SCÈNE III. ARISTE, LAROCHE
L. (en faisant force salutations.) Au ministre, je pense, Je fais en ce moment mon humble révérence?
A. A lui-même; approchez. L. Pardon, je viens exprès . . 11 s'agit . . . permettez . . . par ma foi, je croyois . . . Entre un peu plus hardi. Votre aspect m'embaiTasse . . . Le respect ... A. (en sourianl,) Laissez là votre respect,
de j?race.
Que vous amène ici? L. L'amour de mon pays:
Oui, je viens vous donner un important avis.
A. Parlez. L. Vous honorez de votre confiance Un homme sans talent, comme sans conscience.
A. Et qui donc? L Dorival. A. Dorival? L. En un mot, Dorival est un homme aussi vil qu'il est sot. Ecoutez-moi, je vais tracer son caractère.
A. (sonne,) Un moment. (A un valet qui entre.)
Appeliez Dorival. L Au contraire.
Il ne faut pas qu'il soit présent à l'entretien. A. Oui, c'est là votre avis, mais ce n'est pas le mien: A moins qu'il ne soit là tout prêt à se défendre. Contre un homme jamais je ne veux rien entendre. Quand il sera présent, vous pourrez commencer. L, C'est qu'il est dangereux par fois de s'avancer . . . A. Sans preuves; est-ce là ce qui vous embarrasse? L. Je ne m'attendois pas à l'accuser en face: Il -est bien fin; n'importe, allons, morbleu, du cœur: Qu'il vienne, et vous veiTez qu'il ne me fait ])as peur. A. Bon, nous n'attendrons pas: le voilà qui s'ai)proche.