SIS .DIMANGHE DE LA PASSION
moi-même, ma gloire n'est rien; c'est mon
Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre Dieu. Et cependant vous ne l'avez point connu; mais pour moi^ je le connais, et si je disais que je ne le connais pas, je serais un menteur comme vous. Mais je le connais et je garde sa parole. Abraham voire père a désiré avec ardeur de voir mon jour : il la vu et il s*en est réjoui. Les juifs lui dirent : Vous n'avez pas encore cinquante ans, et vous avez vu Abraham l Jésus leur répondit : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis avant qu'Abraham fût. A ces mots, ils prirent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus se cacha et sortit du temple.
« Mes très chers frères, dit le pape Gri'guire, dans son homéUe 18, considérez la mansuétude de Dieu qui, étant venu pour remettre les péchés,
ffisait : Qui de vous nie convaincra de péché? Il ne^dédaigne point de montrer par des raisonnements qu'il n'est point un pécheur, lui qui pourrait jastifier les pèche ur^. par sa puissance divine. Mais ce qu'il ajoute est terrible : Celui qui est de Dieu] entend les paroles de Dieu. C'est pourquoi vous ne les entendez pas , parce que vous n*ête> . point de Dieu. Si donc celui-là entend les paroles
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BIMÂNGHE DE LA PASSION. Sld
da Dieu , qui est de Dieu, eî si eelui qui n'en est
pas ne peut les entendre , que chacun rentre en soi pour voir s'il perçoit les paroles de Dieu par roreillfr de son cœnr , et alors îl compfendra d'où il est. La vérité commande d'aspirer à la patrie céleste^ de dominer les désirs de la cbair, de fuir la gloire du monde, de ne point coiiYoiter le bien d'autrui et de donner le sien volontiers. Que chacun examine donc en lui-même si cette voix divine a prévalu dans son cceor, et il reconnaîtra s'il est de Dieu. Car il y en a quelques-uns qui ne daignent pas même entendre les commandements de Dieu par l'ôreiUe du corps* Plusieurs les entendent matériellement , mais ne les embrassent point avec le désir du cœur. D'autres reçoivent volontiers les paroles divines, au point même qu'ils en sont touchés jusqu'aux larmes, mais après le temps des larmes ils retournent à l'iniquité. Ceuxlà » à coup sûr, ne reçoivent point la pÉirok de Diau, qui négligent do la mettre en pratique dans leurs actions. Repassez donc toute votre vie , mes chers irères, et voyez si cet examen ne confirmerait pas cette terrible sentence , qui sort de la bouche de la vérité : Vous n'entendez point la parole divine, parce que vous n'êtes point de Dieu. »
Quel exemple nous offre ici Jésus-Christ de la * Tuanière de repousser des accusations fausses, in-
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justes, passionnées! Les juifs l'aUaqaeat avec fii* reur, avec mauvaise foi, comme toujours <pifliid
on cède à la passion qui a son parti pris contre la vérité. Aux injures dont ils l'aocablent, l'appelant samaritain et possédé du démon, il répond par la simple négation du mensonge , par la pure affirmation du mi| suivant ce qu'il av^t recommandé à ses disciples : Ne jurez pas ^ mais dites simple* ment, cela est ou cela n'est pas. (Matth., V, 34.) Il affirme nettement qu'il est le Fils de Dieu, et le messie promis à Abraliam, qui a vu son jmr avec jwe. Alors les juifs emploient le dernier argument de la colère, après les injui^s la violence , et ils veulent le lapider. Hélas! tout chrétiens que nous sommes et peut-être même dévots, supportonsnous mieux la contradiction dans Toccasion? L'opposition à nos désirs, à nos opinions, ne nous met elle point hors de nous? N'avons-nous point recuui^s alors à toutes les mauvaises raisons du monde , quelquefois aux paroles amères , blessantes y aux allusions personnelles, bien près de l'injure si elles n'en sont pas , et enfin n'emploierions-nous pas aussi la violence pour nous débarrasser de la contradiction et des contradicteurs, si nous l'osions ou le pouvions? Contemplons en ce moment la placidité de Jésus-Ghrist en face de la fureur de ses ennemis et rougissons.