I. POINT
T OYANT les indécences et les désordres qui se commettent aujourd'hui, pleurez d'abord l'aveuglement des hommes à se laisser surprendre parles fausses etdamnables maximes
du Démon. Car on ne peut attribuer qu^au Démon d'avoir su changer la sainte etlouaLle coutume que l'Eglise avoit introduite parmi les Chrétiens de faire aujourd'hui des banquets de charité aux veilles des Martyrs , en des récréations indécentes, telles que nous voyons aujourd'hui parmi le peuple ; et d'avoir si bien établi cette malheureuse coutume, qu'il semble comme impossible de pouvoir la détruire. La Fête de Saint Martin avoit été autrefois de ce nombre, et d'autant pltis célèbre en cela que les autres, qu'il y avoit un motif pour ces réjouissances , à cause de quelque miracle arrivé à son sépulcre par un changement d'eau en vin : mais ce qui se faisoit pour-lors par principe de piété et de religion, a dégénéré maintenant en profanation, et les choses en sont venues au point, que ce qui se faisoit au commencement pour abofîr peu-à-peu la superstition des Geulils, ( qui aux Fêtes de leurs Dieux faisoient des excès inouis ) semble ne se continuer à présent, que pour en renouveler les pratiques impies. Et c'est pour cette raison , que le Concile d'Auxerre ordonne expressément de n-e plus faire de Vigiles, c'est-à-dire, de ne plus solenniser, comme on faisoit, la veille de S. Martin.
Faites ici deux réflexions importantes : La première, sur la ruse du Démon, qui se
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rend par-tout, qui sait trouver le moyen d'avoir sa paît dans les choses mêmes les plus saintes de notre Religion. C'est ici que l'on pourroit dire ce que S. Léon dit à propos de la Fête des Princes des Apôtres, à la confusion des Chrétiens : Padet dicere ^ sed necesse est non tacere ; plus inipenditiir dœmoniis^ cjuàm Jpostolis, (Serm. 81. in Oct. Apostol. Pétri et Pauli.) La seconde, sur la réforme d'une mauvaise coutume depuis long-temps envieillie , afin de vous opposer fortement, quand vous verrez les moindres apparences d'en introduire quelque nouvelle. Mais parce qu'il ne suffit pas aux Ecclésiastiques de ne pas en souffrir de nouvelles, mais qu'ils sont encore ohligés de faire leurs efforts pour étouffer les anciennes ;
Cœna noslra rie nomine rationera sut ostendit : rocatur enim Aj^ape , id quod dilectio pênes Gr.iecos est: quantiscumque suniptibus constet , lucrum est pietatis uomine facere sumptum ; si quidem inopes refrigerio justo juvomus,... JNihil immodestiae admittit : non priùs decumbitur, quam oratio ad Deiim praegustetur : editur quantum esurientes capiunt ; bibitur quantum pudicis est utile : ita satiautur, ut qui meminerint etiam pev noctem adorandum Dcum sibi esse } ita fabulantur , ut qui sciant Dominum audire. AT.que oratio convivium dirimit. Tertul. in Apoc. r. 39.
Omninô et inter supradiclas conditioncs , peryigilias quas in bonore Domini Martini observant prohi- Lcre. conc, Autissiud. an, 570. can, 5.
Cùm venissent filii Dei ut assistèrent coram Domino, affuit inter eos etiam Satan. Joh, i. 6.
Vulneri vctusto et neglecto callus obducitur : et cà insanabile , quô insensibile fit , etc. Quid non invertat consuetudo? quid non assiduitate duretur ! quid non usai cedat ! s, Bern, d'S consid, l. i. c. a.