JÉSUS-CDRIST ET [.ES ENFANTS
Quiconque a lu, ne fût-ce qu'en courant, les Évangiles, a été frappé du sentiment et du langage de Jésus-Christ sur les enfants. Je reproduis ici ses paroles :
« Alors on présenta fi Jésus de petits enfants, afin qu'il les touchât; mais les disciples reprenaient ceux qui les présentaient. Et Jésu3, voyant cela, en fut indigné, et il leur dit : Laissez venir à moi ces petits enfants et ne les en empêchez point, car le royaume de Dieu est pour ceux
qui leur ressemblent. Je vous dis en vérité que quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point. Et les ayant pris entre ses bras, il leur imposa les mains et les bénit *. «
Un autre jour, « les disciples vinrent à Jésus, et lui dirent : Qui est le plus grand dans le royaume des deux? Et Jésus, ayant l'ait venir un enfani, le mit au milieu d'eux et dit : Je vous le dis en vérité, que si vous ne changez et si vous ne devenez comme des enfants, vous n'entrerez poinl dans le royaume des deux. C'est pourquoi quiconque s'humiliera soi-même comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des cieux 2 . »
Un autre jour encore, Jésus, déplorant la froi-
1. Étang, selon saint Marc, chap. x, vhi-s. 43-16. — Selon saint Matthieu, cha[>. xi*, yen. 13-1!;. — Selon saint Luc, chap. Mil, vers. 15-17.
i. livanij. scion saint Matthieu, chap. nuii, vers. t-4. — Selon sa,nt Marc, chap. ix, vers. 33-37.
deur que rencontraient souvent, tout près de lui, ses prédications et ses miracles, dit en s'adressant. non plus à ses disciples, mais à Dieu luimême : « Je te loue, ô Père! Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses a,ux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux enfants *. »
Que contiennent ces paroles? Elles ne sont pas simplement l'expression de ce mouvement de bienveillance douce qui s'éveille dans tous les cœurs à la vue des enfants et de leur naïve confiance dans ceux qu'ils approchent. Jésus-Christ éprouvait sans doute cette bienveillance, car il n'était étranger à aucune des belles émotions humaines; mais sa pensée portait bien au delà des enfants qu'il laissait venir à lui, et ils n'étaient pour lui qu'une occasion vivante d'adresser aux hommes eux-mêmes ses solennels avertissements.