I. POINT
v^onsidÉrez les grâces et les faveurs que Dieu a faites à Sainte Anne. C'est assez de dire que c'est la Mère de la Sainte Vierge , et l'ayeule du Fils de Dieu, pour croire qu^elle a plus de grâces «[ue nous ne pouvons nous imaginer Car s'il est vrai que les eaux sont d'autant plus claires, qu'elles sont voisines de leur source, et les choses d'autant plus parfaites, qu'elles approchent de leur principe : Jésus-Christ étant la source de toute grâce au ciel et sur la terre, et le principe de tout Lien , quelle grâce et quelle
sainteté ne pouvons-nous pas concevoir en Sainte Anne qui lui a appartenu de si près ? Réjouissez-vous avec elle des grâces c£U elle a reçues : témoignez-en dé la reconnoissance à Dieu avec toute l'Eglise , dans l'Oraison du jour : Deus , qui heatœ Aiuiœ tautam gratioin conferre dignatus es ^ ut Genitricis Filii tui mater ejjfîci inereretur, O grande Sainte , si la maison de Zacharie a été remplie de Lénédictions, aussitôt que la Vierge y entra ; comLien plus avez-vous été comblée de grâces, vous en qui a été faite et où a demeuré cette Aiclic de notre sanctiQcalion, et ce saiictnaiie du Saint Esprit. O beatiim par JoacJiini et Anna ! i>erè exventris vcstri friictii immarulati agnoscimini. S. Jean. Damas, de B. M. Naliv. orat. 1, Louez Dieu de toutes ces faveurs. Et pour second point,
Repleta est Spiritu sancto Elisabeth. Luc. i. 4i^ II. POIx\T.
Considérez ce que vous devez à S<iinle Anne en vue de tous ses mentes. Le premier devoir, c'est de l'honorer aujourd'liui comme un vaisseau d'élection que Dieu a choisi pour être la mi'-re de Marie, la plus sainte, la plus parfaite, la plus digne et la plus aimée de toutes les créatures.
Le deuxième , c'est d'imiter sa longanimité
CH R E TI E N N E y^ zSj
à soufTrîr clans son mariage si long-temps^ ropproLre de la sterili'é; d'apprendre de-là à nous confier toujours en Dieu quand nous sommes affligés , à produire des actes de Foi , d^espérance , et de résignation en ces rencontres, et à persévérer toujours dans la prière, comme faîsoit Sainte Anne. G'étoit Dieu qui rendoit cette Sainte stérile, afin que devenant mère d'une fille en un âge ou la nature ne pouvoit plus produire, le fruit qu'elle mettoit au monde, fut estimé un fruit de grâce 5 et pour nous apprendre par cet exemple à ne nous décourager jamais, quelque chose qui nous arrive ; puisque Dieu ne diffère souvent à nous assister, que pour i^ndre sa providence plus admirable , et nous récompenser avec avantage.
Concluez cette Méditation par Taveu de cette vérité , et par une prière à cette grande Sainte en la qualité quelle a de Mère de la Sainte Vierge , qu^elle veuille bien nous offrir à elle et à son Fils pour être leurs serviteurs, et nous accepter et introduire en leursainte famille.
Non differt Domiaus pyomissionem suam. s^ Fetr^ 3.9>