PRIÈRES POUR SE PRÉPARER A LA RÉCONCILIATION
Foi. Mon Dieu, je vois que vous nous avez créés pour vous connaître, vous aimer et vous servir pendant que nous sommes sur la terre, et pour jouir éternellement de vous dans le ciel. Mais comme le péché est une révolte contre vous, qu'il rend impurs et horribles à vos yeux ceux qui le commettent, je sais que j'ai mérité d'être à jamais séparé de vous, qui êtes la sainteté et la justice par essence ; je crois cependant que vous pouvez m'empêcher de tomber dans l'abîme que je me suis creusé par mes désordres. Vous êtes tout puissant, et un de vos saints me console en me disant que vous pouvez rendre pur l'homme conçu dans l'iniquité ; je crois donc, mon Dieu, que vous pouvez me guérir et me pardonner en un moment tous les péchés de ma vie. Je ne suis pas moins certain que vous voulez me faire cette grâce ; les assurances que vous me donnez souvent dans vos Ecritures que vous ne voulez pas la mort du pécheur, les tendres invitations que vous me faites pour revenir à vous, me sont un sûr garant que, quand mes offenses seraient rouges comme l'écarlate et le vermillon, vous les effacerez de mon âme, et vous la rendrez blanche comme la neige. C'est pour me prouver cet avantage que vous avez établi dans votre Eglise le sacrement de Pénitence. Je crois donc, sans la moindre hésitation, que vous remettez les péchés à ceux qui les confessent avec un sincère regret de les avoir commis, avec un ferme propos de n'y plus retomber et un vrai désir d'en faire pénitence selon leurs
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l'jrces. Je crois que c'est par pure miséricorde que vous leur faites cette grâce et que vous leur appliquez les mérites de la passion de Jésus-Christ.
Espérance. J'espère, ô mon Dieu, que vous me ferez miséricorde ; le désir que j'ai de réparer ma vie passée et de ne plus vivre que pour vous me fait croire que vous avez jeté sur moi un regard de compassion et de miséricorde , et que vous m'agrégerez au petit nombre de vos élus. Je sens déjà mon esprit humilié et mon cœur touché ; je ne crains point de confesser mes péchés ; je le fais au contraire avec empressement, parce que j'espère en avoir le pardon. 11 me semble que vous allez mettre en moi toutes les dispositions qui doivent me préparer efficacement à recevoir le fruit de la mort de Jésus-Christ. J'éprouve une espèce d'assurance que votre absolution précédera ou du moins accompagnera celle de votre ministre. Le démon, jaloux de mon bonheur, a beau vouloir me tromper et me décourager, en me faisant croire que mes péchés surpassent votre miséricorde, ou en tâchant de me persuader que mes imperfections et mes faiblesses vous porteront à me rejeter : ces pensées m'agitent bien pendant quelques instants, elles me causent de la crainte ; mais l'espérance prend aisément le dessus dans mon cœur. Vous êtes mon Dieu et mon Père ; je me promets tout de votre puissance et de votre tendresse; j'espère fermement que vous me pardonnerez tous les péchés de ma vie et que vous me ferez tirer avantage des imperfections, des faiblesses et des misères qui me resteront. Que je serai heureux quand vous aurez dit à mon âme que vous êtes son salut, et quand je pourrai me promettre une place dans votre paradis! J'attends ce moment avec impatience.
Charité. En vain je me promettrais de rester en grâce avec vous, si je ne vous aimais, ô mon Dieu, puisque votre apôtre prononce un anathème épouvantable contre quiconque n'aime pas Jésus-Christ votre Fils ; mais je
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désire ardemment de vous aimer et de n'aimer que vous. II me semble même que je commence à vous aimer, puisque je suis résolu à vous obéir en tout et à perdre tout ce que j'ai de plus précieux plutôt que de vous déplaire par une désobéissance volontaire. Je sens combien j'ai eu tort d'attacher mon cœur aux différents objets auxquels il a été livré. Tout passe dans le monde, plaisirs, honneurs, gloire ; vous seul demeurez pendant l'éternité ; vous êtes donc seul aimable. Il n'y a aucune créature qui soit parfaitement bonne et exempte de tout défaut ; c'est pour cela que, malgré la multitude d'objets que j'ai placés dans mon cœur, il m'a toujours paru vide; vous seul pouvez le remplir et le contenter, parce que vous êtes tout ce qu'il peut désirer. Quand vous n'auriez attaché aucune récompense à l'amour qu'on a pour vous, je voudrais pourtant vous aimer à jamais, puisque vous êtes souverainement bon, souverainement beau, souverainement aimable. Je regarde la capacité de vous aimer comme le plus grand don que j'aie reçu de votre libéralité. Mais, mon Dieu, outre vos suprêmes perfections, qui sont le motif le plus excellent de l'amour que l'on vous porte, mon cœur pourrait-il être insensible à la charité incompréhensible que vous avez pour moi? Quand je pense que de toute éternité vous vous êtes occupé du dessein de me créer un jour; quand je pense que vous avez livré à la mort votre Fils, égal à vous-même, pour me racheter de supplices infinis que j'avais déjà mérités en Adam et que je méritais par la corruption de mon cœur; quand je pense que vous m'avez choisi et élu préférablement à tant d'autres pour me donner votre royaume et vous-même pour jamais ; quand je repasse dans mon esprit tous les bienfaits particuliers dont vous me comblez à chaque instant de ma vie, mon cœur se fond d'amour, et je dis que je mourrai plutôt mille fois que de tomber dans l'ingratitude par une faute volontaire. Ce qui me touche surtout aujourd'hui, ô mon Sei-