‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 128 sur 161 · L'ASSOMPTION · texte numérisé non relu

L'ASSOMPTION

BOUS devons tâcher d'obtenir à notre tour en u% nous inquiétant point de trop de choses.

Aimer Dieu, qui est le souverain Bien, et ainsi le plus digne objet de notre amour, c'est l'attirer en soi de toute la force de son désir ; c'est se donner k lui par toute la puissance de sa volonté; c'est tendre à s'unir à lui par le plus profond de son âme. 0^, telle a été tonte la vie de la sainte Vierge. Elle attirait en elle l'Esprit divin par son humilité, par sa pureté, par Tardeur de sa pj^ière. Elle s'est donnée à lui par sa consécratbn dans le temple, ne voulant plus vivre qu'avec lui, et acquiesçant simplement à sa volonté manifestée ^ par la parole de Tange^ aussitôt que rEsprilrSaint a daigné s'approcher d'elle, et vivifier son sein vii^al. La purification est le premier degré de Tamour divin* On ne peut s'unir au ciel qu'en se dégageant des choses de la terre, en s'élevant audessus des liens et des affections de la chair et du sang. Marie , qui a été préservée de tout péché par un privilège spécial, a du aussi être exempte de toute attache naturelle à sou divin Fils, dit saint Chrysostome, et c'est pourquoi son cœur maternel a été transpercé par le glaive, déchiré par les sept douleursi comme nous Tavons expliqué plus haut.

L'âme épurée, transportée au-dessus delà terre, rentre en rapport avec Sdeu, dont elle reçoit la

DE LA SAIKTË V1£RG£.

lumière par sa parole, par son Verbe. C'est le second degré de l'amour divin, oit, ilhmitnëe d'en haut, elle est conduite par la contemplation des vérités éternelles à l'union affective, qui fait la plénitude ou le troisième degré de Tamour. Faites , ô mon Père , qu'ils soient un entre eux et a?ec nous , comme vous et moi nous sommes un t (Jean, XVII, 21 .) Par cette union bienheureuse la volonté de la créature s'identifie, pour ainsi dire, avec celle du Créateur et elle peut dire av«o saint Paul : Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus qui vit en moi. (Ga/., II, 29.) Ainsi vivait Marie en Jésus-Christ et pour Jésus-Ghrkt. « Mie recevait , dit saint François de Sales, directement (de droit fil) les plus ardentes inspirations, que son Fils, soleil de justice, jetait sur les humains au plus fort du midi de sa charité; puis elle faisait un perpétuel mouvement de contemplation. Le feu de l'amour divin la consumait comme un holocauste de suavité. Sa volonté, toujours unie à celle de JésuSy en suivait toutes les impressions, et elle .disait aux autres : Faites tout ce qu'il vous dira. » Voilà le modèle de Tamour qui échauffe, allume, fcmd Tâme au rayon du soleil des esprits. Oh 1 que notre cœur s'unisse au saint cœur de Marie, pour participer à la pure flamme de son amour l Imitons-la d'abord dans sa simplicité, sa réserve, son silence. Gardons et repassons avec elle toutes les

Page 1