OiMaUiiÈlft& DIMANÛHB
fraade devant l'autel, et allez auparavaut ¥ûu& récendiier avee voftre frèie^ et T0â8 rwimim ensuite offrir votre don.
Jésus-Christ an eonmençant la prédicatioB de
TEvangile pose les fonde uients de la doctrine chré- Uenae^ etamuonce aux hoBunesla.p6£feeûoa àl^ quelle il les appelle, U leur recomaande ima jiifttice plus aboudante que celle des scribes et des pharisiens, qui ne fait pas entrer dans le royaume dn cieL C'était la ju^ee éè ïwoMmkB loi, 6t encore mal interprétée et mal pratiquée par ignorance on par hypocrisie. En elle-même elle était bonne à son degré , mais insuffisante pour justifier rhomme pleinement et le réconcilier avec Dieu. C'est pourquoi Jésus dit qu'il est venu pour la perfectionner et non pour la détmirs. La loi mosaïque, en efl'et, proclamée au milieu du tonnerre e^ des éclairs et sanctionnée par les plus temhles châtiments^ est une kxi de- terraur. Elle arrête Thomme dans son penchant au mal, dans son activité désordonnée, par des barrières extérieures et par la crainte. Elle maintient le rapport avec Dieu en empêchant l'idolâtrie. Elle fonde la famille par le respect envers les parents et la défBuse de l'adultère. EUe garantit la sraëté «i inteidisant le meurtre, le vol, le faux témoignage
et Jes mauiiaisea oonvoiUsea* En^un mot, elle com-
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piiane le mal, le craibat, Tempéche d^s'afiéciuM^ le ]piiBit<|iiBiidil a été oomaiis; nuis elle ne FaW
teint point au dedans, à sa source, daus le cœur <de rkMQmd^ et surtout elle ue le guérit pa»^ eUe ne le détroit pas* Nettoyant settlemeiÀ le» debers -du vase, elle laisse l'impureté dans l'intérieur. Elle blanchit au cLehiurs les sépulcres- remplis de coiv jwpdÔÊm^ aa min» efaez les scribee et les pken** siens, comme le Sauveur le leur reproche. 11 fallait donc une jnatiœ plus parfaite pour rendre de nonvean rheom agréable à Dieu. U fallait pu-* rilîer l'intérieur, afin que celui qui est la pureté même put dejMcbef faire ses délices d'y habiter, n fallait, enim mot, que non-sealement rbomme ne commit plus de mal par ses actions , mais encore qu'il le rejetât de sou âme et n'en eut plus en hd. Car, a dit le Seigneur, ce n'est point par ce qui entre dans son corps que Thomme est souillé , mais par ce qui sort de so^ cœur,^ les mauvaises penséea et les mauvais désirs, (Matth., XV, 18.) De Ik, les nouveaux préceptes donnés par rÉvangile, et qui sont le développe** • ment, le perfectionnement de la vraie justice ^ de celle qui peut seule remettre en grâce auprès de Dieu» Il ne suffit pas de ne point tuer son pro* cbain, ni de ne point lui faiie violence. H ne faut pas même lui faire le moindre mal par la parole, pas même le vouloir par la pensée. L'adultôre du
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eœor est interdit comme celui da oorps^ et le déair seul en rend coupable. Non-seulement on ne doit point se parjurer, on ne doit même jurer en aucune manière; et si votre ceil oa votre main voua seau* daKse, arrachez, coupez, sacrifiez tont ce qui vous tient de plus près, s'il peut devenir un instrument du maly un obstade à votre porification. Ce n'est point encore assez : votre justice doit surabonder et se déverser sur vos frères. H ne vous suffit point de rejeter le mal de votre âme; vous devez encore travailler il en délivrer Tlinmaiiité ponrqn'elle revienne toute à Dieu et lui soit restituée. Chacun doit travailler à diminuar la masso du mal dans le monde , et pour oda Tabsorber par la souffrance, Tamortir par la patience. De là le sens et Tefiicacité de la patience chrétienne, qui est nne continuation de la passion du Christ, De là Ta* mour des saints pour la souffrance. Mori aul pali^ disait siinte Thérèse, monirir ou souffrir; souffrir et ne pas mourir, pati et non mori, s'écriait sainte Madeleine de Pazzi. Beati qui patiuntur propUr justitiàm^ a dit le Sauveur 1 (Matth., V, 10) heureux ceux qui souffrent pour la justice. Ego au- Uju dico vobis non résistera malo; mais moi je vous dis de ne point résister au mal. DUigiU inimicos vcslros, aimez vos ennemis. (Matth., V, 39.) Benefdcite his qui oderunt vos, faites du bien à cens qui vous haïssent 1 (Matth., Y, 44.) Orate
