OU 26 MARS. ^ANNONCIATION. — RÉPONSE DE MARIE A L'ANGE
les voies de la sainteté. Pour nous y conduire, rien ne le rebute, et jamais nous ne trouverons ailleurs autant de miséricordieuse tendresse que dans le Cœur de cet Enfant-Dieu. Quels motifs de l'aimer et de nous confier en lui !
Non content de nous prodiguer son assistance et ses bienfaits,
il nous communique môme les privilèges de sa Personne sacrée.
Fils unique de Dieu, il nous fait part de sa filiation divine, au
point de nous appeler ses frères, de nous faire donner à Dieu le
doux nom de Père, et de nous remplir de son Esprit-Saint. Il
pousse la munificence envers nous jusqu'à nous faire vivre de sa
propre vie, et devenir, à cette fin, l'aliment de nos âmes. 0 charité
incompréhensible!... Après tant de largesses, que lui reste-t-il
enc°"C à nous donner, si ce n'est le ciel ou l'éternité bienheureuse ?
Et voilà ce qu'il fait, en nous établissant ses cohéritiers, comme
enfants adoptifs du Père céleste. 0 ineffables prodigalités d'un Dieu !
Ah! qui ne vous aimerait, Seigneur Jésus! qui ne placerait en
vous toutes ses affections, en vous voyant si bon, si bienfaisant,
si plein de tendresse envers nous? C'est à pareil jour, le 25 mars,
que vous vous êtes incarné et que la Vierge immaculée est devenue
votre Mère et la nôtre; ah ! daignez vous en souvenir et m'accorder
le don de votre saint amour, c'est-à-dire : 1° D'un amour pur,
chaste, ardent, pratique, qui donne vie à toutes mes œuvres.
2° D'un amour fort que rien n'abat, que rien ne rebute, mais qui
souffre tout et triomphe de tout pour vous faire plaisir. 0 aimable
Infini! je vous aime plus que moi-même, et je me consacre sans
réserve à votre Cœur sacré, qui est le foyer de la charité divine.
25 ou 26 mars. L' Annonciation. — Réponse de Marie à l'Ange.
Préparation. — Marie dit à l'Ange : « Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole ! ' » Considérons : 1° Deux qualités de cette réponse, l'humilité et la prudence. 2° Les grands effets qu'elle a produits dans tout l'univers. — Concluons en nous proposant d'être humbles et prudents dans nos paroles, et surtout de profiter, pour notre avancement spirituel, de tous les moyens que nous a procurés l'Incarnation. Ycrbum carofactum est et habitavit in nobis.
(I) Luc. 1, 38.
428 2b OU 26 MARS. LAZÏNONC1ÀTION. — RÉPONSE DE MARIE A L'ANGE. 2o Deux qualités de la réponse de marie.
« Voici la servante du Seigneur, s'écrie la bienheureuse Vierge; qu'il me soil fait selon votre parole! » Le Verbe éternel demande à la Vierge immaculée si elle consent à devenir sa Mère, et elle, au lieu de s'élever en elle-même et d'éclater en transports de joie, considère d'un côté son néant, et de l'autre, l'infinie majesté du Créateur, et elle se reconnaît indigne du rang sublime qui lui est ollcrt. Néanmoins, comme elle ne veut pas s'opposer à la volonté de Dieu, elle s'abandonne à sa conduite en se déclarant sa servante. « Seigneur, semblc-t-elle dire, pourquoi daignez-vous m'adresser cette demnnde? ne suis-je pas votre sujette, et mon devoir n'est-il pas de vous obéir, de me soumettre en tout et sans réserve à vos volontés saintes? Qu'il me soit donc fait selon votre parole, et que la gloire en revienne à vous seul ! Fiat milti sccimdiim verbum tuunt. »
Réponse admirable d'humilité, mais aussi de prudence! Car en parlant ainsi, non seulement Marie se préserve de toute complaisance en elle-même, mais elle pratique encore la foi la plus vive, le dévouement le plus sincère et l'abandon le plus entier à la volonté divine. Que pouvait-elle trouver de plus sage que de se remettre de tout à la sagesse incréée? Comment mieux garder sa pureté virginale, qu'en la confiant à celui qui en était l'auteur, lui, la Pureté infinie? La réponse de Marie fut donc d'une prudence consommée, prudence capable de réparer l'imprévoyance de la malheureuse Eve, qui nous perdit en conversant témérairement avec le serpent infernal.
Pour imiter la divine Mère dans l'humilité et la prudence de ses paroles, nous devons : 1° Marquer toutes nos conversations du cachet de la modestie chrétienne, évitant ce qui sent l'affectation, la jactance, la prétention dans nos discours, l'opiniâtreté et l'entêtement dans nos discussions. Plions-nous aux idées, aux sentiments d'autrui, en toute simplicité et déférence, comme l'ont pratiqué les Saints, fidèles imitateurs de Jésus et de Marie. — 2° A l'humilité joignons la prudence surnaturelle, qui ne blesse jamais en rien la charité, l'obéissance, la candeur, la patience et les autres vertus, dans nos rapports avec le prochain. « La vraie sagesse, dit saint Jacques, est pudique, pacifique, docile; elle se réjouit de tout ce qui est bon, sans contention, ni envie ; elle est indulgente, ne critique, ne censure personne; elle fuit la duplicité,