II. POINT
Cela posé y que nous ne pouvons éi^iier les croix ,
Considérez la bonté de Notre-Seigneur qui se met dans le Saint Sacrement pour nous servir d'ami, et pour nous consoler dans un si grand nombre <le traverses et de déplaisirs qui nous arrivent tous les jours , et où nous avons grand besoin de consolation et de soulagement. Car c'est là proprement qu'il fait TofTice d'ami. Si nous allons nous plaindre à quelqu'un, les créatui-es au lieu de nous consoler, ne feront qu'aigrir nos plaies; mais Jésus-Christ est un ami incomparable, qui ne nous trompera et ne nous abandonnera jamais.
Faites donc un désaveu de tous les autres
amis pour le conserver seul : et quand îl vous arrivera quelque affliction, de quelque part qu^elIe vienne, ne vous plaignez pas aux créatures ; mais taisez-vous et venez le trouver, ouvrez-lui votre cœur, et assurément il vous consolera , ou il vous donnera ce qui vaut encore mieux, la force de l'amour pour endurer : avec cette force vous n'aurez plus de peine à souffrir, quoi que ce soit qui vous arrive en ce monde. Car, comme dit Saint Augustin, In eo quod amatuv aut non Lahoratur^ aut et la->hor arnatur, de Lono Viduit. c. 21. Représentez-lui donc fortement et avec confiance tous vos besoins ; prosternez-vous devant cet auguste Sacrement qui est plein de douceur et de suavité 5 et si vous en approchez avec le respect qui lui est du, vous ne manquerez point d"eii remporter quelque grâce considérable.