APBËB LA PBNTBCOXB. 418
pro pm^t^uenHbus et ealwimkmtibus vos , pries
pour ceux qui vous persécutent et vous calomfiieat (Mattb.y 44), ut sUis filii Palm veslri qui M inccBlis^ afin que Yoas soyez les enfante de votre Père qui est au ciel. (Matth., V, 44.) Voilà la justice plus abondante, plus parlaite, que le Fils de Dieu est Tenu enseigner à la terre, cornmençant par la pratiquer lui-même , et c'est par elle qu après nous avoir rachetés, il nous a réconciliés avec Dieu. La parole divine pouvait seule nous faire connaître cette vertu du ciel ; et la grâce, acquise par le grand sacrifice de la croix, et qui est transmise au chrétiens par les sacremente de l'Eglise , peut seule aussi nous rendre capables de la pratiquer.
PRATIQUE
Ne disons pas : je suis un honnête homme et je n'ai rien à redouter de Dieu; car je ne fais pas de mal. D'abord soninies-nous bien sûrs de ne point faire de mal à personne ni en aucune façon? Et ensuite n'a- Yons-nous été créés si merveilleusement et régénérés plus merveilleuflement encore dans le sang de Jésus- Christ, pour ne faire aucun bien en ce monde? ne faudra-t-il point rendre compte avec usure du don que nous avons reçu si gratuitement.
PRiiRE.
0 Dieu, qui préparez des biens invisibles à ceux
414 V« DlMANCm APRÈS LA. P£NT£GOT£.
ipk vous aiment, répandes votre amour dang nos coBiirs^ afin que vous aimant en tout etplusqne tout, nous obtenions les biens promis cpi surpassent toutes nos espérances, par notre Seigneur Jésus- Christ, etc.
LE SIXIÈME ÛDIANCHE APRÈS U PENTECOTE.
ÊPITRE (aux. Rom., VI, 3-11).
Ne savez-YOUs pas que nous tous qui avons
été baptisés en Jésus-Ghiist, nous avons été b^tisés en sa mort? Car nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir au fédié, afin que comme Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire de son Père, nous marchions aussi dans une vie nouvdie. Car si nous avons été entés en lui pour la ressemblance de la mort, nous devons Tétre aussi pour la ressemblance de la résurrection : sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui^ afin que le corps du péché soit détruit^ A que nous ne soyons plus asservis au péché. Car celui qui est mort au péché en est délivré. Que si nous sommes morts avec Jésus-Chi ist, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Jésus-Christ, étant ressuscité d'entre les morts ne mourra plus, que la mort n'aura plus d'empire sur lui. Il est mort une seule
uiy,
fois pour le péché ; il vit maintenant pour Dieu* Considérez-vous de même comme étant morts au péché, et comme ne vivant plus que pour Dieu en notre Seigneur Jésus-Christ. •
Saint Paul considère ici le baptême dans la manièl^ dont il était alors conféré, par Tinmiersion* Le catéchumène était plongé trois fois dans Tean jusque par-dessus la tete. Cette triple immersion représentait la mort et la sépulture de Jésus-Christ, parce qne, comme il a été enseveli trois jours dans Ut terre, ainsi le baptisé était plongé trois fois et 4^omme enseveli dans Veau baptismale. La sortie de Teau après cette triple immersion signifiait la résurrection du Sauveur, parce que le catéchumène sort en eiSet de Teau régénéré par la vertu du sacrement et pour vivre de la vie surnaturelle qu'il communique, comme Jésus est sorti du tombeau après trois jours de sépulture, pour vivre de la vie de la gloire.
