‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 103 sur 161 · S DÉDICACE DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

S DÉDICACE DES ÉGLISES

façonne la Tolonté par les dons de PEsprit-Saint et

les vertus célestes, de manière à la rendre parfaitement conforme à la volonté divine. Que celui qui veut être mon disciple, renonce au monde et à lui-même et me suive. (Luc, IX, 23.J

YerunUamen dontum Dei non faeiunt^ niri quando caritate eompaginanêur. Néanmoins les ftmes ne forment la maison de Dieu, que quand elles sont unies en^ elles par la charité. La cha* rité seule édifie ; ni les goûts, ni les intérêts, ni les circonstances, ni les affections naturelles ne fondent une union indissoluble^ une union éter^ nelle. H n'y a d*immuable que ce qui vient de Dieu, et les âmes ne peuvent s'aimer toujours qu'en Dieu, qui est l'amour infini* L'amour en. Jésus-Christ et par Jésus-Christ, voilà le seul ciment véritable et solide des pierres vivantes, qui, en s'attachait l'une à Tautre, doivent constituer la maison spirituelle ou la céleste Jérusalem. Supportate vos inviccm (iipA.,IV, 2); supportez-vous run l'autre, comme les pierres de la voûte , qui

se soutiennent mutuellement en gravitant toutes sur celle qui en est la clef. Aller alUrius onera porlau ( Gal.^ IV» 2 ) ; portez le fardeau Tnn de l'autre, ce qui arrive aussi dans les murs de l'édifice, où chaque pierre porte celle qui la touche, et. toutes sont portées par le fondement. Ainsi les âmes chréûeuiiôs , à mesure qu'elles entrent dans

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rSg^ en passant sur la terre, s'appnient l'une

sur l'autre à travers les siècles, et toutes sur les fondements deâ apôtre3 et sui* Jésus*Christ, la pierre angulaire : pierres vivantes, extraites, taillées et attachées les unes aux autres par le cimeut de la charité pour élever sur la terre la cité céleste, qui ne sera achevée que dans l'éternité.

ÉVANGILE SBLON SAINT LUC, JUX, MO.

Jésus, étant entré dans Jéricho, traversait la

ville. Or il y avait un homme» nommé Zachée, chef des puUieaiiis et fort riche, qui cherchait à voir Jésus pour le connaitre, et il ne le pou* vait à cause de la foule, parce qu*il était d*une petite taille. C'est pourquoi il courut en avant et monta sur un sycomore pour le voir, parce qull devait passer par là. Lorsque Jésus fut arrivé à cet endroit, il leva les yeux et, le regardantt U lui dit : Zachée, hàlez-vous de descendre, parce qu'il faut que je loge aujourd'hui dans votre maison. Ce que voyant tous mulinu* raient, disant qu'il allait demeurer chez un pécheur. Mais Zachée, se présentant devant le Seigneur, lui dit : Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait du tort

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à qnelqci'aii^ en quoi que ce soit, je lui en rend» quatre fois autant. Alors Jésus lui dit : Aujour- <f hni le salut est entré dans cette maison, parce que cet homme est aussi un enfant d'Abraham»

Car le Fils de l'Homine est veuu chercher et sauver ce qui était perdu»

L'histoire de Zachée le pablicaio, qui a Tbon- ' neur de recevoir Jésas-Ghrist dans sa maison, nom repr(?sente Inaction de la prrâce sur les ames, et conuneût elle arrive à les posst^der et à en faire aa demeure. D'abord elle pe ùit point aeoapCiaifc « des personnes, et la parole de saint Pieri-e est ici réalisée : Tout homme est agréable à Dieu , qui le craint et opère la justice. (Act., X, 35.) Zachée était païen et de plus publicain, deux choses qui, ans yeux des juifs, devaient Tempêcher d'entrer en communication avec THomme-Dien. Aussi di«-> salent-ils avec murmure : il est allé loger chez un pécheur. Car aux yeux des juifs les publicaiss, ou ceux qui prenaient à ferme les impôts peer le compte des Humains, étaient des gens impurs et £gnes de mépris. Us ont ici la même pensée que le pharisien Simon voyant Madeleine baiser les pieds de Jésus et les essuyer de ses cheveux après les avoir mouillés de ses larmes : si cet homme était prophète, il saurait que cette femme est une

