II. POINT
Considérez que l'esprit Clérical ou Ecclé« siastique n'est autre chose qu'une grâce abondante, ou une certaine vertu de Pesprit de Dieu, reçue avec plénitude dans l'ordination, au moyen de laquelle nous faisons avec aj^ fection, facilité et adresse, les fonctions de l^état Ecclésiastique. Vertu si nécessaire , que sans elle nous ne sommes que des ombres et des fantômes d'Ecclésiastiques , et ne méritons pas seulement d'en porter le nom. C'est ainsi qu autrefois Dieu commandant à Moïse de choisir soixante et dix des plus sages d'entre les Israélites pour juger le peuple avec lui , dit : yiuferam de syirita tuo ^ qu'il avoit reçu avec plénitude , tradamque sis ^ ut sustentent tecum onus popiiU. Num. ii*
17. Et loi ayant encore ordonné ailleurs de Latir le tabernacle, il donna à un nommé Bescleel une adresse toute particulière pour en faire tous les ustensiles. Et c'est en vue de cette nécessité que l'Eglise demande cet esprit, dans la première Oraison pour les Tonsurés : Ut donet illis Spiritum Sanctum,
Ecce vocavi ex Bominc Beseleel. . . et implevi eum. spivitu Dei , sapicntiâ et intcUigentiâ , et scientiâ ia Qiuni opère. Exud. 3i. 2. et 3.
Iir. POINT.
Considérez quelles sont les marques de cet esprit. La première , c^est d'avoir un: grand sentiment de Pétat Ecclésiastique, même de ses moindres degrés, faisant plus de cas de la Tonsure, que des plus hautes dignités du monde. La seconde , de porter volontiers les marques de sa condition , par exemple, la soutane, les cheveux courts, etc. La troisième, d'en faire volontiers les fom:lions, jusqu'aux moindres, comme de porter un chandelier, de servir à une Messe, s'en estimant toujours indigne. La quatrième , c'est d'avoir un grand zèle de la Discipline Ecclésiastique, et de son rétablissement, y contribuant de notre coté en tout ce qui sera en notre pouvoir, par le bon exemple, les exhortations, et d'autres semblables moyens.
Examtnez-^'ous maintenant sur ces marques, et si vous les reconnoissez en vous, remerciez-en Dieu : car c^est un témoignage que vous êtes bien appelé. Mais si vous ne les avez pas, il y a Lien à craindre pour vous : car, comme celui qui n'a point l'esprit de Jésus-Clirist, n'est pas véritablement Cbrétien ; Je même si vous n'avez l'esprit Ecclésiastique, qui consiste en ces marques, c'est en vain que vous portez le nom d'Eccîcsiastique. Et ces paroles de Notre-Seigncur, dont il menaçoit autrefois les Pbarisîens, s'eflectueront en vous. O mais plant atio^ quain non ylantas^erit Pater meus cœlestis , eradicahitur. Mat th. l5. i3.
Si quis spirilura CUiisti non hahet , blc non est ejusi. Jiom. S. 9.
«HRÉTIENNES. /{jS
BES EMPÈCUr.MEîVTS A l'ESPRIT ECCLESIASTIQUE^ ET LES MOYENS hE L'aCQUÉRIR.