Le baptême est donc à la fois la représentation de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. Notre baptême est une mort; car nous y mourons spirituellement au péché, dont la tache est effacée dans notre ftme par Tapplication du sang divin qui a lavé les iniquités du monde. Il est une ré- . surrection , parce que nous y recevons le germe
APRÈS LA PENTECOTE. 417
de la vie divine , apporté à la terre par le Diea fait homme , et qui est implanté dans les âmes oa il doit se développer, fleurir et produire tous les
fruits dn ciel , c'est-à-dire les œuvres de la vie chrétienne. Puisque nous sommes morts au pédié, nous ne devons plus y revenir, mais persévérer dans la vie de la grâce , h laquelle nous sommes renés, et y faire un progrès inces&ant, afin que la résurrection à la vie de la gloire, an sortir de ce monde et à la consommation des siècles,' SQjit la suite, la récompense, et le complément de notre fidélité. Ainsi le chrétien, mort avec Jésns- Christ et ressuscite avec lui et en lui, participant . à la vie divine puisque, implanté en lui, enté sor lui , il est devenu un membre vivant de son corps mystique, ne doit plus vivre que pour Dieu en Jésus-Christ, ou plutôt, comme dit saint Paul {Galat.^ II, 29), ce n'est plus lui qui vit, mais Jésus qui vit en lui, dans sa personne qui est une avec le Fils, comme le Fils est un avec son Père. C'est le cep qui vit dws les branches, c'est la greffe qui anime' tous les rameaux qui en sortent. (Jean, XXV, 4.)
EVAÎ^GILE SELON SAINT MARC, Vlll, 1-9. .
• En ce temps-là, comme Jésus était suivi d'une grande foule de peuple qui n^avait pas de quoi
4id SIXIÈME DIMANCHE
mmger, il appela ses disciples et leur dit : J'ai pitié de ce peuple, parce que Toilà déjà trois jours qu'ils sont avec moi, et ils n'ont rien à manger, èt si je les renvoie à jeun chez eux, les forces leur manqueront ea chemin; car plu- «ieors sont venus de lôin^ Ses disciples lui répondirent : Gomment pourrait-on trouver dans ^ce désert assez de pain pour les rassasier? Il leur demanda : Combien avez- vous de pains? Sept, lui dirent-ils. Alors il commanda au peuple de s'asseoir k terre. Puis il prit les sept pains, et rendant grâces, il les rompit et les donna à ses disciples pour les distribuer, et ils les distribuèrent au peuple. Ils avaient encore quelques petits poissons qu'il bénit et fit partager. Ils mangùrent tous et furent rassasiés, et on remporta sept corbeilles pleines de morceaux qui étaient restés. Or ceux qui mangèrent étaient environ quatre nulle, et Jésus les renvoya.