pécimeflie et il m se laifiserait point tondier par

elle. Ainsi, nons savons par là que fle tous les cfttt\s, d% tous les degrés et dans toutes les conditions, m peut aller à Jésas, qui n'exdae oa ne repousse pereoime, pas même les pins coupable» ou les plus décades aux yeux des hommes, si l'on va à kd avee boone volonté* Sa grâce même nous pré« Tient d'une manière tm de Tanlfe; car elle est' Oûinune le soleil, qui luit pour tous et verse la himièvie partout où il trouve aecès. Zachée aVail le dMr de voir Jésae-Ghrist pour le oonmftre, et ce désir ne reste point stérile en lui. 11 lait tout ce qu'il peut pour s'approcha de Jésus, mais deux chosea s'y opposent : d'un efttë la foule qui lui ferme le passage, et de l'autre sa petite taille, qui TempAdie de voir de loin et par-dessus la muititade. Ainsi Tâme, que la grftoe a touchée et qui est attirée vers Jésus, ne peut pas toujours aller à lui, cause du monde où eUe vit, des afTaireSy dee jfddsbs on de milles choses qui la distraient ou l'en éloignent, et enfin, parce qu'étant trop petîÉi! OU trop faihle, elle n'a pas la force d'élever son esprit on son regard pM'^dessus la foule des choses humaines jusqu'aux vérités éiernelles. Plu- ^ sieurs en restent là ou reculent, et alors elle n'ar^ rivent point au rapport intime avec le Maître. Mais Zachée nous apprend ce qu'il faut faire dans ce cas. U £Mit chercher un aide àr la fiôblesse.de notre

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raison naturelle^ à la petitesse de notre esprit, et monter hardiment sur la haatenr de la foi, figa-* rée ici par l'arbre où il s^exhausse, afin de dominer la foule et les obstacles, et de voir Jésus. Car Zaehée a soin de choisir un arbre qui se tronTait

sur le cliemia par où le Maître devait passer. Ces eâorts de la bonne volonté du publicain, qui sont une réaction à la grâce prévenante^ attirent une

nouvelle grâce. Zaehée a fait tout ce qu'il a pu pour voir Jésus; et son regard, dirigé avec ardeur sur l'objet de son désir, excite et attire le regard do THomme-Dieu, qui s'élève vers lui, se fixe sur lui, et prend directement possession de son 4ine par ces paroles : Aujourd'hui, il faut que je demeure chez vous. Et Jésus, malgré Tindignité apparente du publicaiu et les murmures de ceux qui rappellent on pécheur, établit sa demeure dans sa maison, et lui apporte le salut avec sa présence. Voilà comment il s empara des âmes et les fait siennes, en les transformant par sa grioe, comme il transfigure et glorifie une maison de pierre et de bois quand il daigne y entrer par son adorable sacrement , qui l'y rend personnellement prêtent et y établit son tabernacle. Sans doute, Dieu a pitié de ceux auxquels il veut faire miséricorde, et nous ne pouvons pénétrer tous les secrets de sa justiee ni de sa bonté. Les âmes qui semblent les plus éloignées de lui en sont quelquefois les plus pro*

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AoSy ûi il fait de ses ennemis acharnés ses instm-

meDts les plus efficaces. Mais, au fond, il y a tonjonrs une raison aux desseins de ia Providence, qui esl la Raison infinie , et ce n'est pas sans motif qu'une âme esl appelée et choisie, soit que Dieu Tait marquée d'avance pour être employée à son œuvre, soit qne par un heureux exercice de sa liberté eUe ait attiré ce choix. Madeleine avait déjà beaucoup aimé Jésus avant d'ètie pardonnée^ 0t elle ne Ta été qu'à cause de son a^nour, qu'elle venait de manifester d'une manière si éclatante. Ici aussi nous entrevoyons quelques raisons de r«ppei du publicain ; c'est que , contrairement à ce qui arrivait aux hommes de sa classe, qui étaient durs, avai'es, injustes, et sacnliant tout k Targent» lui avait une justice bien plus grande que celle du juste, mesurée par la loi du tafion, puisqu'il rendait au quadruple le tort commis, et une biMifaisance' qui surpassait de beaucoup celle de la loi, qui n'exigeait que la dtme ou la dixième partie, et lui donnait aux pauvres la moitié de ses Idene. C'est pourquoi il a l'honneur d'être mis par Jésus au nombre des enfants d'Abraham, bien qu'il n'en soit pas par le sang; mais il lui ajq>artient par la filiation divine de la foi et de la charité. Car Dieu peut, ainsi que Jean le disait aux juifs, faire avec des pierres des eniants d Abraham, comme dans la dédicace des églises il change

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au&si par sa préseace un amas de pierres en on Ubenûtde vivant, en une demeure oélesle.

Que nous sommes loin, nous chrétiens, de la jnstiee

de Zachée, qui réparait au quadruple le tort qu'il avait

pu faire aux autres! Hélas! nous avons b-en de la peine à égaler la réparation au dommng'e, et quant àla charité envers les pauvres, donnons-nous seulement le dixième de no& itiens? et lui en donnait ia moitidl

0 Dieu, qui renouvelez chaque anaée en noire laveur les jours où ce saint temple vous a été cona^ cré, et qui nous permettez d'assister à vos saints mystères, exaucez nos prières, et accordez à tous ceux

qui viendront vous y demander les grâces dont ils ont besoin la joie de les obtenir , par Notre^^igneur, etc.

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