SCÈNE X
LES PRÉCÉDENS, hors M^e DE MIRVILLE.
DN. (aux laquais.) Approchez, il faudrait envoyer chez M. Gaspare, mon notaire.
MD. Invitez-le tout bonnement à venir souper avec nous; nous parlerons d'affaires toute à notre aise.
DN. Vous avez raison. {A un laquais) Toi, passe chez le bijoutier, prie -le d'apporter ce qu'il a de plus nouveau. (A un autre laquais.) Toi, passe chez M. Gaspard, mon notaire, invite-le à souper ce soir de ma part; tu iras ensuite à la poste demander des chevaux pour minuit précis; car je veux partir aussitôt après souper. (Au troisième laquais.) Quant à toi. Jasmin, je te réserve une commission délicate; tu as de l'esprit.
J. Oh! monsieur, cela vous plaît à dire.
DN. Tu sais où demeure M. Simon, cet honnête fripon, jadis mon homme d'affaires, qui prêtait mon argent à mon neveu.
J. Pardi, monsieur, c'est moi qui étais le jokei de monsieur votre neveu.
DN. Va chez lui de ma pai*t, porte -lui ces cent louis
que mon neveu lui doit et que je lui paye; n'oublie
pas de lui demander une quittance.
J, Oh! que non, monsieur; vous me prenez donc pour
une bête? (Les trois laquais sortent)
MD. Ce pauvre Dorsigny, comme il sera surpris quand
il arrivera demain, et qu'il trouvera les présens de
noces achetés et ses dettes payées.
DN. Oh! il sera enchanté; tout mon regret, c'est de ne
pas être là pour lui témoigner . . .