Le fait raconté dans cet évangile, outre sa réalité comme fait accompli par Noire-Seigneur, a encore mie signification symbolique, comme tous ses actes^ qui oui une portée universelle, parce
€[i]fîb ABBEsnent de Dîen même. On peut y loir dV
bord rimage de rÉglise, qui produit de si grandes merveilles avec des moyens si faibles en apparenée, en sorte qu'à première vue on pourrait dire comme les apôtres : « Comment trouver de quoi solnrenir aux besoins de tant de monde T Qa'est-ce que cela ponr nne teUe mnltitnde? » Bt cependant l'Égl ise avec la parole divine dont elle a reçu le dépôt et qu'elle a dû annoncer à tontes les nations, avec les grâces spirituelles dont sa prédica* tion a été suivie et soutenue, avec les ressources célestes qu'elle 9^ employées si efficacement et qn paraissaient anx yeux dn monde ce qu'il y a de plus faible ou de plus insensé, est parvenue à gagner, k discipliner, à conduire et à nourrir la foule sans nombre des peuples barbares, des nations idolâtres, représentée ici par cette multitude qui suit depuis trois jours Jésus- Christ dans le désir d'entendre sa parole et d^ètre témoin des miracles opérés par sa puissance. Ces braves gens, touchés an cœnr par la parole divine et remplis de foi en Celui qui Tannonce, oublient le boire et le manger pour le voir et pour l'entendre. Ils ne pensent ni an chemin qu'ils ont fait ni à leur état de faiblesse à cause du manque de nourriture. Ils ne voient que Jésus et ce qu'ils en espèrent. Ainsi ont agi les peuples qui se sont convertis aux christianisme* Us ont préféré leur foi à
uiy,
' 490 SIXIÈME BISCÂNGHB
tontes les choses du monde. Bs ont sacrifié la ne
matérielle et ses besoins, ses plaisirs et ses douceurs au perfectionnement de leur vie spirituellei an bien véritable de lenr âme. Ainsi devons-nons agir encore aujourd'hui pour répondre aux inspilations de notre foi, et faire notre salut an milieu des tentations du monde que nous devons fuir on vaincre, au milieu des liens de la nature dont il faut nous afifranchir.
Cependant le Seigneur, avant de nourrir le peuple, lui commande de s'asseoir à terre, et il fait ranger la multitude en ordre. C'est le gouvernement de rÉglise s'établissant parmi les nations au moyen de la juridiction spirituelle, de la direction morale et de la discipline religieuse. Les groupes formés représentent les divisions diocésaines, et touSj assis à terre ou dans la position de la soumission à l'autorité divine, attendent la nourriture dont ils ont besoin. Alors Notre-Seignenr fait distribuer les pains par ses disciples; mais c'est lui qui les bénit, les rompt et leur en donne, les morcéanx pour les distribuer. Ainsi ^ dans
l'Eglise Jésus-Christ est la source de toutes les grâces; toutes découlent de sou cœur sacré avec le sang régénérateur, qui vivifie les sacrements. Il est lui-même le pain descendu du ciel, au-dessus de toute substance, qui se donne en nourriture pour la vie étemelle, et c'est par la main de ses apôtres
AFBÈa LA PSNraOOTB. «SI
et de ses disciples, pontifes et prêtres, que la dis*
tribution quotidienDe en est faite aux fidèles. Tout dajxs l'Eglise se fait au nom de Jésus-Christ; en son nom la prière monte an del, et les dons do ciel en descendent; car il est le médiateur universel. Personne ne va au Père que par le Fils, comme le Fils seul connaît le Père, lui et ceux anxqaeb il a daigné le révéler. (Luc, X, 98.)
Or, tous furent rassasiés au nombre de quatre mille, et on remplit encore sept corbeilles des morceau qui étaient restés. Ainsi dans TÉglise la source de la vie, qui y a été ouverte par les plaies du Sauveur^ par le sang qoi découle de la croix, est intarissable ; car elle sort du sacré coeur du Fils de Dieu, ou du sein de l'infini. La parole divine est comme la lumière qui se multiplie en se r^[>an* dant, s'augmente en se communiquant. La vertu des sacrements se renouvelle sans cesse sur Tautel, croix non sanglante on se continue le divin sacrifice. La grâce y surabonde avec la vie, et le pain des anges, le vrai pain descendu du ciel, dont la manne de Moïse et la viande du désert donnée aux juifs n'étaient que des images, rompu tons les jours par les ministres de TÉglise à la multitude des croyants , ne s'épuise jamais. U en reste toujours pour ceux qui ont faim et soif de la justice et de la vérité.
