‹ Méditations sur les principales vérités chrétiennes et ecclésiastiquesChapitre 180 sur 282 · I. POINT · texte numérisé non relu

I. POINT

VjonsidÉrez pourquoi dans PEvangile les hommes Apostoliques sont comparés à la lumière. G est parce que, comme la lumière a deux principales qualités, qui sont d'éclairer et d'échauffer ; ainsi faut-il que les Ecclésiastiques , à l'exemple de Notre-Seigneur , qui est la véritable lumière, et qui la communique aux autres, puissent éclairer les

peuples par leur doctrine, et les porter au

Lien par leur vie exemplaire»

Ego sum lux mundi. Joan. 8. 12.

Vos estis lux mundi. Non potest civitas abscondi supra montem posita. Mattli. 5. \/\,

IL POINT

Considérez que Saint Martin a accompli parfaitement cet office en tous les temps de sa vie. Vous n^avez qu'à vous rappeler quelle vie il a menée étant encore Catéchumène, comment il s'est comporté étant Evêque, et ce qu^il fait même dans le ciel après sa mort. Les grâces dont Notre-Seigneur Pa avantagé en tous ces états, font voir clairement que ce grand Saint étoit une lampe qu^il avoit pris plaisir d'allumer pour le bien de son Eglise, et de qui on peut dire comme Notre-Seigneur a dit de Saint Jean : Ille erat lucerna aidens et lucens, Joan. 5. 35. Il n'est pas encore Laplisé, qu'il fait des actions dignes d'être reconnues du ciel. Etant fait Evêque malgré lui, sa vie fut une pratique continuelle de charité , de pauvreté , d'humilité , de mortifications et de souffrances , même de la part de ses plus familiers. Son oraison étoit si assidue, qu'on remarqua qu'il ne pouvoit s'en détourner. Son zèle étoit si puissant, qu'a-

près avoir détruit l'idolâtrie dans toute sa Province, il va dans celles qui sont plus éloignées, pour les convertir à la Foi. Ses mérites, en un mot, sont si grands, que le ciel , la terre et les enfers en rendent témoignage. Ses miracles sont en si grand nombre , que s'ils étoient tous écrits, dit Saint Grégoire de Tours , non solhm lihros , sed nec ipsurn munduni cap ère posse exisiimo,

G la belle lumière que la vie de Saint Martin, qui nous fait si bien voir nos fautes !

Mais le plus agréable et le plus instructif en Saint Martin , c'est de le voir aux prises avec la mort. Il est couché à plate terre , quelle pauvreté ! il est couvert de cendres et de cilice ; car il n'estimoit point qu'un Chrétien dut mourir autrement. Ego^ dit-il, si aliud vohis exemplum relinquo , ipse peccai'i» Quelle pénitence ! mais ce qui est aussi effrayant, c'est de voir qu'après tout cela le démon ne laisse pas d'assister à sa mort, pour chercher en sa vie de quoi Taccuser devant Dieu.

Que dis-tu à cela ? ô mon ame ! pourrastu répondre à cette heure-là comme ce grand Saint : Quid hîc astas , cruenta hestia î nihil in me, funeste , reperies» Sulp. ep. 3» Mets-toi au même état , mon ame , que si tu devois présentement mourir : quelles sont

tes craintes et tes espérances? le souvenir de tes péchés d'un côté, Thorreur de l'Enfer de Tautre. O quel exemple et quel miroir que la mort de S. Martin ! ô que cette mort nous découvre d^orgueil et de présomption cacliée dans notre cœur ! Voulez-vous imiter S. Martin à la Mort? soyez-lui semblable en la vie. Et pour cela,

Martinus Catechuiiienus hac me veste contexit. Sei>, Sul/J- în 'ijus Vita.

Martinus , etiain dum aliiid agere videretur , semper orabat. Idem ihid.

O beatam Poutifîcem qui tofis visceribus diligebat Christum Regem , et non forniidabat imperii principatum ! Tn off. Eccl.

^^on decet , filii , Cbristianum , nisi in cinerc morî. Ego si aliud vobis exemplum relinquo, ipse peccavi. Sulp, Sev, ep. 5.

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