CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN
?o Pratique de la charité
Pour exercer parfaitement la charité, il est nécessaire de veiller beaucoup sur nos pensées, de peur que des soupçons, des jugements téméraires ne se glissent dans notre esprit et ne nous fassent perdre l'estime que nous devons au prochain. « La charité, dit l'Apôtre, ne pense mal de personne,1 » sans raison suffisante. « De quel droit, demande-t-il, osez-vous juger et mépriser votre frère? ne savez-vous pas que nous serons tous jugés au tribunal de Jésus-Christ?2 » « Gardez-vous donc de penser mal des autres avant que le Seigneur vienne.5 » « Ne jugez pas, dit le Sauveur, et vous ne serez pas jugés.4 »
Nous devons veiller sur nos pensées, et plus encore sur nos paroles, à cause du scandale que nous pouvons donner et du dommage qu'un seul mot peut quelquefois causer au prochain. Il en est qui ont la coutume de tout contrôler, de tout censurer sans en avoir la charge, et qui critiquent tout le monde, comme si eux-mêmes n'avaient aucun défaut. Oh ! que cet esprit est contraire à l'humilité et à la charité ! Les Saints étaient attentifs à dire du bien de tous, même de leurs ennemis. Ils ne blâmaient personne dans leurs discours, se rappelant cette parole du Sauveur : « Ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés.5 » Notre conduite à l'égard du prochain doit répondre à nos paroles. Nous devons lui témoigner l'affection sincère que nous inspire notre foi, éviter de le contrister, nous empresser à l'aider, à l'encourager, à le consoler, agir, en un mot, à son égard, comme le ferait Jésus lui-même. — « Quiconque, dit le Sauveur, aura donné ne fût-ce qu'un verre d'eau froide au moindre des miens parce qu'il est mon disciple, ne perdra pas sa récompense.6 » Quelle récompense n'aurons-nous pas, si nous passons toute notre vie à rendre aux autres de bons offices en esprit de charité ?
0 mon aimable Sauveur et ma douce Mère Marie ! pour honorer votre charité toujours si bienfaisante, je forme la résolution : 1° De ne jamais rien dire contre la réputation d'autrui et de prendre toujours la défense des absents. 2° De m'exercer à l'humilité et à l'abnégation, afin de pouvoir traiter avec le prochain en toute mansuétude et cordialité.
(1) I Cor. 13. (2) Rom. 14, 10. (3) I Cor. 4, 5.
(4) Luc. G, 57. (3) Ibid. (6) Matth. 10, 42.