4tS VI' DIMANGHfi AfIRÈS hk fOSNT£GOT£.
PRATIQUE-
Alloos entendre la parole de Jésua-Ghrist, au moins tons les dimanches, et pour cela nous n'avons phis besoni d'aller le chercher et de le suivre au dteert
avec tant de fatigues. 11 parle dans son Église, à notre porte, et il nous convie à son banquet sacré, où il donne !e pain céleste, qui a en soi tous les ^oûts délicieux. Aurons-nous moins de zèle, moins d'ardeur que les Israélites, qui oul)tiaient de boire et de manger pour le voir et l'écouter.
PRIÈRE
Dieu dos vertos, iiaiq«6 auteur de tout bien, in* primez dans nos cœurs l'amour de votre nom, et augmentez en nous TespriL de religion, afin d'y faire fructifier le bien que nous avons reçu de vous, et de le conserver par le zèle de notre piété; par notre Seigneur Jésus-Christ, etc.
LE SEPTIÈME DIMANCHE AP&ES U f MIEGOTS.
JSPITBË(attsRoBi», Vi, 19-33).
Je parle humainement à cause de rinûrmité de ¥Otre chair. Gomme vous avez iait servir vos membres à l'impureté et à riiyuâlice pour commettre l'iniquité^ faites-les servir maintenant à la justice pour votre sanctification. Car lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez af* irauchis de la justice. Quel fruit avez-vous done tiré de ces déscMrdres dont vous rougissez aujourd'hui, puisqu'ils ont la nàùri pour iin ? Mais à présent que délivrés du péché vous êtes d€venus les serviteurs de Dieu, le fruit que vous en recueillez est votre sanctification, et la vie éternelle en sera la im. Car la mort est la solde du péché. Mais la grâce de Dieu est la vie élernâUe en Jésus-Christ notre Seigneur.
L'^ôVre ditaiUL.R(unains qu'il leur parle d'une mamère hmaaina, c'est-i^^irs an nom. de la rti-
soû at de leur intérêt bien, ejutendu , parce qu'ils
sont encore charnels, on an moins très^inflnencés
dans leur conduite par les motifs naturels de leur bien-être. La plupart des chrétiens de nos jours en sont aussi à ce point; et TÉglise, se servant des paroles de saint Paiil, les exhorte à quitter le mal et à rechercher le bien au nom de la justice et par prudence. Elle leur montre que leur volonté, pla« cée entre le bien et le mal, entre Dieu et son en«nemi, ne peut qne se donner à Tun ou à l'autre pour leur servir d'instrument, et ainsi se sauver ou se perdre par Talliance qu'elle a choisie et dans le camp où elle est entrée. L'exercice de son libre arbitre est renfermé dans cette altemafiye, et c'est pourquoi il est dit qu'elle ne peut servir deux maîtres à la fois. (Matth., VI, 24.) Elle devient la servante ou l'esclave de ce qu'elle aime, et, par la conséquence même de son acte libre elle suit la destinée de ce qu'elle a préféré. Or, dit l'Âpôtre aux Romains et à tous les chrétiens du même degré^ trop longtemps vous avez fait servir vos membres à l'impureté et à iWquité. U est bien juste, aujourd'hui que vous êtes morts au péché par le baptême et qu'une nouvelle vie vous a été douuée, que vous l'employiez avec les membres de votre corps, vos forces et vos facullés au service de Celui qui vous a rachetés et régénérés. L'équité veut que vous tourniez à son avantage ce qu'il vous a donné, et qu'ainsi vous pajiez, autant qu'il dé-
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APRÈS LA i^ENTECOTE.
