L- Quel discours ...... Ce n'est pas M. Dorsigny; se
pourrait-il?
DN. Je me suis trahi.
L. Vous êtes Dorsigny, le neveu? ce n'est pas vous que je cherchais ici; mais je suis enchanté de vous voir. Je davrais peut-être me fâcher de ces trois coups d'épée que vous m'avez donnés si généreusement.
DN. Monsieur ....
L. Heureusement ils ne sont pas mortels; biîsons làdessus ; votre oncle m'a dit beaucoup de bien de vous, et loin de vous chercher querelle, je vous offre mon âmi^é, et je vous demande la vôtre.
DN. Monsieur ....
L. Écoutez-moi, monsieur Dorsigny, vous aimez votre cousine, et vous avez raison; je vous promets d'employer tout mon crédit pour vous la faire obtenir de son père; mais j'exige que, de votre côté, vous me rendiez un grand service.
DN. Parlez, monsieur; vous vous êtes acquis des droits étemels à ma reconnaissance.
L Vous avez une sœur, monsieur Dorsigny; comme vous n'avez des yeux que pour votre cousine, vous ne vous êtes peut-être pas apperçu que votre sœur est extrêmement jolie; je m'en suis fort bien apperçu, moi: que vous dirai-je enfin? votre sœur mérite d'être aimée de tous ceux qui la voient: je l'ai vue, et je l'aime.
DN. Vous l'aimez! Vous pouvez compter sur elle; je vous la donne. Elle ne vous aime peut-être pas encore; mais elle vous aimera, j'en réponds. Voyez pourtant comme tout s'arrange: je m'acquiers un ami qui se charge de me faire épouser celle que j'aime, et je fais le bonheur de ce digne ami, en le mariant à ma sœur.
L. Tout cela n'est pas encore bien certain; mais au moins nous avions lieu d'espérer. Voici votre sœur, mon ami, parlez pour moi, je vais parler pour vous.
DN. C'est un bien galant homme que ce monsieur Lormeuil! Comme ma sœur sera heureuse avec lui!