‹ Méditations sur les vérités de la foi et de la morale (volume 2)Chapitre 133 sur 168 · CONVERSATION · texte numérisé non relu

CONVERSATION

Combien la piété d'un homme qui ne cherche pas les saintes conversations est faible! combien elle est fausse quand il les évite!

Les pieux exercices qui ont pour principe la vanité ou la curiosité sont comme les aliments solides que l'on

mange sans appétit et par gourmandise ; ils nuisent plus qu'ils ne servent.

Il n'y a point sur la terre de satisfaction qui soit comparable à celle de deux vrais chrétiens qui s'entretiennent des choses de Dieu avec charité et simplicité.

Le goût ou la répugnance pour les discours ou les lectures de piété sont des symptômes auxquels le prêtre peut connaître l'état d'une âme : Ex abundantia cordis os loquilur.

C'est un signe qu'on n'a pas le cœur simple et droit, quand les bonnes conversations ne produisent aucun fruit, quelque plaisir qu'on y ait trouvé.

Quoique la respiration entretienne la vie du corps, il a cependant besoin de recourir fréquemment aux aliments; de même, quoique le souvenir habituel de Dieu soutienne la vie de l'âme, il faut qu'elle se nourrisse souvent de la vérité, soit dans les saintes conversations, soit au moins par de pieuses lectures : Non in solo pane vivit komo, sed in omni verbo quod procedit de ore Dei.

L'écriture n'est que l'image de la parole, et la parole est l'image de la vérité : quelle différence !

S'il faut que chacun cherche dans les Ecritures ce qui lui convient, c'est un travail. Tout ce que la conversation nous présente nous est propre et personnel ; c'est un grand avantage.

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