pend (le vous et en travaillant k sa ^doire, le prix de son sacrifice et de votre rançon. La recoiinaîs* sance vous en fait un devoir, et jamais vos efforts et votre dévouement pour sa cause n'égaleront ce qu'il a fait pour vous. Mais, en outre, ce que la justice et la gratitude vous imposent est aussi ce qui vous est le plus avantageux, et eu accomplissant un devoir, vous avez encore le Lonheur de faire ce qui vous est le plus utile. Car, quand vous étiez esclave du péché, vous vous dégradiez par les œuvres de la concupiscence cliarnelle, vous ren« dant sœiblables aux animaux; et ainsi vos désordres, qui vous éloignaient de la lin sublime de votre existence, vous conduisaient à la mort éternelle, parce qu'ils ne produisaient que des fruits de mort. Maintenant, au contraire, que vous avez été aâranchis du péché par le baptême, et initiés par la grftce à la vie même de Dieu, si vous conservez ou réparez votre innocence baptismale, en participant aux dons de TEspht-Saint que l'église confère par les sacrements et les réalikint par vos actes et dans voire conduite, vous vous sanctilierez en vous rapprochant de Dieu, qui est la pureté absolue, en devenant chaque jour plus semblable au Père céleste, qui vous invile à devenir parfaits comme lui. (Matih., Y,48.)Lafin de votre existence terrestre, après que vous aurez payé par la mort librement acceptée le dernier solde du péché, sera la posses-
sionda la vie éternelle, dont nom goûtons icirhas les
prémices par la grâce du Libérateur, et dont nous recevj^ons alors la plénitude comme récompense non de nos propres mérites, qui ne pourraient jamais y atteindre, mais de notre bonne volonté, qui aura profité de son mieux des dons de Dieu.
ÉYAiSGIJLE SELON SAINT MATTHIEU, VII, 15-21.
Jésus dit à ses diseiples : Gardez-vous desfaux prophètes, qui viennent à vous couverts de peaux de brebis, mais qui au dedans sont des loups dévorants. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. GueiIIe-t*on du raisin stir des épines- et des ligues sur des ronces? Ainsi tout arbre qui est bon produit de bons fruits, et tout arbre mauvais produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, et un mauvais arbre a*en peut produire de bons. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. C'est donc à leqrs frnitsi que vous les reconnaîtrez. Tous ceux qui me. disent Seigneur, Seigneur, n'entrerontpas dans le royaume des cieux; mais celui-là y entrera qui fait la volonté de mon P^re qui est ah ciel*
APBÈb LA P£NT£GÛT£. 427
« Gomme la religion consiste principalemôiit en deux chosesi dit le cardinal de la Luxeme ex* pliqnant cet évangile, dans ses dogmes et dans sa morale, dans ce qu'elle enseigne k croire et dans ce qu'elle ordonne de pratiquer, il y a deux sortes de &UX prophètes, les prédicateurs du mensonge et les prédicateurs du vice. Les uns tendent à pervertir l'esprit, les autres à corrompre le cœur. Les docteurs de Terreur sont les hérétiques, qui altèrent la doctrine de l'Église, et les schismatiques, qui attaquent TËglise elle s'efforçant de
la diviser. Toute foi opposée à celle de l'Église catholique, apostolique et romaine, est hérésie; toute communion qui en diffère est schisme. U existe donc un moyen certain de discerner le propliète; considérez s'il est uni de foi et de communion avec rÉglise principale, mère et maîtresse de toutes les autres. C'est un fait que chacun peut aisément juger. »
c La seconde espèce de faux docteurs^ qu'il est aussi nécessaire et plus difficile de discerner et de fuir, ce sont ceux qui émettent des opinions contraires non à la foi, mais à la piété. Il n'est pas question ici de l'impie déclaré qui ne fait illusion à personne^ mais de cet honnête homme selon le Ajëmde, qui, jouissant d'une réputation méritée à certains égards, remplissant avec exactitude tous les devoirs de la probité civile, prétend y réduire
