‹ Méditations sur les Epitres et les Evangiles des dimanches et des fêtesChapitre 13 sur 161 · DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOÉL · texte numérisé non relu

DIMANCHE DANS L'OCTAVE DE NOÉL

OU se démontre. Son espérance ^ tournée vers le

del^ le détache des choses de la terre, et le place dans un tout autre point de vue que la prudence humaine pour juger et pour agir. Sa charité, qui le porte à n'aimer que pour Dieu, est en opposition complète avec l'amour hum^n, qui rapporte toutes les affections k sa jouissance ou à sa gloire. La contradiction s'établit donc sur toute la ligne, dans toutes les circonstances, par tous les moyens, et elle va souvent jusqu'à la violence de la persecutipn, quelquefois même jusqu'à la mort par le martyre. Le monde supporte avec peine en sou sein des hommes dont l'esprit est contraire au sien, et qui semblent le condamner par leur conduite et par leurs exemples, quand ils ne le blâment point par leurs paroles, comme dit Isaïe ; et plus ces hommes lui sont proches par les liens du sang ou^ autrement, plus ils lui deviennent odieux, plus il s'acharne à les éloigner ou à les détruire, s'il est possible. C'est ce qu'exprime cette parole de l'Évangile : Etinimici hominis domestici ejus; ses plus grands ennemis seront dans sa famille, (Matth., X, 36.)

La prophétie de Siméon se tourne alors sur Marie et lui annonce le transpercement de son âme par le glaive. Quel est ce glaive, demande saint Ambroise {lib. 11^ in cap. 11^ Luc.) ? Un glaive matériel ne perce que le corps. Ce glaive est la

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parde de Dieu, vive et forte, pins aiguë que le fer

le plus acéré, pénétrant jusqu'à la division de ràme et de lesprit pour y diseemer les pensées du cœur et les secrets des Ames. Ce qui xuoutre, dhil, que Marie n'ignorait pas les profondeurs du ciel, dont elle était Tipstrumeut; et ainsi^ la révélation du salut des hommes opéré par la vie et la mort de son fils, tout en la remplissant de joie d'un côté, déchirait de l'autre son cœur maternel des plus terribles angoisses par la vue claire de tout ce qull aurait à soi^rir sur la croix. C'est pourquoi, à mesure que les tribulations de Jésus arrivaient et que les déchirements du cœur de Marie se multipliaient, les pensées les plus secrètes de beaucoup se manifestaient par leur oppo* sition ou leur concours à l'œuvre divine, et la séparation des amis et des ennemis de Dieu, qui ne sera complète qu'à la consommation des pièdes, au grand jour du jugement dernier, où les uns iront à la droite et les autres à la gauche du trône du Sauveur, commence à i^'cllectuer pour la résurrection ou la perte de beaucoup^

Ce que Siméon annonce à Marie arrivera aussi à l'âme fidèle, qui, suivant les paroles de saint Léon, a eu le bonheur de concevoir aussi le Verbe divin en elle par la foi en sa parole et de le nourrir dans son sein par l'observation de ses commandements. Elle sera aussi transpercée par

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