organe (Maladies ner veuses, digestives, circulatoires, pulmonaires, génilo-urinaires;, ains que des Spécialités (Maladies cutanées et vénériennes; Maladies d( la bouche, du nez, du larynx, des oreilles et des yeux).
Ainsi se complètent, mutuellement, les trois Séries relatives au: Agents Thérapeutiques, aux Médications et aux Traitements.
Elles sont conçues dans un même esprit général, et avec une mèm préoccupation, celle d'être immédiatement utiles au Praticien et par là même, à ses Malades.
Si pareil but est rempli, ce sera la meilleure récompense de lou ceux qui ont collaboré à celte œuvre ; des Auteurs, à qui revient ton ce que cet ouvrage conlicnt d'original et d'utile; des Editeurs, qr ont mis, à la réaliser, leur habileté coulumière; des Direcleurs, qi ont voulu continuer, par le livre, l'enseignement de la Thérapeuliqu dont ils sont chargés à la Faculté de Paris.
A. GlLUERÏ et P. C.\RNOT.
3Chuu' - ^-^-PICINR.
UNIVERSliY OP LtEDS.
BACTÉRIOTHÉRAPIE - VACCINATIONS SÉROTHÉRAPIE