ceux de la religion, et resserre la morale chrétienne dans la justice et la bienfaisance. II s'agit de ceux qui des commandements divins adoptent ce qui ne contrarie pas leurs inclinations^ et les concilient avec les plaisirs du monde ; qui regardent comme des excès les sublimes vertus que le christianisme prescrit, et comme des minuties les pratiques pieuses qu'il conseille. Ces hommes sont d'autant plus dangereux que leur morale est attrayante et leurs exemples séduisants» et que tout ce qu'on aperçoit d'eux ne présente que de Thon* nêteté et une régularité extérieure. Mais en recherchant attentivement quels sont leurs fruits, on verra que leur vie est vide de bonnes œuvres véritables et méritoires devant Dieu, et que, s*abstenant des actions criminelles qui troublent Ja société, ils s*en permettent un grand nombre que la religion défend. »
c Tout arbre qui ne produit point de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Celte terrible sentence ne tombe pas seulement sur Tarbre qui donne de mauvais fruits, ni sur celui qui n'en produit aucun, mais sur celui qui n'en produit pas de bons. Pour s'y soustraire, il est donc nécessaire de porter des fruits et d'en porter de bons, de faire le bien et de le bien faire. C'est une pré^ somption bien mal fondée et beaucoup trop commune de faire consister toute la justice dans To-
APRÈS LA PENTECOTE
mission des actions interdites. Il ne ne suffit pas de dire : je ne fais pas de mal. On sera condamné non pas seulement pour le mal qu'on anra fait, mais aussi pour le bien qu'on aura omis de faire. Se préserver du péché n*est point toute la loi ^ ce n'en est que le commencement. »
Or les bons fruits que Dieu demande aux arbres qu'il a plantés, grefl'és et soignés dans et par son Eglise, les fruits salutaires que doit produire un vrai chrétien ne consistent point dans les paroles, quelque pieuses, douces ou brillantes qu'elles soient, mais dans les œuvres de la justice et de la charité, qui accomplissent la volonté de Dieu sur la terre et concourent à y établir son règne. Le ciel se gngne donc non par la prière seulement et par les pratiques de la dévotion , mais surtout par lobservance exacte, courageuse, persévérante de tous les devoirs envers Dieu et ses semblables, dans Tordre social comme dans la religion.* trouve dans sa position , au milieu de sa famille et de la société, des obligations spéciales ou des devoirs d'état que la volonté divine lui impose aussi bien que les devoirs religieux^ et on ne peut entrer dans le royaume du ciel, ni par cou* .séquent s*élever à la perfection de la charité et par elle h lunion intime avec Dieu, sans avoir payé préalablement toutes les dettes de l'équité naturelle et de la justice humaine. C*est pourquoi
Digitizeû
430 VIP DIMANGHB APRÈS LA PENTECOTE.
Nôtre-Seigneur dit da servitem* mis en prison pour
dettes, qu'il n'en sortira point sans s étre acquitté jusqu'à la dernière obole. £t ceux qui diront au dernier jour : Seigneur, nous avons invoqué votre nom; en votre nom, nous avons proplit'tisé et chassé les démons ^ s'ils n'ont fait que cela pour Jéeua-Ghrist et avec lui , recevront cette terrible réponse : Je ne vous connais pas, je ne vous reconnais pas; car mes vrais disciples, comme les bons arlûoeSy se reeonnaiasenl à leuis fruits*
Prenons-garde de ne point agir, d^un côté comme les honnêtes gens selon le monde, qui font tout pour
les hommes et rien pour Dieu, et de l'autre comme certaines personnes adonnées à la dévotion, et qui croient tout faire pour Dieu, parce qu elles récitent beaucoup de prières, touten n'exersant pasla charité •àTégard du proQhaiu»
Dieu tout-puissant, dont la ProYidence n'est jamais trompée dans ses desseins, nous vous supi^ons d'écarter de nous tout ce qui est nuisible, et de tourner à notre saint tout ce qui nous arrive. Par notre Seigneur
Jc^uid CiirisL, etc.
LE HUiniME DIMANCHE mi& U PENTECOTE.
ÊPITRE (aux Rom., VIU, 12-17).
