PRÉFACE. III
siècles, aux instincts spontanés et aux besoins invincibles derhumanité? N'est-ce pas parce qu'elle est pure des erreurs qui vicient les divers systèmes philosophiques que je viens de passer en revue, parce qu elle comble les vides qu'ils font ou qu'ils laissent dans l'âme humaine, parce qu'elle conduit l'homme plus près des sources de la vérité? * »
Loin d'éluder aucune des difficultés de cette question, je veux mettre le christianisme en contact avec les idées et les forces qui lui semblent le plus contraires. Trois surtout ont ce caractère : la liberté , la morale indépendante et la science. C'est un propos
4 . MédiicUiotis sur l'étal actuel de lareligimi chrétienne ; 8« . méditation, L'impiété, l'insouciance et la perplexité , p.. 373.
IV PRÉFACE
courant aujourd'hui que le christianisme ne s'accommode ni de la liberté, ni de la science, et que la morale est essentiellement distincte et séparée de la foi religieuse. Je tiens ces assertions pour fausses et grandement nuisibles à la cause de la liberté, de la morale et de la science qu'elles prétendent servir. Je crois la religion chrétienne et la liberté non-seulement conciliables, mais nécessaires l'une à l'autre. Je regarde la morale comme naturellement et intimement unie à la religion. Je suis convaincu que. la religion chrétienne et la science n'ont point de sacrifice à se faire, ni rien à redouter l'une de l'autre. C'est ce que j'établis dans les trois premières de ces nouvelles Méditations. Je rentre ensuite dans l'intérieur même du
PRÉFACE. V
christianisme, et je détermiae quels sont le principe et la portée de Vignorance chrétienne et de la foi chrétienne en présence de la liberté, de la morale philosophique et de la science humaine. Je mets enfin les idées aux prises avec leur loi naturelle et inévitable, la nécessité de passer dans les faits; j'interroge la théorie transformée en pratique, et je constaté que le christianisme seul supporte victorieusement cette épreuve suprême. La vie chrétienne devient une puissante démonstration de la légitimité de la foi chrétienne. Ces trois Méditations terminent le volume -que je* publie aujourd'hui.
Pour accomplir ce que j'ai entrepris, une dernière et capitale question, la question historique, me restera à aborder. Non que je
VI PRÉFACE
songe à retracer, dans tout son cours, Thistoire de la religion chrétienne; un tel dessein ne saurait entrer dans ma pensée; je ne puis et ne veux qu'aflSrmer et mettre en lumière les grands faits historiques dans les* quels sont empreintes, selon moi, la divine origine du christianisme et sa divine influence sur le développement et la destinée de la race humaine. Je réduis et résume ainsi ces faits :
i* L'authenticité des livres saints;
T La fondation primitive du christianisme;
3' La foi chrétienne à travers les siècles;
4' L'Église chrétienne à travers les siècles ;
5* Le catholicisme et le protestantisme ;