‹ Médicaments microbiensChapitre 86 sur 163 · II. — Immunisation des animaux. — Propriétés de leur · texte numérisé non relu

II. — Immunisation des animaux. — Propriétés de leur

sérum.

Les chevaux sont immunisés par l'inoculation hebdomadaire de doses alternées et progressivement croissantes de bacilles vivants et de toxine. Ces inoculations sont faites, non par la voie sous-cutanée, mais dans les veines et cette méthode est essentielle pour assurer au sérum son maximum d'activité-

L'introduction directe des corps microbiens dans la circulation générale est, en effet, comme l'a montré Besredka (1), le procédé d'immunisation qui donne les sérums les plus actifs avec les microbes à endo.toxine; la propriété anti-endotoxique ne serait pas obtenue au moyen des inoculations sous-cutanées.

Les cultures et la toxine ont toujours été foui'uies par un même bacille dysentérique du type Shiga; ce microbe, très pathogène poui' le lapin, conserve depuis longtemps un degré de vimlence sensiblement égal et donne, en milieu approprié, une toxine très active. La toxine s'obtient par filtration sur porcelaine d'une culture en bouillon Martin qui a été maintenue pendant vingt jours à la tempéi'alure de 37°; 0'=°,1 de ce iilti-at introduit dans la veine de l'oreille tue en vingt-quatre heures un lapin de 1 kilogramme.

En raison de la grande sensibilité du cheval à l'action du bacille dysentérique et de sa toxine, les premières inoculations doivent être faites à doses faii)les, 1/4 de centimètre cube d'uiu; culture de; vingt- (|uatre heures, puis 1/2, 1, 2, 3 centimètr'os cubes, etc. ; il en sera de

(I) HnsiiKiiK\, De riinli-ciululoxiiiu ly|>liii|ilc, cl îles aiiti-eniloloxiiies en L'énéral ( \ni, " /„.</ Pmleùr, février 1906). ■ ■ •

Miîdlc. iilibroblohài 1^

242 VA/L7.ARDKrD0PTKR.— SÉROTHÉRAPIE ANTIDYSENTÏ5RIQUE.

niôinc i)oiir la loxine. Encore ces doses délemilnent-eiles une vive réacLion qui se traduit par un frisson violent, une élévaticm thermique pouvant dépasser 40» et des symptômes généraux accusés. La (luantité maxima de cultures et de toxine injectée n'a jamais excédé •iO centimètres cubes. La progression des doses doit 6ti-e lente et très ménagée, car l'accoutumance n'est, pour ainsi dire, jamais a(;(iuise et chaque inoculation nouvelle provoque une ascension de la température (40 ou 41°) ([ui persiste pendant vingt-(iuati-e ou quarante-huit heures, s'accompagnant d'abattement, parfois même d'une parésie transitoire du train postérieur. Il n'est point rare de voir survenir une période d'amaigrissement progi'essif avec inappétence qui conduirait à des accidents plus sérieux si les inoculations n'étaient momentanément suspendues. Les saignées destinées à recueillir le sérum sont pratiquées deux à trois semaines après la dernière inoculation.

Propriétés du sérum. — Le sérum de ces chevaux possède des propriétés préventives et.curatives qui se manifestent également bien contre le bacille dysentérique et sa loxine. La souris, le rat, le lapin surtout sont les animaux de choix pour les vérifier. Chez le lapin, l'inoculation sous-cutanée des cultures vivantes détei-mme une maladie mortelle en trois, quatre ou cinq jours et dont les lésions reproduisent assez fidèlement celles de la dysenterie humame. L'mjection de la toxine peut, suivant la dose et la voie de pénétration, produire soit la mort en quelques heures, soit une maladie de courte durée (trois ou quatre jours), exactement semblable à celle que provoque le virus vivant. Le cobaye utilisé par Shiga et kruse dans leurs essais se montre, au contraire, assez résistant à l'action du bacille injecté ailleurs que dans le péritoine et presque réfractaire a

la toxine. , onn >

1» Effets préventifs. — Des lapins du poids de 1 SOO a 2000 grammes reçoivent sous la peau 0«,5 à 0«,25 de sérum spécifique; soit au même moment, soit plusieurs heures ou même deux jours après, on leur inocule dans le tissu sous-cutané une dose de culture sûrement mortelle en quatre jours. Tous ces animaux rcsM, tandis que les témoins meurent du troisième au quatrième jour.

Los lapins qui ont reçu le sérum présentent, au point mfecte, un œdème d'étendue variable et riche en polynucléaires contenant a leur intérieur une grande quantité de microbes. Chez les témoins, l'œdème est peu marqué, presque pauvre en leucocytes et la phagocytose y fait à peu près complètement défaut. La comparaison des deux étals indique bien le mécanisme de la préservation. Les résultats sont identiques avec la toxine, mais alors la dose de

Page 1