Mes frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre stlon la chair. Si vous vivez selon la cbakv voug laourrez ; mais si vous mortifiez par lesprit les œuvres de la diair, vous vivrez. Car tous ceux qui sont poussés par Tesprit de Dieu sont enfants de Dieu. Aussi vous n'avez pas reçu Te^rU de servitude pour vous conduire encore par la crainte, mais vous avez reçu Tesprit d'adoption des enfonts; par lequel nous crions Abba^ mon Père. Et c'est cet esprit qui rend lui-même témo'gnage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Que si nous sommes enfants nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu^ et cohéritiers de Jésus-Christ.
Ces paroles nous rappellent qn'il y a dans l'homme deux vies, opposées Tune à l'autre depuis que le péché u mis le désordre danssontods-
43S HUmÈHE DIMAKGHB
tence en donnant la prëpondéranee an corps qui
doit obéir, et en abaissant l'esprit sous le joug de la concupiscence chamelle. C'est la vie aniniale opposée k la vie spirituelle, laquelle est naturéUe par Texercice légitime des facultés intellectuelles et morales, et surnalurclle par Tinfusion de TEsprit divin qui Tunit à Dieu en l'élevant au-dessus d'elle-même. Or, dit l'Apôtre, la chair n'a point le droit de nous commander; nous ne sommes point ses sujets, et ainsi nous ne lui devons pas l'obéissance. Donc, nous ne devons pas vivre selon ses lois ou par ses entraînements ; et si nous le fidsonSy nous dégradons notre existmice, nous fanssons la nature humaine en la détournant de sa fm, et nous allons à la mort, c est-à-dire à la séparation d'avec Dieu, puisque nous opérons des œuvres
de mort ou qui nous éloignent de la source de la vie. G*6st pourquoi pour vivre de la véritable vie il faut commencer par faire mourir en nous les convoitises de la chair, ce qui se fait par la laortiiication corporelle ; et alors l'Esprit de Dieu, qui nous a été transmis dans la régénération baptismale, et qui a fait de nous une nouvelle créature par la participation à la vie divine et par conséquent nous a rendus enfants de Dieu, TEsprit-Saint, qui anime de sa vertu notre cœur et notre intelligence, porte notre volonté à chercher spontanément, sans effort, avec joie, avec amour, ce qui
APRÈS LA PINTEGOnS. * 438
plait à Dieu, ce que veut notre Père céleste ; et
noire ame s'adresse à lui avec une confiance enfantine en criant : Abba PaUr. Au contraire , là où r£sprit divin ne domine pas, sa loi étant posée avec ses commandements sévères et ses terribles exigences y la volonté humaine entraînée jmr la amcupiscence de la chair» n*ose pas se satisfaire par la crainte du chftliment, sanction de la loi ; et quand elle parvient à maintenir dans Tordrei eUe ohéit en esclave sous la menace de la peine ; tonte prête à se révolter, si elle croit pouvoir réviter ou y échapper. C'est le juif ou l'homme de la loi ancienne» qni est une loi de servitude. Mais le chrétien , devenu enfant de Dieu par la communication de la vie divine, jouit de la liberté des enfants du ciel sous la conduite du Saint-Esprit, qui rend témoignage à son esprit de sa divine adoption, laquelle, en le faisant frère de Jésus- Christ, l'institue aussi cohéritier de son royaume et de sa gloire. Héritage étemel que le Père lui^t promis par le Fils, dont la mort le mettra en possession, à la condition absolue qu'il souffrira avec Jésus-Christ pour être glorifié avec lui, ou autrement qu'il détruira en lui par la mortification, la fausse existence que le péché y a formée, * ou le corps de mort, comme Tappelle énergiquement saint Paul (flom., VII, 24), pour y cultiver et développer le germe de la vie nouvelle, implanté
danfi fion àim par le baptême, et qui doit s'épanouir en fleurs et en fruits du ciel dans la lumière de Dieu.