‹ Méditat́ions sur la mort et l'éternitéChapitre 3 sur 40 · VAUT-IL MIEUX S'ÉTEINDRE LENTEMENT QU'ÊTRE FRAPPÉ D'UNE MORT SUBITE · texte numérisé non relu

VAUT-IL MIEUX S'ÉTEINDRE LENTEMENT QU'ÊTRE FRAPPÉ D'UNE MORT SUBITE

Seigneur! par la paissance des blessures qui ont causé Ta mort, raffermis-moi, quand cetteheure bénie, qui porte des couronnes de victoire, s'approchera de mon lit de mort.

Alors, la Paix étendra autour de ma couche Fombre douce et silencieuse de son aile! Fantôme de mes péchés! éloigne- toi du lit où je ïcpose ma tfite mourante, à Theure où pâlit cette périssable lumière de vie, eu même temps que faiblit ma vue tremblante.

Viens, mon ange, du trône de rÉternel apporte-moi la céleste couronne ; et conduismoi avec tes palmes glorieuses vers les joies du Ciel, et le calme angélique.

(Saint Matthieu vu. 20-21.)

De quel pénible saisissement ne sommes-nous pas tous saisis quand on vient nous annoncer la mort

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subite d'un ami, ou même d*une simple connaissance,, que nous avons vue peut-être, à laquelle nous avons parlé quelques jours pu quelques heures auparavant, et que nous croyions en bonne santé? Nous sommes frappés de terreur; nous ne pouvons croire à la cruelle vérité; elle nous semble incompréhensible, impossible, ettoutnotreétre proteste. Avionsnous donc espéré que Dieu, le Maître de vie et de mort, ferait en notre fevenriine miséricordieuse exception en changeant le cours éternel des choses !

Mais d'où vient cette terreur? Il nous semble horrible qu'un être humain, plein de confiance en la vie, puisse, tout à coup et sans y être préparé, être arraché à tous ses projets, à toutes ses espérances, et être transporté dans un autre monde. D'abord nous voyons en imagination notre àme prenant la place de Tàme qui part, et nous éprouvons la muette terreur dont elle doit être saisio à ce changement si puissant et si rapide. Quelques secondes ont suffi... et la voilà, elle, qui tout à l'heure encore cheminait dans la vie, au milieu d'un monde inconnu, au delà de la tombe. Nous frémissons à l'idée d'un tel départ, qui ne nous laisse même pas prendre congé des nôtres, et sentir pour la dernière fois la pression d'une main amie. •

Bien. diiFérente est l'impression qui se produit quand nous voyons s'éteindre lentement un être

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dont la maladie ne peut avoir que là mort pour issue. Alors, peu à peu nous sommes préparés à la cruelle perte que nous allons faire ; cependant la moindre amélioration vient raviver notre espoir et éloigner toute idée de mort, et plus celui qui semble sur le point de nous quitter nous est cher, et plus nous nous attachons, avec ferveur, à la plue faible espérance. Et quand le moment suprême arrive, bien que dès longtemps nous y soyons préparés, notre douleur n'est pas moins poignante. Il est virai que les souffrances^ du malade sont rarement aussi intenses que nous les entrevoyons à travers notre douleur et notre imagination exaltée ; mais qui peut voir ces traits, autrefois si beaux, maintenant maigres et tirés, ces joues pâles et ces yeux qui vont s'éteindre, sans être touché d'une pitié profonde? Qui peut entendre ces soupirs, ces gémissements précipités, cette respiration haletante, faible ou difficile, sans souhaiter que le Dieu de miséricorde mette fin à tarit de souffrances, et accorde bientôt au patient le repos du sommeil de la mort, qui est, après tout, inévitable !

Nous sommes donc épouvantes par une mort

subite, tandis que nous ne sommes qu'affligés par le

spectacle d'une longue agonie.

' Mais laquelle de ces deux morts serait la plus

désirable, s'il nous était donné de choisir, quand le

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