AMOUR DU PROCHAIN
Il est étonnant que le précepte de l'amour du prochain soit si peu connu et encore moins pratiqué.
Les meilleurs compagnons de voyage sont ceux qui, loin de nuire aux autres et de les embarrasser, ne cherchent qu'à les soulager et à les aider. Tels sont les vrais chrétiens dans le voyage de la vie.
Peut-on dire qu'on aime le prochain, quand on n'est touché ni de ses maux corporels, ni de ses maux spirituels?
La plupart des hommes ne sont unis qu'extérieurement, par la nécessité, ou par les circonstances, ou par l'intérêt humain.
La satisfaction que l'on trouve à voir Dieu servi et la peine que l'on ressent en le voyant offensé sont des preuves que l'on aime Dieu et le prochain. C'est sur quoi il faut examiner le pénitent avant de le juger.
On n'a pas l'amour de la justice, lorsqu'on voit ou qu'on entend avec indifférence les fautes d'autrui.
L'indignation ou le mépris que l'on ressent à la vue des désordres du prochain n'est pas toujours une marque de justice et de charité, à moins qu'on n'y joigne une compassion sincère.