‹ Médiocre et rampant: ou, Le moyen de parvenir und Encore des ménechmesChapitre 31 sur 98 · LES PRÉCÉDENS, ARISTE · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, ARISTE

(Laroche se retire au fond du théâtre et écoute avec

la plus grande attention,)

P. Monsieur Firmin, j'ai vu de vous plusieurs ouvrages

Qui m'ont paru remplis des projets les plus sages;

Par-tout d'ailleurs j'apprends que vous êtes cité

Pour votre modestie et votre probité.

Les hommes comme vous me sont bien nécessaires;

Je viens donc réclamer vos secours, vos lumières,

Pour m'aider dans le poste à mes soins confié.

Voulez- vous m'accorder, Firmin, votre amitié?

F. Je suis honteux et fier de tant de confiance,

Et j'accepte votre offre avec reconnoissance;

Mais je crains qu'on ne m'ait un peu trop exalté.

CH. Monsieur, on vous a dit la pure vérité;

De grâce, sur ce point, n'en croyez pas mon père.

F. Vous, mon fils, vantez moins un mérite ordinaire.

A. Voilà donc votre fils ? F. Oui. A. Ce Charles Firmin

Dont ma mère et ma fille encore ce matin

M'ont parlé? CH. Votre mère et la charmante Laure

De Charles ont daigné se souvenir encore?

A. Elles m'ont fait de vous un rapport bien flatteur.

CH. Puissé-je mériter leur estime, monsieur!

A. Aussi, je veux lier une amitié sincère,

Bon jeune homme, avec vous, comme avec voti'e père.

S'il est de mon devoir, Firmin, de vous chercher,

Il est du vôtre aussi de ne vous point cacher.

Laissez à Têtre nul sa honteuse inertie:

L'homme à talent, monsieur, qui chérit sa patiie,

An ministre lui-même ose se présenter.

Et hrigue les emplois qu'il croit bien mériter;

Le méchant et le sot, l'un vain, l'autre hypocrite,

Sont toujours là, vantant leur prétendu mérite;

Et comment discerner les vertus, les talens.

S'ils ne s'opposent pas à leurs vils concurrens?

Du bien qu'on ne fait pas, du mal qu'on laisse faire.

Songez qu'on est coupable. CH. Entendez- vous, mon père?

A. Oui, monsieur, lorsqu'au vice il laisse un libre champ,

L'honnête homme devient complice du méchant.

F. Offrez-moi les moyens de servir ma patrie;

L'occasion par moi sera bientôt saisie.

A. Et je n'en veux pas plus. Pour nous connoître mieux,.

Chez moi venez souper aujourd'hui tous les deux;

Nous aurons une aimable et bonne compagnie.

Mes parens, mes amis, gens sans cérémonie.

Ma mère à qui mon rang n'a pas donné d'orgueil

Vous fera, j'en réponds, le plus aimable accueil.

F. Nous acceptons l'honneur que vous voulez nous faire.

A. Et vous serez de moi satisfaits, je l'espère.

CH. {à part.) Je pourrai donc la voir! L. {à pari.) Ceci

ne va pas mal:

L'instant est favorable, attaquons Dbrival.

(à Arisie en s'avançani.) A l'honnête homme ainsi vous rendez donc justice? Il s'agit maintenant de démasquer le vice.

Puisque j'ai le bonheur ici de vous trouver, Je reprends mon discours, et je veux vous prouver . . Dorival ce matin, m'a coupé la parole; En l'accusant aussi, moi, j'ai fait une école. La vérité pourtant, c'est que j'avois raison. Vous demandiez des faits tantôt. J'en ai. A. Quoi donc? L. Cet homme qui soutient sa famille et sa mère, Il vient de recevoir d'une belle manière

Un cousin qui venoit tout bonnement chez Ini,

Pour un petit emploi, réclamer son appui.

Comme un mauvais sujet, Thypocrîte le chasse.

Doutez encor qu'il soit au-dessous de sa place!

Mais de son mauvais cœur soyez bien convaincu.

Sa pauvre mère encor ... F. Il vous est mal connu:

Ce parent qu'il renvoyé aux champs, en homme sage,

Comblé de ses bienfaits, retourne à son village.

A. Avec lui Dorival s'est comporté fort bien.

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