II. POINT
Considérez le bon usage qu'il en a fait. Il ne faut que lire sa Vie , pour voir l^emploi qu'il a fait de ce bon naturel, et de l'inclinatiou qu'il avoit au bien : car il fuyoit le
monde, il s^étoit retiré dans la solitude, et il Tie s'engagea qu'à regret dans la conversation des hommes. Mais ayant reçu la Prêtriso par un ordre exprès du ciel , chacun sait comment il passa depuis sa vie en de saintes actions, dans des jeunes plus austères, des aumônes plus grandes, des ])rières plus ferventes. Pour faire un bon usage de sa docilité : il s'accoutume si Lien à se laisser conduire , qu'étant même Evèque et très-capahle , il ne faisoit rien d important que parPavis de deux autres Evèques qu'il avoit choisis à cet efï'et , auxquels il rendoit autant de déférence, que s'il eut été leur écolier. Et pour faire valoir son esprit, il s'adonne fort sérieusement à l'étude des sain'es Ecritures , qu'il se faisoit lire à tahle : il prêche, il exhorte, il console? il corrige, il s'oppose aux hérétiques, il renverse l'idolâtrie ; il parle aux Empereurs , aux Gouverneurs, avec une fermeté inéhranlahle. Voilà comment S. Nicolas a fait profiter ses talents.
Eccc .ilia quinquc superlucratus sum. Matth. 25. O.Oi Ecce elongavi fugiensj et mansi in solitudine. yyja/.
Ab infantia mea crevit mecummiseratlo. TuZ». 3i. 18.^ Audiens sapiens, sapicntior erit. prov. 1. 5. Contuli cum il lis Evangelium , quod praedico in
gentibus; seorsum autem iis , qui videbantur aliquid
esse : ne forte iu vacuum cuncrem , aut cucurrissera.
jC«/. 2. 2,
l6 MÉDITATIONS
Ipse est directus divinitus in pœnitentiam gentis ^ et tulit abominationes impietutis. Eccli. 49. 3.
Ego dedi te hodie in civitatem munitam , et in coltimnani ferream , et in murum aereuni , super omneiu terlam , regibus Juda , principiLus ejus, et Sacerdotibu» «t populo terrae. Jer. 1. iS.
JII. POINT.
Considérez maintenant quels sont vos lalents, pour voir le proiit que vous en faiUs* Ces talents ne sont pas égaux dans tous les hommes : les uns en ont plus , les autres en ont moins, selon qu'il plaît à Dieu d'eu ordonner : aussi ne nous demandera-t-il de compte fju'à proportion de ce qu'il nous aura confié. Unicuique secujiclwn propriam anituteir*^ ?»lattb. 23. i5. Voyez donc ce que vous avez reçu : les grâces naturelles et surnatui elles , la puissance que vous avez par l'ordination d'administrer les Sacrements , de réconcilier les hommes à Dieu , de prêcher sa parole , sont autant de talents : quel usage en faites^ vous ? On ne vous demande pas que vous fassiez ce qu'a fait un Saint Nicolas, ni que vous fassiez autant que celui qui aura plus de talents que vous ; mais que vous tachiez^ de faire aussi fidèlement ce que vous avez à faire en votre condition, que les Saints ont fait dans la leur.
adressez-vous a Saint Nicolas pour connaître ce que Dieu demande de vous, et
c H R E T I E N i^ es: rj-.
pour oLlCîîir la grâce de faire profiter vos lalents à proportion, comme il a fait profiter les siens, afin que vous puissiez entendre un jour ces belles paroles qui lui ont été dites, au jour de son trépas :
Euge ^ serve hone et fidelis ; quia super pauca fuisli fidelis ^ super mu II a te constituam : inira in gaudium Domini tui. Mattli.. 25. 21.
Videte Tocatioiiein vostratn. i cor, u 26.
ÎJnusquivsque proprium donuni habet ex Deo ; alîiis;^ quidcm sic, alius vero sic. 1. cor. 7. 7.
Numqiiid omnes Prophetae l JNumquid omnes Doctores, etc. 1. cvr. 12. 20.
Obsecro vos, ego vinctus in Domino , ut digne ani.~bulctis vocatione , quà vocati cstis. Ephes,. /\.. 1.,
MEI^ITATIONS