AVANT LA COMMUNION
A votre table sainte, è mon Dieu ! c’est une joie de plus de ne s’en approcher que la dernière, à la suite de tous les autres fidèles ; vos dons, Seigneur,
1 Saint Jean, xx, 15, 16. — Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleurez-vous? Qui cherchez-vous? Elle, pensant que c’était celui qui avait la garde du jardin, lui dit: Seigneur, si c’est vous qui l’avez enlevé , dites-moi où vous l’avez mis , et je l’emporterai.
Jésus lui dit : Marie. Aussitôt elle se retourna et lui dit : Hahboni (mon maître).
PRIÈRES
ne sont pas de ceux qui s’épuisent. L’ineffable contraste de la magnificence du banquet et de la misère du convive est sentie d’une façon plus profonde, plus intime, plus pénétrante par le pécheur qui laisse passer devant lui tous les droits et qui ne retrouve les siens que dans le sentiment de son indignité : et de stercore erigenspauperem. L'impression de la misère l’anéantit, et l’ardeur de ses désirs le dévore; il laisse écouler la foule des chrétiens, il suit de loin l’avant-dernier qui le précède, il s’agenouille; Dieu s’arrête un instant avant de marcher vers lui, enfin il vient reposer sur ses lèvres brûlantes. Seigneur, le dernier comme mérite , n’a-t-il pas été plus d’une fois le premier comme amour?
Donnez-moi, Seigneur, par les mérites de l’hostie qui vous est offerte, la grâce d’aimer la vérité et la paix.
Recevez, ô Seigneur, l’offrande de tout mon être. Mon Dieu, emparez-vous de ma volonté, recevez-en le don absolu ; assez longtemps elle a volé au gré de son caprice vers le mal, vers le bien, au péril, au dévouement, au péché, au sacrifice. Elle a trop vécu de sa vie propre ; désormais, qu’elle vive de la vôtre! Egarée dans l’espace, aucune voie tracée et régulière ne l’a conduite vers un but certain ; s’élançant vers l’objet
PRIÈRES
(le son inquiète activité, la fatigue la faisait bientôt se replier sur elle-même, sans résultat, sans fruit. Elle a usé, ô mon Dieu, trop usé de la liberté que vous avez voulu lui donner. Vos promesses de respecter cette liberté ont été accomplies. A présent, ô mon Dieu, après avoir écouté la libéralité de vos desseins sur les hommes, daignez écouter mes vœux, enchaînez cette liberté qui se donne, qui se renonce, qui m’importune, qui m’est inutile encore plus que je ne la crains; j’en use une fois, ô mon Dieu, une dernière fois, pour vous demander de ne plus connaître que votre joug. Sentir vos chaînes ferait ma joie, subir votre servitude me comblerait de gloire !